les croisades (2/2)

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La Prise de Jérusalem

Antioche, assiégée par les croisés, résistait depuis huit mois. C'st alors que les croisés apprirent l'arrivée, en renfort des assiégés, d'une forte armée turque. Cette nouvelle suscita un tel mouvement de crainte et de désespoir qu'ils redoublèrent leurs assauts et prirent Antioche en une semaine. La ville fut livrée au pillage. L'audacieux Bohémond conduisit ensuite les troupes croisées contre l'armée turque, qui fut vaincue : c'était durant l'été 1098. Six mois passèrent, pendant lesquels les croisés reprirent des forces et se réorganisèrent. Avant d'atteindre Jérusalem, il leur restait à parcourir une longue route sous l'ardent soleil. Le 7 juin 1099, trois ans après leur départ d'Occident, 12 000 soldats du Christ, déguenillés, tombèrent à genou en pleurant lorsqu'ils aperçurent au loin les remparts puissants et élevés de Jérusalem, la Ville sainte ! Tant de souffrances avaient été endurées pour chasser les Turcs de cette ville !

C'est alors que les croisés découvrirent que ces derniers n'étaient plus à Jérusalem. Un an avant leur arrivée, ils en avaient été chassés par les soldats du calife d'Égypte, adversaire de l'usurpateur turc. Godefroi de Bouillon fit dresser les tentes autour de la ville et installer les machines de sièges, les tours pour l'escalade des remparts, construites par les charpentiers génois, les catapultes et tous les engins conçus par les techniciens militaires. La garnison de la place, qui ne dépassait pas le millier, observa tous ces travaux avec étonnement et quelque crainte. Le calife envoya ses ambassadeurs auprès des chefs croisés : il promettait, comme autrefois, toute liberté aux pèlerins pour séjourner dans la ville et visiter les lieux saints. Les chefs de la croisade tinrent conseil. Allait-on abandonner, si près du but, l'objectif principal de l'expédition et s'interdire de former des royaumes latins en Orient, alors même que certains chevaliers s'étaient déjà taillé quelques fiefs dans les territoires conquis ? Aussi exigèrent-ils une reddition sans conditions. Les musulmans refusèrent. Le siège de la ville commença.

Durant quarante jours, les mille défenseurs résistèrent aux douze mille croisés qui les assiégeaient. Le 15 juillet, Godefroi, Tancrède et leurs hommes réussirent à escalader les remparts de la ville. A coups de hache, ils atteignirent les portes, qu'ils ouvrirent toutes grandes. Les soldats se ruèrent dans la cité. Exaspérés par les privations, exaltés par les privations, exaltés par les harangues des prédicateurs, affamés, ils ne pensèrent plus qu'à se venger et à rançonner la population, comme ils l'avaient déjà fait lors de la prise d'Antioche. Ce fut une page peu glorieuse dans l'histoire de la chrétienté. Un témoin oculaire, Raymond d'Agiles, raconta :

 "On vit alors des choses jamais vues. De nombreux infidèles furent décapités, tués par les archers ou contraints de sauter du haut des tours. D'autres encore furent torturés puis jetés dans les flammes.

On pouvait voir dans les rues des morceaux de têtes, de mains et de pieds. On chevauchait partout sur des cadavres. Ce fut un tel massacre dans la ville que les nôtres marchaient dans le sang jusqu'aux chevilles.

Les croisés pillaient à satiété : ils parcouraient les rues, entraient dans les maisons, raflaient or, argent, chevaux, tout ce qu'ils trouvaient..."

Les croisés atteignirent enfin la basilique édifiée sur le Saint Sépulcre du Christ, que les infidèles avaient reconstruite après qu'un souverain "fanatique" eut cherché à l'abattre.

Là, ils s'embrassèrent, pleurant de joie, et comme le raconte un historien, "ils remerciaient le seigneur miséricordieux" : les croisés avaient enfin atteint leur objectif ! On proposa à Godefroi de Bouillon le royaume "latin" ainsi conquis. Il refusa la couronne, se contentant du titre plus modeste d' "avoué, ou défenseur, du Saint Sépulcre". Il vainquit une armée égyptienne à Ascalon, puis s'occupa activement de l'organisation de son royaume; il mourut brusquement un an après la conquête, peut-être empoisonné par un musulman. Le royaume de Jérusalem, qui survécut à son fondateur et ne disparut qu'en 1291, eut pour fiefs les autres principautés latines de la région : les comtés d'Édesse et de Tripoli, les principautés d'Antioche et de Tibériade.

 

 

 

 

 

Revers militaires avantages économiques : la deuxième croisade (1147-1149)

Vainqueurs, les croisés fondèrent au Moyen-Orient, outre le royaume de Jérusalem, une série de principauté, de comtés et de fiefs latins. Le commerce européen, et en particulier les cités italiennes comme Gênes, Venise et Pise en tirèrent de gros avantages. Mais ces territoires chrétiens, loin de s'unir face aux musulmans, s'affrontèrent sans cesse en querelles et en guerres intestines. Cela fit inévitablement le jeu des musulmans, qui reprirent l'offensive. Les victoires que ceux-ci remportèrent motivèrent 

Après la première croisade apparurent des ordres monastique de moines-soldats, dont le rôle était d'assister et de protéger les pèlerins et de secourir les croisés blessés durant les batailles. Ce rôle d'assistance devint peu à peu secondaire, par rapport à la participation aux combats. 

Parmi les ordres, on notera les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, fondés dès 1113, l'ordre des Chevaliers du Temple, créé en 1119, et les Chevaliers Teutoniques, un ordre allemand fondé en 1187. 

le départ de nouvelles croisades, qui se terminèrent toutes par de notables défaites militaires des chrétiens.

Mais s'ils ne furent pas victorieux par les armes, les chrétiens réussirent à établir durablement leur suprématie économique et même, dans une certaine mesure, politique sur la Méditerranée.

En 1144, les musulmans reprirent Édesse. Le pape ordonna alors de former une nouvelle croisade; elle fut prêchée par Bernard de Clairvaux, à l'assemblée de Vézelay, en Bourgogne, en 1146. L'expédition fut conduite par le roi de France Louis VII et l'empereur germanique Conrad III. Les désaccords entre les chefs, le manque d'organisation et les erreurs militaires entraînèrent une série de revers des forces croisées. Après que ses troupes été décimées à Dorylée, Conrad rentra en Allemagne.

Les survivants rejoignirent Jérusalem, puis déclenchèrent une attaque contre Damas, sans pouvoir s'emparer de cette ville. La nouvelle de l'arrivée de renforts musulmans contraignit les chrétiens à lever le camp et à rentrer sans gloire en Europe.

En deux années seulement, le prestige des armées croisées était tombé si bas que l'on pouvait penser que plus personne ne voudrait reprendre les armes.

   

 

 

La "croisade des rois" (1189-1192)

Quarante années passèrent, pendant lesquelles chrétiens et musulmans vécurent souvent en bon voisinage. Beaucoup d'anciens croisés avaient épousé des femmes arabes et avaient adopté nombre de coutumes orientales. Les échanges commerciaux étaient très intenses entre les ports du Levant et ceux des côtes italiennes. Le plus important personnage du monde musulman était alors le sultan d'Égypte, Salâh al-Dîn, dit Saladin, qui avait étendu sa domination sur une grande partie du Levant et établi de bons rapports avec les chrétiens. Mais la violation de ce statu quo par quelques seigneurs fanatiques ramena la guerre dans la région. Saladin battit les chrétiens à la bataille d'Attîn et entra en vainqueur à Jérusalem en octobre 1187. La prise de cette ville entraîna l'appel à la troisième croisade.

Elle fut appelée la "croisade des rois" parce qu'à sa tête se trouvaient les souverains les plus prestigieux d'Occident : l'empereur Frédéric Barberousse, le roi de France Philippe Auguste  et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion.

Les armées ainsi réunies étaient très importantes. Mais à peine arrivé en Asie Mineure, Frédéric Barberousse se noya. Les deux souverains survivants reprirent la ville de Saint-Jean-d'Acre.

Puis les événements prirent une autre tournure. Le roi de France n'avait qu'une seule hâte : retourner dans sa patrie et profiter de l'absence de Richard pour mettre la main sur les possessions françaises de ce dernier. Resté seul, le roi d'Angleterre accomplit des prodiges, mais il n'était plus en mesure de battre Saladin. Aussi conclut-il, en 1192, une trêve avec son valeureux adversaire. l'accord stipulait que Jérusalem restait aux mains des musulmans, qui s'engageaient en retour à protéger les pèlerins chrétiens se rendant dans la Ville sainte; de plus, les "Francs" conservaient les ports du Levant, ainsi que Chypre.

La trêve, hélas ! ne fut signée que pour trois ans...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La "croisade de Venise"

La quatrième croisade fut inspirée par le pape Innocent III , qui mit les souverains chrétiens en demeure de reprendre les armes et de libérer le Saint Sépulcre des mains des infidèles. A la différence de la précédente, ce fut une croisade conduite par de simples chevaliers : Boniface de Montserrat, Baudouin de Flandre et Geoffroy de Villehardouin. Son objectif initial était l'Égypte, mais elle fut complètement déviée de son but par les Vénitiens. Ceux-ci s'étaient engagés à pourvoir au transport des troupes contre le paiement d'une somme très importante. Comme les croisés n'avaient pas réussi à réunir entièrement l'argent, les Vénitiens exigèrent en échange la prise de la ville de Zara (aujourd'hui Zadar, en Yougoslavie), qui faisait concurrence à la sérénissime république : en cinq jours, cette cité chrétienne fut prise. Puis les croisés se dirigèrent vers Constantinople, qu'ils mirent à sac en 1204. Venise se fit céder des territoires byzantins. le chef croisé Baudouin devint le premier empereur de l'Empire latin d'Orient. Ainsi s'acheva cette croisade de chrétiens contre d'autres chrétiens : on était loin de l'idéal d'un Godefroi de Bouillon...  

 

 

 

 

Le bilan d'un échec

Les croisades se terminèrent sur un échec : la Terre sainte demeura sous le contrôle des musulmans.

Mais le bilan est très différent si l'on considère le développement du commerce maritime, l'essor des cités portuaires italiennes et, indirectement, celui de toute l'Europe : l'affrontement entre les deux civilisations a surtout bénéficié à la plus jeune et la moins avancée d'entre elles. De  nouvelles plantes, le riz, l'abricotier, pénétrèrent en Europe. Les croisés rapportèrent également divers procédés technique utilisés par les Arabes.

Enfin, en éloignant une partie de l'aristocratie féodale, les croisades facilitèrent l'émancipation des communes : l'argent nécessaire aux chevaliers pour partir en Orient était souvent fourni par les bourgeois des villes, qui achetaient leur liberté à leur seigneur.

 

Autres croisades

 

 

La "croisade des enfants" (dossier qui sera traité dans les jours à venir) :  pour faire oublier le scandale de la quatrième croisade, on laissa croire que seuls des enfants innocents pouvaient miraculeusement libérer le Saint Sépulcre. 

Des prédicateurs fanatiques surent convaincre les parents de plus de 30 000 enfants de les laisser partir désarmés, sans ravitaillement, complètement démunis. 

A Gênes, de malhonnêtes commandants de navires les firent passer en Égypte et en Tunisie, où, naturellement, ils furent vendus comme esclaves.

 

6e croisade : l'empereur germanique Frédéric II, excommunié pour avoir rompu avec le pape, fut pratiquement obligé de partir en croisade.

Combattant peu, il obtint par la diplomatie la restitution de Bethléem, de Nazareth et même de Jérusalem. Mais ce succès ne fut pas reconnu en Occident, où l'on se scandalisa de l'accord conclu avec les infidèles ! 

En 1244, les musulmans reconquirent Jérusalem, qui ne devait plus retourner en mains chrétiennes.

7e croisade : le roi de France, Louis IX, futur Saint Louis, conduisit une expédition contre l'Égypte.

Il conquit la ville de Damiette, mais, vaincu, il fut ensuite fait prisonnier avec son armée. Il revint en France, quatre années après son départ, après avoir versé une énorme rançon.

8e croisade : de nouveau, Saint Louis débarque à Tunis pour abattre définitivement la puissance musulmane. Il y mourut de la peste, ainsi qu'une grande partie de ses troupes.

Publié dans histoirefr

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