Campagne d’Autriche, 1809. Cinquième coalition

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Campagne d’Autriche, 1809. Cinquième coalition

Napoléon brise l’offensive autrichienne de l’archiduc Charles qui a attaqué la Bavière à Eckmühl le 13 mai, puis il occupe Vienne.

bataille d’Aspern

Il décide d’aller au-devant de l’armée autrichienne. Le grand pont de Vienne ayant été détruit, il choisit l’île de Lobau, à 6 km au sud, pour construire un pont qui permettra de franchir le Danube.

 

L’armée française occupe, le 20 mai, les deux villages voisins, Aspern et Essling. Les pontonniers se mettent au travail. Ils ignorent que l’archiduc Charles, avec 95 000 hommes, est dissimulé non loin et observe tous leurs mouvements.

 

Le fleuve est en crue, le pont se brise à plusieurs reprises. Quand l’archiduc passe à l’attaque, dans l’après-midi du 21 mai, il n’y a que 24 000 hommes sur la rive nord. La défense désespérée de Masséna à Aspern, de Lannes à Essling, la cavalerie de Bessières entre les deux, l’arrivée de renforts, permettent de tenir. Le 22 mai, la situation des Français semble désespérée. Les munitions commencent à manquer. Davout n’a pas pu franchir le pont, à nouveau brisé. Lannes est mortellement blessé. Napoléon enfin donne l’ordre de repli sur l’île de Lobau. Là, il recueille les dernières paroles de Lannes.

 

Cet échec français, que les Autrichiens nomment bataille d’Aspern, a un grand retentissement parmi les adversaires de Napoléon.

Wagram

Depuis le demi-échec d’Aspern, les Français occupent l’île de Lobau. Napoléon planifie le franchissement du Danube pour attaquer et battre les Autrichiens qui occupent les hauteurs de Wagram. Le 4 juillet, les Français sont prêts.

 

Entre 5h et 9h, les corps de Masséna, Oudinot et Davout passent le fleuve. Ils ne rencontrent pas d’Autrichiens et sont appuyés par 109 pièces d’artillerie.

 

L’archiduc Charles, qui commande les forces autrichiennes, est réveillé. Il se prépare à une bataille pour le 6 juillet. Derrière les trois premiers corps, les Français font franchir les réserves qui viennent appuyer les positions : Lefebvre, Bernadotte et Macdonald. Vers 18h, toute l’armée atteint la ligne Neusield-Wagram.

 

Davout et Oudinot attaquent le plateau de Wagram. Le premier menace Glizendorf. L’Armée d’Italie attaque dans la direction d’Aderklaa dont Bernadotte est chargé de s’emparer. Si le point est pris, le front autrichien est coupé en deux.

 

Bernadotte attaque, mais l’Armée d’Italie, prenant les Saxons de Bernadotte pour des Autrichiens, leur tire dessus. Les Saxons refluent en désordre. Oudinot qui n’est plus couvert, se replie avec de lourdes pertes. Les Français se réorganisent, mais la nuit tombe, mettant provisoirement fin au combat.

 

L’archiduc Charles, qui a été surpris par l’attaque française de la veille, prépare un nouveau plan. Tandis que la gauche tient les hauteurs, la droite lancera une attaque sur le flanc des Français. L’attaque doit être lancée vers 1h, mais le désordre des forces autrichiennes oblige l’archiduc à remettre l’attaque vers 3h. De plus, une partie des ordres est mal comprise et la coordination est difficile.

 

Le plan de Napoléon est simple : tandis que Masséna tiendra à droite, les corps de Marmont et de Bernadotte attaqueront le centre autrichien. Oudinot et Davout devront tenter de prendre le plateau. Les troupes françaises se reposent sur le champ de bataille, 15 kms de long.

 

Napoléon se déplacera à cheval pour observer les combats. Durant la bataille, alors qu’Oudinot se tient à ses côtés, un obus éclate près de lui. Oudinot lui dit : «Sire, on tire sur l’état-major». Napoléon de répondre : «Monsieur, en guerre tous les accidents sont possibles».

 

A 4h, Rosenberg, qui a mal compris les ordres de Charles, se lance à l’attaque de Davout, alors qu’il devait rester en défense. Son attaque est arrêtée, puis repoussée par Davout. Bellegarde lance également son attaque. Il prend Aderklaa tenue par quelques Saxons laissés là la veille par Bernadotte. Bellegarde poursuit son attaque et repousse Bernadotte.

 

De son côté, Masséna ne dispose que de 18000 hommes, contre 60000 Autrichiens. Dans un premier temps, il essaie de reprendre Aderklaa. Il lance la division Carra Saint-Cyr en avant. Devant le nombre des Autrichiens, Masséna est obligé de reculer. Napoléon donne l’ordre à Bernadotte de venir soutenir Masséna. «Mon corps est réduit à peu de chose», indique Bernadotte. «Allez, Monsieur le maréchal, allez soutenir le duc de Rivoli», répond Napoléon.

 

Masséna dirige d’une calèche les opérations de son IVème corps. Les Autrichiens lancent tous leurs moyens disponibles à l’assaut du corps de Masséna. Le corps de Klenau attaque la ligne Aspern-Essling, ligne de retraite des Français. Napoléon donne l’ordre à Masséna d’arrêter Klenau et donc de marcher vers le Sud. «Sire, c’est marcher durant neuf kilomètres en présentant le flanc !». «Masséna, vous passerez quand même». Masséna se lance vers le sud. Il lui faudra deux heures pour arrêter Klenau.

 

Napoléon revient au centre. C’est là qu’il veut détruire les Autrichiens. Il concentre une grande batterie, commandée par Drouot. Quelque 102 canons sont installés. La grande batterie commence à ouvrir le feu vers 11h30. Les 27 canons autrichiens installés devant la zone sont rapidement détruits, et le centre autrichien subit le feu.

 

Macdonald, en habit de général de l’An III, prépare ses deux divisions à l’assaut. Il est appuyé par 24 escadrons de cavalerie lourde de Nansouty et huit escadrons de cavalerie de la Garde. Il avance et repousse les premières lignes autrichiennes. Lichtenstein lance alors 3000 cavaliers pour arrêter les Français. Il est arrêté par les carrés français, puis repoussé par une charge de cavalerie. Macdonald réclame plus de cavalerie pour percer le front. Mais Bessières a été jeté de son cheval. Il ne peut pas donner l’ordre d’attaquer. Napoléon envoie alors des renforts : l’artillerie et une division bavaroises. Macdonald peut atteindre Sussenbrunn.

 

Masséna a repris le contrôle de la gauche. Il a repoussé les Autrichiens sur Breintlee et Hirchstätten et indique qu’il avance vers Wagram. Lasalle lance une nouvelle charge pour repousser une fois de plus les Autrichiens. Mais il est tué d’une balle dans le front, à la tête de sa cavalerie.

 

Davout reçoit l’ordre de prendre les hauteurs de la ligne de Wagram. Il fait prendre les collines, occupe Neusield, puis pivote vers Wagram, avec l’appui d’Oudinot. Il reste encore à Napoléon la Garde, les Bavarois et le corps de Marmont.

 

L’archiduc Charles donne l’ordre de repli avant que son armée ne soit anéantie. Les pertes autrichiennes sont de 24600 hommes, plus 12000 prisonniers.

Publié dans NAPOLEON

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