Empire Romain (1/2)

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L'âge de l'Empire romain

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L'historien du nom de Livy donne à la fondation de Rome par Romulus la date de 753 Av. J.-C., un 21 avril, pour être plus précis. Malheureusement, Romulus étant un personnage aussi authentique que le Roi Arthur, il est très probable que cette date soit erronée. Selon les témoignages archéologiques dont nous disposons, il semble que les premiers signes de la création de Rome, effectuée par des bergers latins datent de 950 av. J.-C.. En revanche, l'archéologie moderne confirme bien les dires de Livy en ce qui concerne la situation géographique de la colline Palatine. De plus, comme la plupart des fondations de villes en Italie à cette période de l'histoire nécessitaient une cérémonie religieuse orchestrée par un seul prêtre masculin, il est fort possible qu'un Romulus quelconque ait vraiment existé.

 

La chute de l'Empire romain est souvent datée en 476 ap. J.-C., avec la reddition du dernier Empereur, Romulus Augustulus au chef de guerre germanique Odoacer. Si l'on compare cette date à celle de la création selon Livy, on peut s'apercevoir que l'on est guère loin, avec 1229 ans d'âge, des 1200 ans promis par les douze aigles. Cependant, comme nous avons déjà pu le voir, la date de 753 av. J.-C. est extrêmement sujette à caution, et celle de 476 ap. J.-C. ne vaut guère mieux, car même si elle est exacte, il n'est pas juste de dire que tout l'Empire romain se soit écroulé en une seule petite année. En fait, ce n'est pas vraiment de "chute" dont on peut parler, mais plutôt d'une érosion progressive, et encore, celle-ci ne concerne que la partie ouest de l'Empire, l'est restant unifié sous le nom d'Empire Byzantin durant un millénaire supplémentaire.

 

Il est par ailleurs important de noter que, quelle que fut sa durée de vie, l'Empire romain ne s'est appelé qu'ainsi à la moitié de son existence. Cette civilisation se nomma tout d'abord monarchie Etrusque, avant de devenir une république, puis enfin de devenir un Empire, aux alentours de 27 ap. J.-C., soit 700 ans après sa création selon la légende, et 900 après sa fondation historique. Si l'on prend en compte la date de 476 ap. J.-C. comme celle de départ, sa durée de vie ne fut que d'un peu plus de 500 ans. Sur cette durée, l'Empire Romain tel qu'il est conçu par la plupart des gens n'a existé que 200 ans, à une décennies ou deux près.

 

Cette période historique, du règne de Jules César (46 av. J.-C.) à la mort de Commode (192 ap. J.-C.), est celle où l'Empire atteint son zénith. C'est là que l'on vit les meilleurs des Empereurs, des hommes comme Auguste, Vespasien ou Trajan. Mais elle vit aussi certain des pires, les tyrans Caligula, Néron et Domitien.

 

 


AVE  IMPERATOR!

 

La Création de l'Empire Romain

Par Jennifer Hawthorne

 

Introduction

 

"Il y a très longtemps vivaient deux frères jumeaux Romulus et Remus. Nés d'une union entre Jupiter et la Vierge Vestale, ils furent abandonnés dans un panier sur le fleuve du Tibre par leur oncle malveillant. Leur père prit néanmoins soin de ses enfants et leur envoya une louve et un pivert pour les nourrir et les élever. Ils furent sauvés par un berger et devinrent de grands guerriers et de grands chefs pour leur peuple.

"Un jour, les deux jumeaux décidèrent de bâtir une grande cité à l'endroit même où leur panier avait échoué. Mais les frères ne purent pas s'entendre sur le nom que porterait cette cité. Ils finirent même par se battre, et Remus fut terrassé. Romulus alla de l'avant et fonda la grande cité que l'on connaît sous le nom de Rome"

 

La légende de Romulus et Remus est l'histoire de Rome telle que les Romains la connaissaient, pleine de drame, de fratricide, de divinités, de destinés et de serments. La difficulté pour les érudits modernes résident comme toujours à tirer des faits solides historiquement d'un flot aseptisé de mythes et légendes.

Les histoires écrites par les anciens Romains eux-mêmes donnent une vue déformée de leur propre époque, car les historiens romains travaillaient sous un double fardeau. D'abord, ils ne possédaient pas de données historiques objectives sur le sujet -- leurs documents, principalement ceux concernant les premières périodes de l'histoire de Rome, se limitaient à quelques listes de notables et aux légendes locales. Ensuite, ils subissaient une pression considérable de la part des pouvoirs politiques en place, pour faire accepter leur interprétation historique. Les travaux des auteurs Romains comme Livy (qui a écrit vers 25 av. J.-C.), Tacitus (vers 100 ap. J.-C.), et Suetone (vers 120 ap. J.-C.) doivent ainsi être considérés davantage comme des romans historiques que comme des reconstitutions historiques objectives.

 

La distinction entre la vérité et l'invention. Des débats sans fin ont eu lieu (et se poursuivent aujourd'hui encore) entre les historiens pour savoir quel élément d'une étude pouvait être considérée comme exacte, et quels étaient les erreurs ou les faits romancés. Les historiens antiques des autres pays participèrent à la confusion générale en interprétant l'histoire de Rome selon leur propre idée. Les études archéologiques, qui fournissent une source impartiale (bien que squelettique) d'information sur le monde romain, ont été gênées par la présence des villes modernes sur la plupart des sites antiques intéressants.

 

Les historiens sont incapables même de s'entendre sur le début et la fin de l'"Empire Romain" . Face à ces limites, il n'y a rien d'étonnant à ce que la vision moderne de Rome, des Romains et de l'Empire ait subi de nombreuses révisions jusqu'à la "vérité" historique acceptée actuellement, et continuera probablement à changer à l'avenir avec de nouvelles découvertes.


Rome avant l'Empire

 

A l'époque où Rome apparut pour la première fois dans les histoires du monde antique vers 280 ap. J.-C., c'était déjà la maîtresse de toute la péninsule italienne. Les informations sur le développement de la Rome pré-impériale avant cette époque étaient rares et fragmentaires, mais beaucoup de choses étaient tenues pour certaines. Quand Rome a été fondé, le fleuve du Tibre constituait la frontière partageant le royaume étrusque au nord-ouest et les fondations latins au sud-ouest. La source du fleuve se situe dans les monts Apennins, la région natale du peuple des Sabins au nord-est et des Samnites au sud-est. A environ 12 miles en amont de l'embouchure à la mer, le Tibre se divise autour d'une petite île ; ce lieu constituait un endroit idéal pour traverser la rivière. Un tel site était un lieu de rencontre naturel pour les différentes tribus et la  création d'un groupement de population mixte.

 

A peu près à la même époque, les bergers latins construisaient des huttes sur le Palatin, les bergers Sabins faisaient la même chose sur les colline du Quirinal. Une légende des débuts de Rome raconte que les Latins manquèrent un jour d'épouses. Pour résoudre ce problème, ils invitèrent les Sabins à un festival. A l'arrivée des Sabins, les Latins enlevèrent rapidement leurs femmes et revinrent sur le Palatin. Les Sabins se sont alors préparés pour récupérer leurs femmes, mais avant que la guerre n'éclate, ils apprirent que les femmes étaient heureuses avec leurs nouveaux époux et préféraient rester. Cette histoire est probablement fausse, mais elle constitue une métaphore parfaite à l'explication de la fusion des deux peuples en un seul - les Romains.

 

La Monarchie et la République

 

Le premier gouvernement de Rome était une monarchie de type étrusque dont on sait peu de chose. Les légendes romaines racontent qu'il y eut sept rois en tout, avec d'abord Romulus, puis Numa Pompilius, Tullius Hostilius, Ancus Marcius, Lucius Tarquinius Priscus, Servius Tullius, et enfin Lucius Tarquinus Superbus. Tandis que Romulus (dans sa forme légendaire) n'était que le fruit de l'imagination, les six autres rois ont probablement réellement existé, bien que les actes que l'on attribue à chacun d'eaux soient discutables.

 

Le règne des rois de Rome prit fin en 509 av. J.-C. Selon l'histoire officielle romaine, le comportement tyrannique du roi Lucius Tarquinus Superbus provoqua sa destitution par les citoyens romains qui jurèrent de ne plus jamais se laisser gouvernés par un roi. Les historiens pensent actuellement que la fin de la monarchie romaine était plus un accident. A l'époque de l'évincement de Tarquinus Superbus, Rome était en guerre avec un autre roi local, Porsenna de Clusium. Porsenna attaqua la ville, forçant Tarquinus Superbus à fuir. Le conquérant n'était cependant pas assez fort pour tenir la ville et fut chassé par la populace locale. Au lieu de rappeler leur ancien gouverneur, les Romains décidèrent d'essayer un autre type de gouvernement. La République Romaine était née.

 

A l'époque de ce changement dramatique, la société romaine était déjà profondément partagée entre deux classes : les Patriciens qui était la classe propriétaire de la terre, et le reste des habitants de la Cité, les Plébéiens. Les patriciens formèrent un corps législatif appelé le Sénat (d'un mot latin signifiant "senior"), et élirent deux magistrats appelés les consuls servant d'exécutifs pour un mandat d'un an. Les consuls étaient élus parmi les membres du Sénat.

Le gouvernement du Sénat fut une amélioration par rapport au gouvernement d'un seul homme, mais laissait toujours la majorité de la population de la Cité sans réelle influence sur les affaires légales. Le Sénat se mit très vite à abuser de ses privilèges, édictant des lois qui privilégiaient une petite minorité au dépend de la population. Les plébéiens devint suffisamment malheureuse pour se révolter et saccager la ville. Un nouvelle institution fut créée, appelée les Tribuns de la Plèbe. Le tribun était élu par les plébéiens et détenait un pouvoir de veto sur les lois édictées par le Sénat. Cette mesure limitait toujours le pouvoir légal du peuple - qui ne pouvait pas proposer de lois, mais seulement poser un veto sur celles dont il ne voulait pas - mais constituait un progrès majeur.

 

Les luttes politiques internes continuèrent pendant un autre siècle jusqu'à ce que les plébéiens réussissent enfin à gagner le droit de tenir n'importe quelle fonction publique. Un certain nombre de postes furent créés, pour faciliter l'administration d'une ville grandissante : les prêteurs, responsables de la juridiction civile, les questeurs, responsables des affaires pénales, les édiles, qui supervisaient les travaux publics et les marchés, et les censeurs qui recensaient la population et veillaient à la morale publique.

 

Rome Conquiert l'Italie

 

Au cours du même siècle, Rome faisait de grands progrès pour devenir la vraie puissance en Italie. Peu après la formation de la République, les Romains organisèrent la Ligue Latine, une coalition de villes romaines voisines en vue de la protection contre les attaques ennemies. En 396 av. J.-C., Rome vainquit et détruisit sa principale rivale sur le Tibre, la ville étrusque de Veii. Lors d'une cérémonie solennelle considérée par les Romains comme la sanction la plus sévère, les prêtres romains effectuèrent l'évocation sur Veii -- un rituel forçant les dieux protecteurs de la Cité à la quitter pour Rome.

 

Six années plus tard, Rome subit pour la première fois le goût de la défaite à cause d'une invasion gauloise surprise par le nord. Les Gaulois se déchaînaient vers la péninsule italienne, semant le chaos sur leur passage, jusqu'à Rome, vainquirent la garnison, et ravagèrent et brûlèrent la cité. Heureusement, les Romains purent réunir assez d'or pour négocier le départ des Gaulois. Cet événement eut apparemment un fort impact sur la psychologie romaine. Après le saccage de la Cité par les Gaulois, les Romains devinrent plus militarisés, plus agressifs et plus paranoïaque à l'égard des nations environnantes qu'auparavant. A travers leur longue histoire, néanmoins, les Romains maintinrent le fait qu'ils ne s'engageaient que des dans "guerres justes" -- guerres qu'ils étaient obligés de faire à cause des agressions venant de l'extérieur, et qui étaient demandées par les dieux. Afin de tenir, les Romains devinrent des experts dans la manipulation et la provocation des conflits. Presque toutes les excuses étaient bonnes, quand les Romains avaient besoin d d'une raison.

 

La civilisation étrusque au nord avait déjà été affaiblie par la puissance croissante de Rome et de ses alliés; l'invasion gauloise lui donna le coup de grâce, et une nouvelle tribu, les Samnites, prit sa place. Les Samnites et les Romains luttèrent presque immédiatement. La première guerre  était décidée par Rome en faveur de Rome, mais un nouveau problème surgit. Les alliés de Rome dans la Ligue latine, qui participaient à l'effort de guerre en fournissant hommes et ressources, considérèrent qu'ils ont été lésés dans la partage du trésor de guerre. Ils demandèrent à être traités équitablement. Après la Guerre Latine, Rome donna la citoyenneté romaine à tous les habitants des cités alliées. Rome retourna alors  au problème des Samnites, et pendant 50 ans, repoussa ceux-ci peu à peu vers le nord jusqu'à ce que Rome puisse contrôler toute l'Italie jusqu'à la vallée du Pô.

 

 

 

En 290, un général grec nommé Pyrrhus répondit à l'appel d'aide des villes grecques sur la côte sud de l'Italie, qui se sentaient légitimement nerveuses face à l'expansion du contrôle romain. Pyrrhus combattit les Romains à Campania, la plaine au sud de l'Italie, et remporta deux victoires -- au prix d'"Une autre victoire du même genre et je serai perdu", rendant ainsi célèbre la phrase de la "victoire à la Pyrrhus". Après la troisième bataille, qu'il perdit, Pyrrhus abandonna et revint en Grèce. Les Romains pouvaient désormais contrôler toute la péninsule italienne.

 

 

LES GUERRES PUNIQUES

 

La puissance suprême en Méditerranée pendant les premières années du IIIe av. J.-C. était la cité phénicienne de Kar-Hadasht, maintenant connue sous le nom de Carthage. Les Phéniciens, ou "Puns" comme les Romains les appelaient, étaient des armateurs et des navigateurs hors pair, et contrôlaient tous les échanges maritimes en Méditerranée, et même au-delà. Avec une distance en vol d'oiseau de moins de 400 miles entre les deux cités, l'une et l'autre aussi impatientes d'augmenter leur puissance, le conflit était inévitable.

 

Les troubles commencèrent, de façon tout à fait prévisible, sur l'île de Sicile, située stratégiquement entre les deux puissances. Le contrôle de l'île était partagé entre un groupe de pirates italiens, les Mamertins, basés dans la ville de Messana, et les habitants de Syracuse, une riche ville grecque indépendante avec son propre roi. Les Syracusiens, lassés des raids mamertins, attaquèrent Messana, qui réclama très vite de l'aide -- aussi bien aux Romains qu'aux Phéniciens. Les Phéniciens, jaloux de l'opulence de Syracuse, furent les premiers à agir, envoyant une flotte et une garnison de troupes à Messana. Les Romains prirent plus de temps à répondre; Rome n'avait jamais entreprit d'action militaire outre-mer auparavant, et était faiblement équipée à cet effet, sans un seul navire de combat valable. Mais l'occupation phénicienne de Messana présentait une menace évidente à l'Italie du Sud, qui venait d'être si difficilement conquise pour être risquée. L'expédition fut approuvée, et les troupes romaines embarquèrent pour Messana. Quand ils entrèrent dans la ville, les Phéniciens attaquèrent immédiatement, et la première Guerre Punique était en marche.

 

Les Romains construisirent rapidement leur flotte, en se calquant sur les modèles de navires carthaginois. La guerre fit rage de la Sicile et la côte sud de l'Italie aux côtes d'Afrique du Nord et les îles méditerranéennes de Sardaigne et de Corse, qui étaient entre les mains des Phéniciens au début de la guerre. Une fois la flotte romaine construite, les deux belligérants étaient presque de force égale, et le conflit devint une guerre d'usure qui dura 25 ans. Carthage abandonna finalement, plus par lassitude que pour d'autres raisons. Comme tribut de la victoire, Rome gagna le contrôle de la Sicile, de la Sardaigne et de la Corse. Carthage accepta également de payer une forte somme d'or à Rome comme réparations aux dommages de guerre.

 

L'acquisition des îles méditerranéenne laissa  Rome face à un nouveau problème. Elle possédait maintenant des territoires d'outre-mer -- mais comment les gouverner ? Un nouveau poste de magistrature fut créé, le gouverneur avec imperium (pouvoir juridique) sur certaines régions, appelées provincia ou province. Ce poste était tenu par des prêteurs du Sénat romain. la Sicile devint la première province romaine, la Sardaigne et la Corse constituant la seconde.

La paix avec Carthage dura moins de 50 ans. Les Carthaginois étaient affaiblis mais étaient loin d'être hors course. Un Phénicien téméraire, Hamilcar Barca ("Hamilcar Le Foudroyant"), saisit la riche et peuplée péninsule hispanique, et grâce à une combinaison de commandement adroit et d'administration experte, leva une gigantesque armée d'Espagnols, financée par l'or des mines espagnoles. Le but de la formation de cette armée était évidente -- Hamilcar nourrissait une haine profonde et brûlante à l'égard de Rome. Malheureusement pour Carthage, il mourut avant de réaliser ses ambitions. Hamilcar avait un successeur immensément capables : son fils, Hannibal.

 

 En 221 av. J.-C., Hannibal mena son armée dans une longue et dangereuse marche vers l'est de l'Espagne à travers la Gaule et les Alpes. Il perdit une grande partie de son armée en traversant les montagnes, mais recruta des renforts dans les tribus gauloises au nord du Pô, qui avaient leur propre rancoeur contre les Romains depuis l'expansion vers le nord de ceux-ci. Après avoir entraîné ses auxiliaires gaulois, Hannibal alla directement au sud, vers l'Italie, en direction de Rome. Les Romains tentèrent de l'arrêter mais furent battus à trois reprises, notamment à la désastreuse Bataille de Cannae en 216 av. J.-C.

 

L'un des grands mystères de l'histoire demeure la raison pour laquelle Hannibal contourna Rome par l'est en direction du sud de l'Italie au lieu de s'attaquer directement de la Cité. S'il s'était entré directement dans la ville, il l'aurait probablement vaincue. L'explication la plus plausible est que Hannibal voulait s'éviter un siège, ne disposant pas suffisamment de force pour arriver à ses fins. En se dirigeant au sud, il pouvait espérer secouer la décision des villes alliées de Rome et priver celle-ci des renforts, mais les alliés latins restaient inébranlables. Il pouvait également attendre que l'arrivée des réserves de Carthage avant d'entrer dans Rome, mais le contrôle maritime des Romains l'en empêcha. Son frère, Hasdrubal, tenta de refaire la marche de Hannibal à travers les Alpes avec une armée renforcée mais fut battu et tué par Scipio, l'excellent général romain, avant d'arriver en Italie.

 

Hannibal passa près de quatorze année en Italie du sud, attendant le moment propice pour attaquer Rome et subissant d'incessants harcèlements et tactiques de l'armée romaine. Le bon moment ne vint jamais. En 203 av. J.-C., il fut appelé pour défendre Carthage qui perdait régulièrement sur tous les fronts contre les Romains. Scipion et lui se rencontrèrent dans la plaine de Zama en Afrique, et Hannibal fut vaincu, à cause d'une mutinerie parmi le contingent de mercenaires. Bien qu'Hannibal ait réussi à s'échapper vers l'Est, Zama marqua la fin des espoirs carthaginois. En 201 av. J.-C., Carthage se rendit et accepta toutes les conditions de Rome, qui étaient draconiennes. Carthage abandonna toutes les terres (dont l'Espagne) à Rome, à l'exception de Carthage même et de ses environs immédiats; elle donna ses navires de guerre et ses éléphants aux Romains; et accepta de ne plus mener de guerre sans la permission de Rome.

 

Bien que le pouvoir de Carthage ait été désormais brisé pour de bon, Rome n'était pas satisfaite. Pendant la seconde Guerre Punique, Rome contracta une alliance avec Masinissa, le roi de Numidie en Afrique du Nord. Numidie encercla les possessions restantes de Carthage, et Masinissa utilisa sa position privilégiée avec Rome pour effectuer des forages dans les terres carthaginois. Les Carthaginois, forcés par le traité de ne pas faire la guerre contre Misinissa, appela Rome à l'aide -- qui se décida à chaque fois en faveur de Masinissa. Les Carthaginois n'eurent pas d'autre choix que de rompre le traité et d'attaquer Masinissa. Rome, détenant enfin la raison qu'elle attendait, attaqua Carthage. Cette fois, Carthage n'avait plus aucune chance. La cité fut rasée, ses citoyens massacrés et ses terres salées. La cérémonie de l'évocation fut réalisée, et les terres furent déclarées maudites. En dépit du sel et des malédictions, le site de la cité de Carthage restait un site favorable et il n'eut pas fallu un siècle pour que les Romains ne décidèrent de fonder une nouvelle ville sur les os de ses anciens ennemis.

 

Les historiens grecs, cherchant à expliquer l'adversité entre Carthage et Rome, créèrent le mythe de Didon et de Enée, mais en vérité, les légendes n'étaient pas nécessaires. Il n'y avait de place que pour une seule puissance en Méditerranée, et Rome était déterminée à être celle-là. Carthage était sa seule rivale.

De plus, comme Caton le Censeur le dit, "Carthago delenda est"--"Carthage doit être détruite".

 

LE DECLIN DE LA REPUBLIQUE

Le succès de Rome dans les Guerres Puniques produisit un changement majeur dans la politique en Méditerranée. Les Romains, ayant vaincu la première puissance de la Méditerranée et s'étant généreusement servi en tributs, s'ennuyèrent et cherchèrent de nouveaux défis. Ils n'eurent pas à chercher bine loin. Ils combattirent avec les Illyriens, les Macédoniens, les Syriens, diverses tribus germaniques, et pratiquement tous ceux qu'ils croisaient.

Le butin de toutes ces guerres bénéficiaient entièrement à quelques privilégiés : le Sénat romain. En plus des terres et de richesses pour les Sénateurs, les guerres apportèrent une nouvelle denrée précieuse : des esclaves. Auparavant, l'esclavage n'était qu'un élément mineur de la société romaine. Initialement, les débiteurs pouvaient être vendus comme esclaves en paiement de leurs dettes, mais en 326 av. J.-C., les plébéiens gagnèrent une bataille politique importante et parvinrent à faire passer une loi qui interdisait à un citoyen romain de posséder un autre citoyen romain. A partir de ce moment et jusqu'à la fin des Guerres Puniques, les seuls esclaves dans Rome étaient les quelques prisonniers de guerre qui n'avaient pas pu être échangés contre une rançon. L'expansion romaine après la chute de Carthage changea cela, et pour la première fois dans l'histoire, Rome avait accès à des villes entières remplies des esclaves potentiels et rapatrièrent ces derniers vers Rome. A un moment, au cours de cette période, le grand marché aux esclaves de l'île de Delos voyait passer plus de 10 000 esclaves par jour.

 

L'élite romaine acheta un nombre considérable d'esclaves et les chargea de travailler les terres agricoles détenues par le Sénat. Entre les nouvelles terres acquises avec la victoire et les anciennes achetées à prix d'or, la plupart des Sénateurs possédaient d'immenses propriétés foncières. Ces propriétés avaient besoin de main d'oeuvre, constituée par les esclaves. En contrepartie, les petits propriétaires étaient sans cesse expulsés et furent ruinés. Ils partirent vers la ville pour y chercher du travail, mais il y en avait bien peu. Une considérable fracture se développa entre l'élite privilégiée et les masses apauvries. De sérieux troubles allaient survenir sous peu.

 

Vers 130 av. J.-C., deux tribuns libéraux, les frères Gracche, tentèrent de forcer la législation à rendre la terre aux citoyens romains qui en étaient dépourvus. Après différentes réformes, les Gracche furent assassinés par le Sénat. Leur législation forçait les fermiers italiens (alliés, mais non citoyens romains) à donner leurs terres aux Romains, ce qui mit en colère les Italiens et engendra une Guerre Sociale. Les alliés italiens non latins firent scission et réclamèrent les mêmes droits pour tous les Italiens. Le Sénat résista, mais à cause de la guerre Latine, n'eut pas d'autre choix que d'accéder à leurs requêtes. Le statut de ceux qui avaient le privilèges d'être appelés Romains, protégés par les lois romaines, s'élargit de nouveau.

 

En même temps, le chaos apporta d'importants changements à Rome même. D'abord, l'habitude du Sénat d'arranger la mort de ses ennemis politiques conduisit le consul Gaius Marius à ouvrir l'accès à Légion à tous les hommes, et pas seulement à ceux sui étaient assez riches pour s'équiper. Afin de posséder armures et armes, les nouveaux soldats devaient généralement emprunter d'abord à leurs commandant, puis seulement à Rome. Les ramifications de ce changement deviendront évidentes en très peu de temps. Ensuite, la fin de la guerre avec l'accession de Rome aux requêtes italiennes irritèrent un général romain fier et conservateur nommé Cornelius Sulla (surnommé "Felix", ce qui signifie "chanceux"). Sulla ne se trouvait pas dans Rome au moment de la conclusion de la Guerre Sociale, mais en entendant ce qui s'était passé, revint sur la ville avec son armée -- c'était la première fois qu'un général romain faisait cela. Mais ce ne serait pas la dernière.

 

Sulla entra dans la ville et ordonna à ses troupes de tuer des centaines d'"ennemis de l'état". Cette action mit en colère Gaius Marius, qui était d'un esprit libéral. Quand Sulla partit combattre à l'étranger, Marius mena sa propre armée vers Rome, seize la ville et tua la plupart des soutiens conservateurs de Sulla. Quand Marius mourut à son tour, Sulla revint à Rome et recommença, tuant non plus des centaines mais des milliers de citoyens qu'il soupçonnait avoir des penchants libéraux. Sulla devint le premier dictateur de Rome. Sulla n'avait pas d'ambitions impériales et après avoir réglé ses affaires, prit sa retraite dans sa maison de campagne et mourut quelques années après de mort naturelle.

 

Pour le moment, la République était toujours intacte, bien que ce ne soit que de façon théorique. Le mécontentement populaire continua avec le réveil de la guerre sociale. Des émeutes fréquentes menées par des esclaves secouaient la cille de Rome. La première révolte eut lieu en Sicile en 136 av. J.-C. et ne fut contrôlée qu'après des années d'action militaire. La seconde révolte, plus célèbre, débuta en 74 v. J.-C. sous le commandement d'un ancien soldat romain envoyé en esclavage pour désertion, un homme nommé Spartacus. Spartacus et sa gigantesque armée de supporters (la plupart des esclaves affranchis) terrorisèrent l'Italie du nord pendant deux ans avant d'être finalement vaincu par le général romain Marcus Licinius Crassus.

 

L'ancien ordre romain était brisé. Sans réformes politiques significatives de la part du Sénat qui ne pouvait ou ne voulait agir, la question n'était plus de savoir s'il serait détruit, mais quand.

 

 

Chapitre II: Jules César

 

 C'est dans ce nouvel ordre créé par le chaos social que s'avança un jeune politicien issu d'une famille peu distinguée nommé Gaius Julius Caesar -- plus connus dans l'histoire comme Jules César. Doté de talents évidents et d'une ambition non mesurée, César était l'homme dont le nom devint synonyme de puissance dans beaucoup de langues modernes : en allemand, kaiser, en russe czar et en arabe, qaysar.

 

Les débuts de César

 

Le Sort En Est Jeté

 

Les Ides de Mars

 

LES DEBUTS DE CESAR

 

Neveu par mariage de Gaius Maris, César commença sa carrière politique très jeune. Ses penchants dès le départ étaient résolument antirépublicains ; à l'âge de 16 ans, il se maria dans une famille politiquement libérale et réussit in extremis à échapper l'exécution lors des purges menées par le conservateur Sulla . A l'âge de 22 ans, il entra dans la vie politique en tant qu'avocat. Avant la fin de la décennie, il fut élu questeur (bien qu'il ait deux ans de moins que l'âge requis pour le poste). Son ascension dans la hiérarchie politique fut spectaculaire. Après trois ans en tant que questeur, il fut élu édile; deux ans plus tard, il acquis le poste religieux de pontifex maximus (grâce à des chicanerie politique); l'année suivante, il était élu prêteur. En 61 et 60 av. J.-C., il fut gouverneur de l'opulente Espagne, et utilisa sa position pour se constituer une fortune personnelle suffisante pour se faire élire consul en 59 av. J.-C.

 

A partir de maintenant, le Sénat commence à s'inquiéter à propos de Gaius Julius Caesar. Ses ambitions inassouvies étaient loin d'être dissimulées, et il recueillit dangereusement le soutien aussi bien de la part du peuple que de la classe politique. Son charisme personnel était énorme et sa vitalité inépuisable. (Ses exploits sexuels en particulier étaient le sujet d'interminables rumeurs). Son élection comme consul aurait dû lui permettre l'accès à un autre poste de gouverneur provincial lucratif, mais le Sénat, qui ne voulait pas aider César plus que le nécessaire, lui confia la supervision des forêts et des caravanes de bétail d'Italie -- ce qui n'était pas un poste favorable pour remplir les poches d'un gouverneur. Il arrangea également l'élection d'un consul anti-César. Cet homme ne faisait cependant pas le poids contre l'enthousiasme et les relations de César -- les gens de l'époque parlent du "Consulat de César et César".

 

César ne se laissa pas ralentir par les manoeuvres du Sénat. Privé de l'opportunité d'utiliser son énergie à faire fortune, il l'employa à arranger des alliances politiques. Son plus grand succès fut de mettre sur orbite deux des hommes les plus puissants de Rome, créant ainsi un "Premier Triumvirat" officieux. Les partenaires de César étaient Gnaeus Pompeius, plus connus sous le nom de Pompée le Grand, et Marcus Licinius Crassus. Pompée était l'un des généraux les plu respectés à Rome, et Crassus, bien que général également, était plus célèbre pour sa fortune personnelle considérable. Pompée et Crassus étaient des ennemis politiques de toujours, mais César réussit à convaincre les deux hommes à travailler ensemble, avec lui comme intermédiaire.

 

En tant que consul, César fit un proposition de loi foncière accordant des fermes aux vétérans de Pompée. Il proposa également un amendement pour enrayer la mauvaise conduite de plus en plus fréquente des gouverneurs provinciaux. En même temps, les amis politiciens de César s'arrangèrent pour qu'il devienne gouverneur de la Gaule cisalpine et de l'Illyricum, puis de la Gaule Transalpine peu de temps plus tard. C'est ce que César avait toujours attendu.

Un politicien romain ne pouvait pas espérer gagner un pouvoir durable sans démontrer des aptitudes d'un véritable chef militaire. César avait jeté son dévolu sur la Gaule. Entre 58 av. J.-C. et 50 av. J.-C., il sillonna tout le pays, et poussa même jusqu'en Bretagne, soumettant les tribus gauloises les unes après les autres. Bien que les cavaliers gaulois étaient de force égale voire supérieure aux Légionnaires romains, ils étaient handicapés par la rivalité qui opposaient les chefs gaulois.

 

Les troupes disciplinées de César les vainquirent un par un. En 52 av. J.-C., les Gaulois parvinrent finalement à être suffisamment désespérer pour s'unir sous le commandement d'un clef, Vercingétorix, mais César lui-même se montra aussi doué en commandement militaire qu'en politique. Il assiégea et vainquit Vercingétorix, et déclara toute la Gaule comme territoire romain.

LE SORT EN EST JETE

 

La conquête de la Gaule rapporta à césar or, prestige et une formidable armée expérimentée complètement dévolue à son égard. En même temps, à Rome, le Triumvirat s'écroulait en l'absence de César. Crassus fut tué en 53 av. J.-C. en combattant contre les Parthes à l'est, et Pompée se rapprocha de plus en plus du Sénat et s'éloigna de César. Pompée et le Sénat commencèrent à manoeuvrer pour séparer César de ses soldats, dans l'espoir probable de l'arrêter sur de fausses accusations et de disposer de lui. Mais César n'était pas idiot et échappa à l'autorité du Sénat, avec l'aide de ses propres agents politiques à Rome.

 

Le point crucial arriva en janvier de l'an 49 av. J.-C. Pompée et le Sénat réussirent finalement à manoeuvrer les alliés de César, et lui ordonna de quitter son commandement et de revenir à Rome en tant que citoyen privé. César, conscient que cette position le laisserait sans défense et probablement mort, prit une décision prophétique. Il reviendrait à Rome, oui -- mais il emmènerait son armée avec lui. Lors de sa traversée de la rivière appelée le Rubicon, César aurait prononcé le célèbre "le sort en est jeté" (alea jacta est), ce qui signifiait qu'il ne pourrait plus revenir sur sa décision. A partir de ce moment-là, son avenir lui apporterait soit le pouvoir absolu, soit la mort.

 

L'opposant de César pendant la guerre civile qui allait déterminer le futur de Rome était son ancien allié, Pompée. Au moment où les armées de César atteignirent les portes de Rome, Pompée s'enfuit vers l'Est sous la protection de ses propres Légions. César le poursuivit et les deux généraux eurent de nombreuses escarmouches autour de la Méditerranée pendant deux ans. Pompée avait le soutien officiel du Sénat, mais César le surpassait aussi bien sur le plan militaire que dans l'opinion public. César encercla Pompée en Egypte. Après une discussion entre César et Ptolémée, le roi d'Egypte (et du badinage avec la princesse, Cléopâtre), celui-ci chargea ses propres hommes de tuer Pompée et apporta sa tête à César.

 

Après la mort de Pompée, plus personne à Rome ne doutait plus que les paroles de César feraient désormais figure de lois. Le nouveau dictateur passa les deux années suivantes à voyager avec ses troupes, réduisant les résistances. En 46 av. J.-C., il réforma le calendrier romain (qui nécessitait depuis longtemps une révision) et lui ajouta un mois supplémentaire qui nomma juillet (d'après son propre prénom). En 45 av. J.-C., César était de retour à Rome, son Empire en sécurité, et lui-même prêt à assumer les responsabilités du premier Empereur de Rome.

LES IDES DE MARS

 

Mais après avoir été si loin, César commit sa première erreur -- qui se révélerait fatale. Bien qu'il ait été intraitable envers ses ennemis (comme les tribus gauloises pouvaient en témoigner), il traita ses opposants romains avec pitié, se retenant de les exécuter. Peut-être était-il devenu trop confiant en sa position et son soutien populaire ou peut-être voulait-il simplement essayer de se montrer meilleur gouverneur que le corrompu sénat qui ne servait que son propre intérêt. Il espérait certainement tourner le Sénat en sa faveur, pour gagner la légitimité de son pouvoir. Quelle qu'en était la raison, César laissa ses ennemis seuls, et était suffisamment confiant en leur honneur qu'il n'hésitait pas à marcher dans les rues de Rome sans escorte.

 

Sa confiance était mal placée. Le Sénat avait l'habitude d'agir pour son propre compte et suivait une longue tradition d'utilisation de la violence pour se protéger. Une conspiration de quelques soixante Sénateurs se prépara, menée par Gaius Cassius Longinus et Marcus Junius Brutus, pour régler le compte de César. Pour obtenir le soutien, ils répandirent la rumeur que César voulait se nommer Roi de Rome (ce qui était vrai); et rappelèrent aux Romains qu'ils avaient juré de renoncer aux rois depuis le règne de Tarquinus Superbus, il y avait 450 ans. Le 15 mars de l'an 44 av. J.-C. (les Ides de mars), une foule de Sénateurs entoura César dans le Hall du Sénat et le poignarda plus de vingt fois.

 

Les conspirateurs déclarèrent qu'ils avaient libéré Rome de la tyrannie des rois et restauré la liberté de la République. Le soutien populaire auquel ils s'attendaient ne s'est jamais matérialisé. Le citoyen romain moyen était dégoûté du Sénat, et avait été séduit par les plans de César pour la reformation et la réorganisation de l'Empire. Le règne du Sénat fut brisé au-delà de toute réparation. Un lieutenant de César, Marc Antoine, fit un discours public glorifiant César et maudissant ses meurtriers; Cassius et Brutus s'enfuirent vers l'Est pour échapper à la vengeance des partisans de César, et l'Empire entra dans une décennie de tourment.

 

Chapitre III: Héritier de César

 

 

 Après la mort de César, la République Romaine se retrouva dans une confusion indescriptible. Pour que la puissance de Rome puisse survivre, un successeur valable à César devait être trouvé, et vite. Il semblait que le bras droit de César, Marc Antoine, serait celui qui allait chausser les chaussures impériales. Antoine lui-même s'attendait à ce que César le désigne comme son héritier, et avait déjà réclamé sa part dans la fortune personnelle de César quand il s'était révélé que son héritier légal était son petit neveu et fils adoptif Gaius Octavius, alors âgé de 18 ans.

 

La perspective de ce jeune homme qui n'a pas encore été mis à l'épreuve et qui osait réclamer le pouvoir de César semblait ridicule -- à tout le monde sauf à Gaius Octavius. Le jeune homme étudiait à Apollonia quand il apprit la mort de César et son héritage.

Sa famille et d'autres personnes l'empressèrent de réclamer ce que César lui avait laissé, mais Octavius n'y avait jamais fait attention. Peu de temps après son arrivée à Rome, Octavius prit le nom de son père adoptif, en se nommant Gaius Julius Caesar. Selon la convention, il aurait dû ajouter "Octavianus" à la fin, mais Octavius ignorait cette coutume. Pour éviter la confusion, cependant, les historiens romains actuels se réfèrent à lui sous le nom de Octave. Les livres d'histoire ont ainsi baptisé le premier vrai empereur romain d'un nom qu'il n'avait jamais lui-même utilisé.

 

Le Second Triumvirat

Imperator Caesar Augustus

L'Empire d'Auguste

Gouvernement Provincial 

 

 

LE SECOND TRIUMVIRAT

 

 

 La première action d'Octave fut de tenter de réclamer les propriétés foncières de Marc Antoine, mais Antoine qui avait déjà dépensé beaucoup d'argent, l'ignorait. Intrépide, Octave vendit quelques-unes de ses propriétés pour disposer des liquidités, qu'il dépensa en intégrant les troupes de César. Il y détenait alors une position avantageuse par rapport à son rival; par loyauté envers leurs ancien chef, les Légions de César voulaient respecter les dernières volontés de celui-ci. Puisque César avait chois Octavius et non Marc Antoine, les soldats de César préféraient le jeune homme malgré son manque d'expérience dans le combat. Octave était également de façon surprenante, soutenu par le Sénat, qui le considérait moins menaçant que l'expérimenté Antoine. L'estimable corps allait même jusqu'à le nommer sénateur et à lui donner un consulat vacant, bien qu'il ait été trop jeune pour occuper ce poste. Le Sénat prévoyait sans nul doute de le manipuler comme une marionnette pour apaiser les masses. Mais Octave leur réservait d'autres plans.

 

Conscient de n'avoir pas réussi à s'imposer face à Marc Antoine, Octave proposa une solution nouvelle probablement inspirée par l'alliance de César avec Crassus et Pompée. Lui, Marc Antoine, et Lepidus (un autre supporter de César, chef des prêtres à Rome), régneraient ensemble sur l'Empire romain comme le Second Triumvirat, qui débuta en 43 av. J.-C. Antoine, qui avait possédait expérience et fortune, mais n'avait pas la légitimité d'Octave, accepta et Lepidus qui n'avait rien, était heureux de s'y joindre. La participation de Lepidus dans le Triumvirat était purement cérémonial ; le vrai pouvoir demeurait dans les mains d'Antoine et d'Octave. Le Sénat, qui n'avait que peu de marge de manoeuvre, accepta de donner au Triumvirat un statut légal pour une période de cinq ans, "pour la reconstitution de l'état". La première action des Triumvirs fut d'exécuter 300 sénateurs et 2.000 citoyens de rang inférieur. Aucun doute que Antoine et Octave voulaient éviter les erreurs de César en gardant ses ennemis en vie.

 

En 42 le Sénat vota l'attribution du statut de dieu de l'état à Julius Caesar, et donna au dictateur déifié le titre de "Jumlius Divus". Leur intention en faisant cela reste encore ambigu. Peut-être espéraient-ils gagner la faveur du Triumvirs et éviter d'éventuelles exécutions. Ils ont pu également pensé que cette action augmenterait le prestige d'Octave  (au dépend de celui d'Antoine) en lui octroyant le statut de fils d'un dieu. Octave bâtit rapidement un splendide temple et le dédia à son père adoptif.

 

Après s'être occupés de leurs ennemis à Rome, Octave et Antoine embarquèrent vers l'est avec une flotte de vaisseaux de guerre pour poursuivre les assassins de César. Ils attaquèrent les forces Cassius et Brutus deux fois à Philippi, et remportèrent à deux fois le combat ; après leur seconde défaite, les deux conspirateurs sauvèrent leur propre vie. Cette tâche importante réglée, Octave et Antoine retournèrent à Rome et passèrent trois ans à diriger l'Empire et à s'efforcer de renforcer leur positions politiques.

 

En 38 av. J.-C., le Triumvirat se rassembla à Brundisium pour renouer leur alliance. Cette fois, ils se partagèrent les terres romaines afin d'arranger des sphères d'autorité indépendantes. Octave prit l'Ouest, Antoine eut l'Est et Lepidus eut une petite partie de l'Afrique. L'Italie était censée rester neutre, mais comme Antoine voulait profiter les richesses d'Egypte et Lepidus politiquement inapte, le coeur de l'Empire était effectivement dans les mains d'Octave.

 

IMPERATOR CAESAR AUGUSTUS

 

 Tandis qu'Antoine gérait ses terres orientales (et avait une liaison avec Cléopâtre d'Egypte, maintenant Reine), Octave fit campagne pour gagner la faveur du Sénat et du peuple à Rome.  Pour renforcer ses liens avec l'aristocratie, il se maria à l'une des familles d'élites de Rome. Pour plaire au peuple, il dépensa de considérables sommes d'argent dans l'organisation de jeux publics, la construction d'infrastructures et le mécénat de l'art. Le temps passant, les relations entre Antoine et Octave devinrent tendues; il était clair que ni l'un ni l'autre ne voulait abandonner la moitié de l'Empire.

 

L'an 33 av. J.-C. passa sans qu'il n'y eut de traité renouant le Triumvirat; bien qu'Antoine déclarait toujours agir au nom de l'alliance, Octave avait abandonné les faux-semblants. Il avait déjà douze années d'expérience politique et militaire derrière lui, avec un solide réseau de supporters politiques aussi bien dans les milieux aisés que modestes, et maîtrisait parfaitement les Légions de César. L'heure de réclamer son héritage était arrivée. Octave commença à discréditer Marc Antoine à Rome, déclarant qu'Antoine conspirait avec la Reine Cléopâtre pour donner à celle-ci les territoires romains outre-mer. Antoine n'arrangea pas les choses en divorçant de sa femme romaine (qui se trouvait être la soeur d'Octave) pour se marier avec Cléopâtre. Cela donna une excuse à Octave pour déclarer la guerre à Marc Antoine et Cléopâtre.

 

Les deux belligérants s'affrontèrent la même année à la bataille d'Actium. Les forces d'Octave étaient habilement dirigées par un de ses camarades d'école Marcus Agrippa, et une grande partie de la flotte d'Antoine  fut coulée. Antoine et Cléopâtre retournèrent en Egypte et se suicidèrent. Octave se dirigea en Egypte, exécuta le fils de Cléopâtre, Césarion (dont le père était, selon elle, Julius Caesar), et fit de l'Egypte une province romaine administrée par lui-même. Le vaste trésor de Cléopâtre servit à payer les vétérans d'Octave.

 

A partir de ce moment-là, Octave était devenu le gouvernant suprême de Rome et de son Empire. Il n'y eut aucune cérémonie célébrant son accession au pouvoir suprême, ni d'agitations importants à Rome ni ailleurs. Il était acquis qu'Octave fut in charge, et personne ne contredirait ce fait. La base légale de son règne reposait sur une série de consulats annuels de 31 av. J.-C. à 23 av. J.-C. En 27 av. J.-C., les plébéiens l'élirent en tant que Tribun à Vie; par tradition, cette date marqua le début de son règne. Pour commémorer son nouveau statut, Octave changea sont nom en "Imperator Caesar Augustus", ce qui signifie "César, le dictateur magnifique". C'est partir de là que Octave acquit son autre nom historique "Auguste". Pour Octave, c'étaient juste des noms, bien que prestigieux; pour ceux qui le suivirent, c'étaient de véritables titres de pouvoir.

 

L'EMPIRE D'AUGUSTE

 

"J'ai trouvé en Rome une cité de briques, et j'en ai fait une cité de marbre "aimait à déclarer Auguste à la fin de son règne. C'était loin d'être faux; sous le règne d'Octave, la ville et l'Empire trouvèrent une stabilité et une prospérité qu'elles n'avaient pas vues depuis des siècles. Le titre officiel d'Octave était "princeps", ce qui signifie "premier citoyen" et le style de gouvernement qu'il inventa était désigné par le terme de Principat. Il dura pendant près de deux cents ans sans subir de changement majeur.

 

Les contributions d'Octave à la santé et à la gloire de Rome étaient innombrables. Il fit des coupes dans les dépenses en réduisant les Légions de 60 à 28, tout en améliorant l'efficacité des 28 restantes en les transformant en une force permanente de soldats professionnels. Il créa les Gardes Prétoriens, une garnison d'élite pour Rome elle-même, et rebâtit et modernisa la flotte de Rome. A Rome même, il élagua le bois mort du Sénat, le réduisant de plus de 1.000 membres à 600 cents; donna à Rome ses premiers départements de pompiers et de police; créa une distribution de graines aux pauvres de la Cité; mit en place une pension pour les militaires vétérans; ordonna un recensement régulier afin de faciliter l'administration de la Cité; et sponsorisa artistes, écrivains et historiens, parmi lesquels Livy et Virgile. Il accumula les honneurs et les titres par dizaines, dont son préféré était la consécration "pater patriae", le père de son pays. Le huitième mois du calendrier romain fut renommé en son honneur.

 

Octave promut également une réorganisation sociale. Pendant les dernières années de la République, une classe moyenne avait surgit à Rome et ailleurs. Ces hommes, que l'on appelle les "equites", ce qui signifie cavaliers, étaient des hommes riches de naissance plébéienne qui avaient réussi. avant Auguste, leur origine sociale leur interdisait le gouvernement, mais Auguste ouvrit de nombreux postes civils destinés à cette petite aristocratie, et son administration bénéficia grandement de leur énergie. Ils formèrent le coeur du service civil impérial, indispensable à la bonne gestion du vaste Empire. Au lieu de séparer les patriciens et les plébéiens comme dans les débuts de la République, le Principat reconnaissait maintenant cinq classes d'hommes. Les patriciens dominaient toujours, suivis des equites, puis des plébéiens ordinaires. Ces trois classes possédaient toutes trois la citoyenneté romaine. En dessous d'eux, on trouvait les non citoyens : les Affranchis, qui étaient composés aussi bien d'anciens esclaves que des immigrés étrangers, et les esclaves au bas de l'échelle. Un Affranchi n'avait pas droit à la citoyenneté, mais ses enfants pouvaient revendiquer ce statut.

 

L'Empire s'étendit et prospéra au delà des frontières sous le règne d'Octave. Le Princeps fut un grand bâtisseur de routes, améliorant et étendant le réseau d'autoroutes de l'Empire dans toutes les directions. Cela permit aux troupes de se déplacer plus rapidement. Bien que cela semble être un paradoxe, le règne d'Auguste est célèbre aussi pour sa paix que pour l'une des époques les plus guerrières de l'histoire romaine. Cette contradiction dépend de la perspective envisagée; tandis qu'Auguste menait de nombreuses guerres hors de Rome pour gagner et maintenir des frontières défensives solides pour l'Empire, les citoyens qui se trouvaient en son sein connaissaient une paix et un ordre qui allèrent bientôt faire défaut.

 

Auguste ajouta plusieurs nouvelles provinces au territoire romain et réorganisa celles qui existaient déjà. Il annexa la Judée et de l'Afrique du Nord où il créa les provinces de Numidie et de Mauritanie; divisa la Gaule en quatre provinces : Gaule Narbonaise, Aquitaine, Belgique, et Lugdunaise; et partagea l'Espagne en Baetica, Lusitania, et Tarraconensis. Il poussa jusqu'en Allemagne, mais la résistance féroce des tribus germaniques l'empêcha de prendre possession de ces régions. Dans les régions particulièrement sensibles, il établit des royaumes plutôt que des provinces. Ces terres étaient dirigées, administrées et défendues par les notables locaux, qui comprenaient qu'ils ne gardaient leur indépendance que grâce au bon vouloir de Rome. De cette façon, Rome pouvait tirer des tributs de ces terres et contrôler leurs politiques extérieurs sans avoir à se soucier de les administrer ou de les défendre.

 

GOUVERNEMENT PROVINCIAL

 

Auguste étendit considérablement le nombre de provinces dans l'Empire romain et révisa leur système de gestion. Au temps de la République, quand les provinces étaient peu nombreuses, chacune d'elles était gouvernée par un prêteur. Maintenant que leur nombre avait augmenté, le total des prêteurs avait cru en conséquence, et le Sénat n'appréciait pas cette notion; puisqu'un prêteur était la première étape sur l'échelle politique, la création de postes de prêteurs engendrait une concurrence plus rude et apportait du sang neuf au gouvernement. En conséquence, le poste de proconsul a été créé spécialement à l'intention des gouverneurs provinciaux. Comme les consuls de Rome, les proconsuls détenaient l'autorité suprême sur leur région d'influence, mais le préfixe indiquait que ce n'était pas de "vrais" consuls.

 

Chaque fois qu'une province était créée, le Sénat éditait une charte. Ce document indiquait le statut légal des communautés dans la province, définissait ses frontières, fixait le niveau de taxes, et listait les coutumes et les lois locales que les Romains acceptaient de respecter. Les chartes avaient tendance à être généreux, limitant l'administration au minimum. Les Romains ne se souciaient vraiment pas des usages que les natifs suivaient, du moment que ceux-ci payaient leur tribut à Rome et obéissaient au Sénat. Malheureusement, le gouverneur provincial pouvait, et il ne s'en privait pas, de violer la charte provinciale quand cela l'arrangeait, sans crainte d'être censuré ou réprimandé par le Sénat Le gouverneur était souvent libre d'interpréter les termes délibérément vagues de la charte dans le sens qu'il voulait. La seule protection dont disposaient les habitants à l'égard de leur gouverneur était le propre sens de l'honneur de celui-ci. Et c'était un rempart bien peu solide qui échouait souvent face aux intérêts financiers et ambitieux du gouverneur.

 

Les gouverneurs étaient censés exécuter les voeux de la République, bien que le Sénat ne disposait d'aucun moyen de pressions. Les gouverneurs dirigeaient habituellement leur province comme un petit royaume, et envahissait même parfois les provinces des gouverneurs voisins. Ce manque de contrôle était à la fois un symptôme et un facteur de la chute de la République. Octave mit rapidement un terme à ces excès provinciaux. Il était assez intelligent pour réaliser qu'une province paisible produisait plus de revenus et demeurait suffisamment autonome financièrement. Le meilleur moyen d'encourager la paix dans les provinces était de placer des hommes loyaux et compétents, et de permettre aux provinciaux de se gouverner eux-mêmes dans tous les domaines.

 

Octave divisa les provinces en deux catégories : les sénatoriales et les impériales. Les gouverneurs des provinces sénatoriales étaient choisis par le Sénat. Ils restaient en poste pendant une seule année et n'étaient pas autorisé à diriger des troupes romaines. Il s'agissait généralement des provinces les plus paisibles. Les gouverneurs des provinces impériales étaient désignés par l'Empereur et lui rendaient directement des comptes. Ils restaient en poste aussi longtemps que l'Empereur le leur permettaient, et pouvaient diriger des troupes. L'Empereur gardait un contrôle personnel sur les provinces sensibles, celles situées à des points stratégiques, et celles qui étaient exceptionnelles pour une raison ou pour une autre -- l'Egypte a toujours ainsi été une province impériale car ses richesses allaient directement dans les caisses de l'Empereur.

 

Publié dans histoirefr

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clovis simard 21/10/2012 03:53


Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.20 - THÉORÈME la CHUTE. - La fin de l'Empire Romain.