Dimanche 22 mai 7 22 /05 /Mai 00:00

 

 

« L’obligation où est la femme de suivre son mari est générale et absolue. »(Napoléon)

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

 

         Les aventures de Napoléon ont elles modifiées la destinée de la France ?

 

P

our comprendre cela il importe de voir Napoléon en présence de la femme.

La nature a attaché à la perpétuation de l’espèce, fonction essentielle du mâle, toute une série de sensations qui l’entraînent, l’obligent, le subjuguent, auxquelles la plupart des actes de son existence sont subordonnés. Chez l’homme, ces sensations ne sont ni moins actives ni moins violentes; elles lui fournissent la plupart de ses sentiments, engendrent un grand nombre de ses idées, déterminent les manifestations les plus vives de son caractère.

Même lorsque l’homme est Napoléon, même lorsque la femme semble jouer dans sa vie un rôle médiocre, il est indispensable de savoir quelle influence on exercée sur la direction de sa pensée les idées inspirées par la vue et la conversation de la femme, par la cohabitation avec elle.

L’amour « ou ce qu’on appelle ainsi » est au fond de la plupart des événements qui ont le plus profondément troublé les destinées des nations.

Le récit d’une liaison de Napoléon en apprend plus, à mon avis, sur son caractère, que la narration d’une guerre ou d’une négociation.

Qui peut soutenir que l’on sait le moral d’un homme si l’on ignore comment il se comporte à l’égard de la femme et quelle place il lui accorde dans sa vie ?


 

 

 

 

 

 

 

 

LES FEMMES DANS LA VIE DE NAPOLEON 1er

 

 

 

 

 

 

« L’adultère n’est pas un phénomène. C’est une affaire de canapé. Il est très commun ». (Napoléon)

 


I LA JEUNESSE

 

 

UNE AVENTURE AU PALAIS ROYAL

Jeudi 22 novembre 1787, à
Paris, Hôtel de Cherbourg,
rue du Four St Honoré

 

J

E sortais des Italiens et me promenais à grands pas sur les allées du Palais Royal. Mon âme, agitée par les sentiments vigoureux qui la caractérisent, me faisait supporter le froid avec indifférence ; mais, l'imagination refroidie, je sentis les rigueurs de la saison et gagnai les galeries. J'étais sur le seuil de ces portes de fer quand mes regards errèrent sur une personne du sexe. L'heure, la taille, sa grande jeunesse ne me firent pas douter qu'elle ne fût une fille. Je la regardais : elle s'arrêta non pas avec cet air grenadier des autres, mais un air convenant parfaitement à l'allure de sa personne. Ce rapport me frappa. Sa timidité m'encouragea et je lui parlai... Je lui parlai, moi qui, pénétré plus que personne de l'odieux de son état, me suis toujours cru souillé par un seul regard... Mais son teint pâle, son physique faible, son organe doux, ne me firent pas un moment en suspens. Ou c'est, me dis-je, une personnne qui me sera utile à l'observation que je veux faire, ou elle n'est qu'une bûche.

 

« Vous aurez bien froid, lui dis-je, comment pouvez-vous vous résoudre à passer dans les allées ?

- Ah ! monsieur, l'espoir m'anime. Il faut terminer ma soirée.

L'indifférence avec laquelle elle prononça ces mots, le flegmatique de cette réponse me gagna et je passai avec elle.

- Vous avez l'air d'une constitution bien faible. Je suis étonné que vous ne soyez pas fatiguée du métier.

- Ah ! dame, monsieur, il faut bien faire quelque chose.

- Cela peut-être, mais n'y a-t-il pas de métier plus propre à votre santé ?

- Non, monsieur, il faut vivre.

Je fus enchanté, je vis qu'elle me répondait au moins, succès qui n'avait pas couronné toutes les tentatives que j'avais faites.

- Il faut que vous soyez de quelques pays septentrionaux, car vous bravez le froid.

- Je suis de Nantes en Bretagne.

- Je connais ce pays-là... Il faut, mademoiselle, que vous me fassiez le plaisir de me raconter la perte de votre p...

- C'est un officier qui me l'a pris.

- En êtes-vous fâchée ?

- Oh ! oui, je vous en réponds. (Sa voix prenait une saveur, une onction que je n'avais pas encore remarquée). Je vous en réponds. Ma soeur est bien établie actuellement. Pourquoi ne l'eus-je pas été ?

- Comment êtes-vous venue à Paris ?

- L'officier qui m'avilit, que je déteste, m'abandonna. Il fallut fuir l'indignation d'une mère. Un second se présenta, me conduisit à Paris, m'abandonna, et un troisième avec lequel je viens de vivre trois ans, lui a succédé. Quoique Français, ses affaires l'ont appelé à Londres et il y est. Allons chez vous.

- Mais qu'y ferons-nous ?

- Allons, nous nous chaufferons et vous assouvirez votre plaisir. »

 

J'étais bien loin de devenir scrupuleux, je l'avais agacée pour qu'elle ne se sauvât point quand elle serait pressée par le raisonnement que je lui préparais en contrefaisant une honnêteté que je voulais lui prouver ne pas avoir...

 

Le jour qu’il écrit ce récit, Napoléon Bonaparte a dix-huit ans et trois mois, étant né le 15 août 1769.

L’on a le droit de croire que c’est là la première femme à laquelle il se soit adressé, et, en repassant très rapidement l’histoire de son enfance, on trouvera sans doute que les motifs de conviction sont suffisants.

Il est parti d’Ajaccio pour la France le 15 décembre 1778, à l’âge de neuf ans et demi. Les souvenirs féminins qu’il a emportés de son île sont ceux de sa nourrice, Camilla Carbone, de ses vieilles bonnes et d’une petite compagne d’école, la Giacominetta, dont il parlera souvent à Sainte-Hélène. Il a plus tard comblé de biens sa nourrice, la fille de cette nourrice, Mme Tavera, et sa

petite-fille, Mme Poli, à laquelle il avait lui-même donné au baptême le nom de Faustine.

Des deux bonnes qui l’ont élevé, l’une, Saveria, est restée jusqu’à son dernier jour auprès de Mme Bonaparte ; l’autre, Mammuccia Caterina, était morte bien avant l’empire, ainsi que cette Giacominetta, pour laquelle Napoléon enfant avait essuyé tant de nasardes.

Au collège d’Autun ou il séjourne du 1er janvier au 12 mai 1779 ; au collège de Brienne, ou il demeure de mai 1779 au 14 octobre 1784 ; à l’Ecole militaire de Paris, ou il passe année, du 22 octobre 1784 au 30 octobre 1785, nulle femme.

Une aventure antérieure à celle du 22 novembre 1787 ne pourrait donc se placer qu’entre sa sortie de l’Ecole militaire et son retour à Paris ; mais si Napoléon Bonaparte est parti pour un séjour à Valence le 30 octobre 1785 ce n’est pas là qu’il s’est émancipé car il s’y est montré très timide, un peu mélancolique, fort occupé de lectures et d’écritures


         Mais avec Caroline du Colombier, Napoléon a peut-être quelque vague idée de mariage, quoiqu’il ait dix-sept ans à peine et qu’elle soit bien plus âgée.

Mais, s’il eût du goût pour elle, si elle en montra pour lui, la cour qu’il lui fit fut de tous points chaste et réservée, un peu enfantine, tout à la Rousseau.

Caroline du Colombier ne tarda pas à épouser M. Garempel de Bressieux, ancien officier, qui l’emmena habiter un château près de Lyon.

Près de vingt ans après, à la fin de l’an XII, Napoléon, qui ne l’avait point revu, reçut au camp de Boulogne une lettre ou elle lui recommandait son frère. Il répondit courrier par courrier et, avec l’assurance qu’il saisirait la première occasion d’être utile à M. du Colombier.

Tout ce qu’elle demanda, elle l’obtint : une place pour son mari, une lieutenance pour son frère. En 1808, il fit nommer Caroline du Colombier Dame pour accompagner Madame Mère, charge M. de Bressieux de présider le collège électoral de l’Isère, le fait, en 1810, baron de l’Empire .

         Presque avec certitude on peut conclure que cette fille du Palais-Royal est la première qu’il ait connue. L’aventure, pour vulgaire qu’elle est, n’en est pas moins révélatrice de son caractère. Il y a là sans misogynie, son esprit critique, ses brusques affirmations, cette méthode d'interrogation à laquelle il ne renoncera jamais, sa mémoire aussi, car de cette fille il a reproduit d’une façon frappante les phrases, les mots, jusqu’aux exclamations. La revit-il jamais, c’est douteux.

Ainsi, les amours de jeunesse de Napoléon se réduisent à des flirts sans conséquence ou à de banales aventures. Les femmes ne pensent guère à ce petit officier tout maigre, tout pâle, mal vêtu et qui n’a nul soin de son ajustement. Lui-même n’y songe point, tout occupé qu’il est de s’avancer. A sa chasteté une autre et bonne raison, il est pauvre, et c’est pourquoi, comme font les pauvres, il aspire à se marier.


II PROJETS DE MARIAGE

 


« Oh ! mon ami, prends soin de tes jours pour conserver ceux de ton Eugénie, qui ne saurait vivre sans toi. Tiens-moi aussi bien le serment que tu m’as fait, comme je tiendrai celui que je t’ai fait. » (Désirée-Eugénie Clary)

 

C

es lettres vraiment tendres, et d’une tendresse non apprise, ces lettres d’Eugénie, car, à la mode du temps, la jeune fille qu’on nommait Désirée dans sa famille avait voulu comme se rebaptiser pour son amant. On a retrouvées ces lettres en brouillons, soixante-cinq ans plus tard, dans les papiers de celle qui les avait écrites et conservées comme des reliques.

Au début 1794, Désirée Clary, fille d’un négociant marseillais, fait la rencontre de Bonaparte, promu inspecteur général des côtes après le siège de Toulon. Les deux jeunes gens se fiancent le 21 avril 1795, malgré les réticences de la famille Clary : «J’ai déjà bien assez d’un Buonaparte dans ma famille !» s’exclame la mère de Désirée. En effet, Julie, la sœur de Désirée, est déjà mariée avec Joseph Bonaparte.

Bonaparte, parti pour Paris après les fiançailles, entend précipiter le mariage et obtenir le consentement immédiat des parents de Désirée. Sa rencontre avec Joséphine de Beauharnais (qu’il épouse le 8 mars 1796) met un terme aux fiançailles.

Ce fut pour Napoléon, comme un remords, le souvenir de cet amour qu’il avait inspiré plus sans doute qu’il ne l’avait ressentie, il s’était insensiblement laissé conduire à un projet d’ambition, et enfin, sans y penser, il avait brisé ce cœur de jeune fille. Il semble que toute sa vie il ait pensé à racheter, à se faire pardonner cet abandon.

Après plusieurs mariages refusés, Désirée consent à épouser le général Bernadotte. Du Caire, ou il apprend ce mariage qui n’est point pour lui plaire car Bernadotte a été et est pour lui un ennemi, Napoléon, souhaite bonheur à Désirée : « Elle le mérite. ».

Désirée désire qu’il serve de parrain au fils qu’elle vient de mettre au monde. Un fils ! Ce  fils qui manquera à ses destinées, qui déjà y manque tellement, Désirée, comme par une vengeance contre celle qu’elle appelle la Vieille, contre Joséphine qu’elle hait, s’en pare devant lui, et lui, faisant contre mauvaise fortune bon jeu, accepte le parrainage.


III JOSEPHINE DE BEAUHARNAIS

 

Je me réveille plein de toi. Ton portrais et le souvenir de l'énivrante soirée d'hiers n'ont point laissé de repos à mes sens. Douce et incomparable Joséphine, quelle effet bizzare faite vous sur mon coeur

(Napoléon)

 

V

ers la fin vendémiaire an VI (octobre 1795) Napoléon Bonaparte vient de sortir de l’ombre : son nom, inconnu hier, ce nom que sait à peine Barras, qui l’écrit Buona-Parte, le canon qui a écrasé les sections rebelles à la Convention l’a jeté en volée à toute la France.

Général en chef de l’Armée de l’Intèrieur, il ordonne le désarmement des Parisiens : un jeune garçon se présente au quartier général pour obtenir de conserver l’épée de son père. Bonaparte voit l’enfant, s’intéresse à lui, lui accorde sa demande. Visite de remerciement de la mère, une vicomtesse, la veuve d’un président de la Constituante, d’un général en chef de l’armée du Rhin ; pour la première fois, le provincial de vingt-six ans qui arrive des armées révolutionnaires, se trouve en présence d’un de ces êtres désirables, élégants et rares, qu’il n’a entrevus que de très loin et du parterre : il s’y trouve en la posture qui convient à son orgueil, celle de la protection, et ce rôle ou il s’essaie pour la première fois lui plaît à miracle.

Les dettes de Joséphine s’accumulent. Sans doute, avec son admirable insouciance de créole, elle ne sait pas ou ne veut pas compter, elle espère on ne sait quel miracle qui la tirera d’affaire. Le crédit s’épuise et l’âge grandit.

Quelle carte lui reste-t-il à jouer ?

         A ce moment, pour rendre la visite qu’il a reçue de la vicomtesse de Beauharnais, le général Bonaparte sonne à la porte cochère de l’hôtel de la rue Chanterine. Joséphine toute pomponnée sort de l’appartement, s’empresse pour faire accueil à ce visiteur qu’amène la fortune.

         Elle le sent bien qu’il est pris, qu’il lui appartient, et quand il revient le lendemain, le surlendemain, puis tous les jours, quand il voit autour de Mme de Beauharnais des grands seigneurs par rapport à lui, un Ségur, un Montesquiou, un Caulaincourt, qui le traitent en amie, en égale, un peu en camarade, ces hommes qui ont fait son avancement, il éprouve une satisfaction infinie à se trouver en telle compagnie.

         Le mariage a lieu le 19 ventôse an IV (9 mars 1796) devant l’officier de l’état civil, qui, complaisamment, donne au marié vingt-huit ans au lieu de vingt-six et à la mariée vingt-neuf ans au lieu de trente-deux.

         Deux jours après le général Bonaparte est seul en route pour l’Armée d’Italie. Mme Bonaparte reste rue Chante-reine. Heureusement, on avait pris des avances sur la lune de miel !


IV LA CITOYENNE BONAPARTE

 

Tu m'as aimé par un léger caprice ; tu sens déjà combien il serait ridicule qu'il arrête ton coeur. Il me paraît que tu as fait ton choix et que tu sais à qui t'adresser pour me remplacer. Je te souhaite bonheur, si l'inconstance peut en obtenir ; je ne dis pas la perfidie... Tu n'as jamais aimé... (Napoléon)

 

P

our Joséphine, en quinze jours de ce mois d’avril 1796, six victoires, vingt et un drapeaux pris, le Piémont contraint à capituler.

Que fait-elle donc qu’elle ne vienne pas ? C’est que, en vérité, courir les champs avec ces soldats n’a rien qui la séduise. Comme il vaut bien mieux jouir à Paris du mal qu’ils se donnent, et comme c’est bon d’être enfin parvenue à être comptée parmi les élégantes suprêmes, les reines du Paris nouveau !

A présent Napoléon lui a envoyé ses procurations, et d’ailleurs qui refuserait crédit à la femme du général en chef de l’Armée d’Italie ? Elle est de toutes les fêtes, de toute les réceptions.

         Napoléon attend, espère, enrage, lui que torturent la jalousie, l’inquiétude, le désir, écrit lettre sur lettre, expédie courrier sur courrier.

Il faut bien pourtant pour Joséphine inventer un prétexte, qu’inventer ?

Une maladie qu’occasionne un commencement de grossesse !

         Napoléon n’y peut tenir ; il menace, si sa femme n’arrive point, de donner sa démission, de tout abandonner, de revenir lui-même. Joséphine comprend que c’est fini des prétextes ; que celui de la grossesse, le meilleur, celui qui touche au vif Napoléon, s’est évanoui (si même il y a jamais eu un semblant d’apparence ; que celui de la maladie ne peut prendre Joseph Bonaparte pour dupe, puisqu’elle a continué ses sorties et qu’elle en a fort bien supporté les plaisirs.)

         Il faut donc partir, et, désespérée, toute fondue en larmes, elle monte en voiture avec son chien Fortuné, Joseph, Junot, et surtout avec le citoyen Hippolyte Charles, adjoint à l’adjudant général Leclerc.

         Le 8 juillet (20 messidor) la voiturée n’est pas encore à Milan, mais elle y touche, et Bonaparte, obligé d’aller faire face à l’armée de Wursmer, supplie Joséphine de le joindre à Vérone. Elle l’attend pourtant à Milan, ou il accourt : deux jours d’effusion, d’amour, de caresses passionnées. Puis, tout de suite, c’est la grande crise de Castiglione. Jamais situation plus grave. Il ne s’agit même pas de savoir si on évitera la défaite, mais si l’on échappera à la destruction.


         M. Charles Hippolyte qui est venu de Paris avec Joséphine est resté à Milan, et chaque fois que Napoléon s’absente du palais Serbelloni, M. Charles y rentre. De plus il est le lien entre Joséphine, qui a toujours besoin d’argent, et les fournisseurs qui s’imaginent avoir besoin de Joséphine. Mais voici que Bonaparte a des soupçons, Hippolyte est arrêté et retourne à Paris.

 

Hormis Paris, tout ennuie Joséphine. Et pourtant, voici que Bonaparte part, pour Paris, et elle ne l’accompagne pas. A elle, il a pris fantaisie d’aller à Rome (du moins l’a-t-elle dit) et elle ne rentre que huit jours après son mari rue Chantereine (rue de la Victoire) dans cet hôtel ou elle vient, par correspondance, de jeter 120 000 francs de mobilier

Bien que, alors, chez Napoléon, l’amour ne soit plus en cette furie de passion des premiers jours, sa femme est encore la seule femme qu’il aime.


V MADAME WALESKA

 

« Je n’ai vu que vous, je n’ai admiré que vous, je ne désire que vous. Une réponse bien prompte pour calmer l’impatiente ardeur de N »

 

S

ous l’empire l’attachement de Napoléon envers Joséphine diminue considérablement du fait du souvenir de ces infidélités et de l’absence d’un héritier. Napoléon n’hésite donc plus à la tromper.

 

     Poursuivant les débris de l’armée prussienne écrasée le 14 octobre 1806 à IENA et à AUERSTEDT, Les troupes françaises entrèrent fin novembre sur le territoire acquis depuis les partages de la Pologne(1772, 1793 et 1795) par la Prusse.

 

     On a beaucoup de mal à deviner la personne qui arrangea la liaison de Napoléon avec la belle Polonaise Mme de Walewska. Pour Mme de Rémusat c’était Murat qui « reçut l’ordre de chercher pour l’Empereur, qui allait arriver, une femme jeune et jolie, et de la prendre de préférence dans la noblesse ». Mme Potoka y voit la main de Talleyrand qui « avait étendu les attentions [de Napoléon] jusqu’au point de ménager cette première entrevue et d’aplanir les difficultés préliminaires. Napoléon ayant manifesté le désir de compter une Polonaise au nombre de ses conquêtes, elle fut choisie telle qu’il la fallait, délicieuse de figure et nulle d’esprit ». Le prince Paniatowski et le général Duroc étaient également cités parmi les complices. Quoi qu’il en fût, une rencontre eut lieu le 17 janvier, au cours d’un bal donné par Talleyrand ou « l’Empereur dansa une contredanse qui servit de prétexte à sa liaison avec Mme de Walewska ». Suivirent les invitations insistantes au château royal de la part de l’Empereur fasciné par la belle Polonaise et le refus de l’intéressée. C’est à ce moment que les politiciens varsoviens (et son mari ?) firent pression sur la jeune femme pour qu’elle cédât aux désirs de Napoléon et le gagnât ainsi à la cause nationale. Si les Mémoires de Constant parlent de la capitulation accompagnée des larmes d’une dame dépassée par les événements, Marie Walewska suggère presque un viol. Mais elle revint encore pour quelques nuits au château. Ainsi, l’affaire a commencé ou elle aurait dû normalement se terminer. L’indignation de Mme de Potocka qu’une personne admise à la haute société varsovienne « eût montré autant de facilité et se fût aussi peu défendue que la forteresse d’Ulm » n’est qu’une hypocrisie, sa résistance ayant été brisée sous la pression des ‘patriotes biens nés’. Et beaucoup de dames eussent volontairement pris sa place auprès de l’homme le plus remarquable de l’époque.

 


     La grossesse de Marie devint un fait politique de premier ordre. L’Empereur, ayant déjà soupçonné qu’il pouvait procréer après la naissance (en 1806) de Charles Léon, le fils d’Eléonore Denuelle de la Plaigne, y gagna la certitude et le dernier argument pour se séparer de Joséphine.

 

     Avant la campagne de Russie, le 5 mai 1812, l’Empereur institua à leur fils Alexandre-Florian-Joseph Colonna Walewski, né le 4 mai 1810 un majorat situé dans le royaume de Naples, de 170 000 francs de rente, avec le titre de comte. En janvier 1814, incertain de l’attitude de Murat, il fit établir un nouveau majorat de 50 000 francs de rente sur les canaux, et lui fit acheter, pour 137 500 francs, un hôtel, 48 rue de la Victoire, avec Marie comme usufruitière.

 

Si la légende napoléonienne ajoute au nom de Marie Walewska des mots comme ‘fidélité’ ou ‘désintéressement’, son comportement à l’époque des défaites y est pour beaucoup. Ayant en vain essayé d’être reçue par l’Empereur après l’abdication à Fontainebleau en avril, elle réussit à le rejoindre, le 1er septembre 1814, à l’île d’Elbe. Les deux jours passés à l’ermitage de la Madona ne devaient pas être très heureux, vu la crainte de Napoléon de donner prétexte à Marie-Louise, dont il ignorait l’inconduite, pour ne pas le rejoindre. Marie et Napoléon se revirent encore après Waterloo, à Malmaison. Ils purent s’entretenir sur le futur de leur fils. La belle Polonaise était parmi les derniers fidèles qui, le 29 juin 1815, virent Napoléon partir du palais vers Sainte-Hélène.


VI MARIE-LOUISE

 

«  Mon cher, épousez une Allemande. Ce sont les meilleures femmes du monde, douces, bonnes, naïve et fraîches comme des roses. » (Napoléon)

 

E

n 1809, Napoléon envahit l’Autriche et occupe Vienne. L’Empereur François 1er d’Autriche, à nouveau vaincu, doit évacuer sa capitale. Il laisse derrière lui sa fille aînée, Marie-Louise, trop malade pour être déplacée. Par une fenêtre, elle peut apercevoir la silhouette de celui qui deviendra son époux, quelques mois plus tard. Pourtant, à ce moment, elle partage le ressentiment de son père contre Napoléon qui dépèce peu à peu l’Autriche.

Après Wagram et la signature de la paix, Napoléon, qui a eu la preuve qu’il n’est pas stérile par la naissance d’un fils illégitime, cherche la femme qui lui donnera un héritier, de sang royal. Il arrête son choix sur deux princesses : la sœur du tsar Alexandre 1er ou Marie-Louise, qui appartient à l’une des plus anciennes familles d’Europe, les Habsbourg. Le tsar ne semble pas pressé de donner une réponse. En revanche, le prince de Schwarzenberg, attaché à la cour de Vienne, accélère les négociations. L’Autriche a peut-être en arrière-pensée qu’il vaut mieux s’allier un ennemi invincible sur le champ de bataille. L’empereur François 1er donne son consentement, subordonné à celui de sa fille.

 

     Marie-Louise accepte-t-elle de devenir épouse de Napoléon et Impératrice des Français ? Sa grande-tante, Marie-Antoinette a été Reine de ce peuple et a fini sur l’échafaud. Metternich l’interroge ; elle consent. Marie-Louise renonce solennellement à ses droits sur la succession impériale autrichienne. Le mariage religieux est célébré à Vienne le 11 mars 1810, sans que les époux n’aient pu encore se parler. Le lendemain, elle part rencontrer son mari. C’est le prince de Wagram - la dernière défaite de l’Autriche - autrement dit Berthier, qui est envoyé par l’Empereur pour la ramener vers sa nouvelle patrie.

 

 

     Les Français acceptent Marie-Louise, surtout lorsqu’ils apprennent qu’elle attend un enfant. Le 20 mars 1811, l’accouchement est difficile. Les vies de la mère et de l’enfant sont en danger : laquelle doit privilégier le médecin ? Napoléon choisit : la mère. Les deux sont finalement tirés d’affaire. Le peuple attend la canonnade qui annonce l’événement. 21 coups si c’est une fille, 101 coups, si c’est un garçon. Au 22ème coup, les vivats éclatent. Napoléon a un fils : Napoléon- François-Joseph-Charles, roi de Rome.

 


     En 1814, François 1er fait revenir sa fille, réfugiée à Blois, son petit-fils, qu’il rebaptise duc de Reichstadt, et accepte le principe de la Restauration des Bourbons. Marie-Louise demeure Impératrice des Français mais elle devient également duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. On la voit souvent en compagnie du comte de Neipperg. Elle écrit quelques lettres à Napoléon mais ne semble pas décidée à partager son exil à l’île d’Elbe.

Lorsque l’Empereur retrouve son trône en 1815, elle ne réapparait pas. L’année suivante, elle laisse son fils aux soins de son père, l’empereur François 1er, pour se rendre dans son duché de Parme.

 

     Le 5 mai 1821, elle est veuve. Quatre mois plus tard, elle épouse le comte de Neipperg, dont elle aura deux fils. En 1834, à nouveau veuve, elle se remarie avec le comte de Bombelles.


 

 

 

 

 

CONSEQUENCES DE LA VIE AMOUREUSE DE L’EMPEREUR

NAPOLEON 1er SUR LA NATION FRANCAISE

 

 

 

« Les Etats sont perdus quand les femmes gouvernent les affaires publiques. » (Napoléon)


 

 

 

 

 

 

AVANT-PROPOS

 

 

 

 

 

Publié dans : NAPOLEON
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