Mardi 24 mai 2005

Campagne de 1805 en Autriche. IIIème coalition

 

La France a signé avec la Grande-Bretagne la paix d’Amiens en 1802. Moins de vingt mois plus tard, la guerre reprend. Napoléon, devenu empereur des Français, concentre son armée sur la Manche, avec pour objectif d’envahir la Grande- Bretagne. Le camp de Boulogne regroupe l’ensemble de l’armée française.

 

La Grande-Bretagne se sent menacée. Son objectif est de ramener la France dans ses frontières de 1791. Le 10 avril 1805, Londres et Moscou signent la Convention de Saint-Pétersbourg. La IIIème coalition contre la France est née. L’Autriche se décide à entrer dans l’Alliance le 9 août, ainsi que le Royaume de Naples.

L’objectif de Napoléon est toujours d’envahir la Grande-Bretagne. Par manque de moyens et de conviction, il échoue.

Il se retourne alors vers l’Autriche. Le 25 août 1805, les premiers détachements français quittent Boulogne en direction de Vienne. Le 27 du même mois, ordre est donné à toute l’armée de prendre la direction de l’Est. Napoléon sait que le temps presse. Il demande à ses corps d’armée d’avancer au plus vite : le 3 septembre, la dernière division française a quitté le camp de Boulogne.

Napoléon dispose de 145000 fantassins, 38000 cavaliers et 340 canons répartis en sept corps d’armée, plus une réserve de cavalerie et la Garde impériale. Les Autrichiens sont prêts : ils vont avancer en Bavière afin de contraindre Napoléon à se battre ailleurs qu’en Autriche. Le général Mack, avec ses 70000 hommes attend les Français. Il est persuadé qu’ils vont renouveler leur attaque de 1800 : passer par la vallée du lac de Constance pour déboucher en Bavière par le Sud.

Il installe donc ses troupes à Ulm, pivot de la défense. Dans le même temps, l’archiduc Jean, avec 53000 hommes attaquera en Italie. Les Russes, sous Kutuzov, et une troisième armée autrichienne, commandée par Kienmayer, viendront à la rescousse.

Mais Napoléon a prévu ce dispositif défensif autrichien. Au lieu de passer par le lac de Constance, les Français font un large crochet et débouchent par le Nord. Le 30 septembre,  Mack se rend compte du piège français. Mais au lieu de se replier, il resserre son dispositif autour d’Ulm. Le 7 octobre, les Français franchissent le Danube à l’Est d’Ulm. Mack est encerclé dans Ulm. Le 8 octobre, une partie de l’armée autrichienne est battue à Wertingen par les corps de Lannes et de Murat. La route est coupée.

Napoléon prépare son dispositif : Soult, avec le IVème corps d’armée, couvrira le sud, Bernadotte (Ier corps) et Davout (IIIème corps), appuyés par les Bavarois, s’installent à l’Est afin de contrer une éventuelle arrivée des Russes. Enfin, Lannes (Vème corps), Ney (VIème corps), Marmont (IIème corps), la Garde impériale et la cavalerie de Murat sont chargés de prendre Ulm et de battre les Autrichiens de Mack. Ce dernier veut briser l’encerclement. Le 9 octobre, il décide d’envoyer ses forces vers le Nord afin de rejoindre la Bohême.

Le 11 octobre, les Autrichiens qui cherchaient à s’échapper sont battus à Haslach. Voyant que les Autrichiens veulent s’échapper, Napoléon donne l’ordre à Ney de s’emparer d’Elchingen, à 6 kilomètres d’Ulm. Le 14 octobre, Ney lance l’assaut et prend le pont d’Elchingen. L’archiduc Ferdinand parvient à s’échapper avec la cavalerie.

Napoléon lance Murat à sa poursuite. Mack, enfermé dans Ulm, doit capituler le 20 octobre avec les 27 000 soldats qui lui restent. En deux mois, la plus importante armée autrichienne a été anéantie. Le lendemain, 21 octobre, la plus grande flotte franco-espagnole est anéantie à Trafalgar.

Napoléon se lance à la poursuite des Austro- Russes. Kutuzov, apprenant la défaite d’Ulm, se replie. Il y a avec lui des unités autrichiennes et russes, ainsi que les débris de la cavalerie de Ferdinand, soit 36 000 hommes. Leur objectif est de marcher vers l’Est afin de rejoindre l’armée russe de Buxhödwen.

Napoléon envoie ses corps d’armées sur les deux rives du Danube. Lannes et Murat sont pressés d’arriver à Vienne. Ils brûlent les étapes sans se soucier du soutien qu’ils doivent apporter aux autres corps d’armées. Le 6 novembre, ils sont à Saint-Polten, dans la banlieue de Vienne. Mais le 11 novembre, le corps de Mortier, isolé sur la rive nord du Danube est attaqué par Kutuzov à Durrenstein. Mortier doit se replier sur la rive sud du Danube, tandis que Murat et Lannes atteignent Vienne et s’emparent des ponts sur le Danube.

Le 14 novembre, Vienne est prise. Murat poursuit vers le Nord et, le 15 novembre, attaque vers le Nord. Le général russe Winzingerode envoie un parlementaire pour négocier avec Murat. Le maréchal français envoie un message à Napoléon pour lui expliquer la situation. Le 16 novembre, les Russes se sont repliés. En fait, les Russes ont trompé Murat afin de gagner du temps et de remonter vers le Nord afin de rejoindre les forces de Kutuzov. Le piège tendu par Napoléon pour coincer les Russes a échoué.

Les Russes se regroupent vers le Nord. Alexandre 1er et François II d’Autriche rallient l’armée. Les Austro-Russes sont maintenant 86 000 hommes. Napoléon remonte vers le Nord. Ses lignes de communication sont tendues à l’extrême. Le ravitaillement lui parvient mal. Il lui faut une victoire décisive. Ce sera Austerlitz, le 2 décembre 1805.

 

La bataille d’Austerlitz

a) Napoléon a son plan. Mais il ne peut fonctionner que s’il réussit à le souffler lui-même aux oreilles des Russes, à les convaincre. Le principe : ne laisser sur son flanc droit que le minimum de troupes nécessaires pour attirer et contenir l’ennemi pendant quelques heures dans les villages de Tellnitz et Sokolnitz. La tentation est grande pour les Russes de venir se jeter de toutes leurs forces sur ce qu’ils prennent pour le flanc mou de l’armée française.  Le général Weirother ne résiste pas : ce qu’il propose à l’Empereur Alexandre est, à peu de choses près, ce que Napoléon souhaitait lui voir faire.

 

Le 1er Décembre au soir : L’Empereur des Français est tellement sûr de soi qu’il vient visiter ses troupes. Il leur explique comment ils vont gagner la bataille.

b) 2 décembre, 3 heures du matin.  Une partie du corps d’armée de Davout, dissimulée à une quinzaine de kilomètres d’Austerlitz, se met en marche vers ce qui doit être le champ de bataille. Les Russes ignorent son existence : le piège que leur a tendu Napoléon fonctionne.

c) 2 Décembre 7 heures du matin : deux avant-gardes russes descendues du Pratzen se présentent, l’une devant Tellnitz, l’autre devant Sokolnitz.  Les deux villages sont pris et repris. La bataille est violente. Les dernières forces Russes ont déjà quitté le Pratzen. Elles arrivent devant les deux villages pour achever, croient- elles, d’enfoncer l’aile droite française. Mais les renforts de Davout arrivent à temps.

d) 8 heures 30. Les divisions  de Soult - Vandamme et Saint-Hilaire - se mettent en marche, couvertes par un brouillard intense. Il leur faut vingt minutes pour occuper les hauteurs du Pratzen et de Stahré Vinorady.

 

Soudain, le soleil se lève, un soleil qui brille de façon éclatante. C’est inattendu pour la saison. Il dissipe le brouillard. Le général autrichien Kollowrath aperçoit la manœuvre. Sa colonne fait demi-tour pour contre-attaquer. Kutuzov est alerté.

e) 9 heures. Une première colonne russe reprend le chemin du Pratzen.  Mais les Français ont eu le temps d’installer leur artillerie sur le Stahré Vinorady. Les canons balaient les Russes qui montent à l’assaut, des Russes en plein désarroi : les ordres de Kutusof ne leur parviennent plus.  Chaque unité est abandonnée à elle-même. L’une des divisions qui attaquait Sokolnitz repart en direction du Pratzen.

f) 11 heures.  Napoléon l’avait bien compris : ce plateau, c’est la clé de la bataille. Si les Français l’occupent - et c’est fait - ils coupent l’armée de Kutusof en deux. Les Russes savent qu’ils ne le reprendront plus. Mais ils doivent tenir, le temps, pour leur général en chef, de regrouper ses troupes en pleine confusion.

Kutusof fait donner la garde.  Sans doute, la troupe la plus aguerrie d’Europe, la plus redoutable. Avec la garde impériale française. Qui, elle aussi, se met en marche. Jamais ces deux unités ne se sont affrontées. Les Russes montent à l’assaut du Pratzen au pas de course, à la baïonnette. La première ligne française fléchit. La seconde tient bon.

Sur le flanc gauche, Murat et Lannes, comme prévu, attaquent les troupes du général Bagration, les empêchent de monter au Pratzen, menacent d’encerclement toute l’aile droite de l’armée russe.

g) 11h30 : Napoléon s’est installé sur le Staré Vinhorady. Il dispose ses troupes au centre du plateau. La cavalerie de la Garde russe charge. Les français, déjà pris sous le feu meurtrier des canons russes, forment le carré. Une fois, deux, fois ils repoussent les Russes. Puis ils faiblissent.

Alors, la cavalerie de la garde impériale française, emmenée par Bessières, contre-attaque. La garde russe résiste aux chasseurs à cheval et aux Mamelouks. Napoléon regroupe ses cavaliers, leur adjoint les redoutables grenadiers à cheval, l’élite de l’élite. Cette fois, l’attaque russe sur le Pratzen est enrayée. Définitivement. Les divisions de Davout, à leur tour, débouchent des villages de Tellnitz et Sokolnitz où la bataille avait commencé. Ils se lancent à la poursuite de cette aile gauche russe qui devait enfoncer l’armée française.

Une partie de l’armée russe, dans sa fuite, tente de passer par les marais gelés. La glace se brise : près de 300 morts.

h) 16h30 . La bataille est terminée. Les Français sont vainqueurs. Les coalisés ont perdu 37.000 hommes, dont une vingtaine de généraux. Les Français, 8.000 hommes.

L’armistice est signé trois jours plus tard. Napoléon distribue quelque deux millions de francs or de récompense aux soldats vainqueurs.

Le 26 décembre,  la paix de Presbourg met fin à la Troisième coalition.

Carnet du capitaine Jean-Roch Coignet à Austerlitz :

1-      La veille au soir :

a - Le soir, l’empereur sortit encore de sa tente et monta à cheval pour parcourir les avant-postes.

b- Pour éclairer sa route, Brune et quelques grenadiers à cheval de son escorte portaient des torches allumées :  ce fut le signal d’une illumination générale.

c- Chacun prit, aux baraques, une poignée de paille dans sa main et l’alluma.

d - On vit bientôt brûler, sur tout le front de notre armée, d’innombrables lumières.

e- Puis, quand l’empereur passait, il était reçu par des acclamations frénétiques, la musique résonnait, les tambours battaient aux champs.

f- Du haut des montagnes de Pratzen, les Russes pouvaient entendre tous ces bruits et voir ces incroyables spectacles.

g- Ils pouvaient calculer le nombre et deviner l’enthousiasme de cette armée qui se préparait à leur souhaiter le bonjour dés le lendemain matin.

2-      L’attaque du Pratzen :

a- Nous montions tranquillement, au son des tambours et de la musique... qui battaient la charge à rompre les caisses.

b- Les tambours et la musique se mêlaient. C’était à entraîner un paralytique.

c- Arrivés sur le sommet du plateau, nous n’étions plus séparés des ennemis que par les débris des corps qui se battaient devant nous depuis le matin. Précisément, nous avions en face la garde impériale russe.

d- L’empereur nous fit arrêter et lança d’abord les Mamelouks et les chasseurs à cheval. Ces mamelouks étaient de merveilleux cavaliers. Ils faisaient de leur cheval ce qu’ils voulaient.

e- Avec leur sabre recourbé ils enlevaient une tête d’un seul coup et avec leurs étriers tranchants, ils coupaient les reins d’un soldat.

f- La garde impériale russe était composée d’hommes gigantesques qui se battaient en déterminés. Notre cavalerie finit par être ramenée.

g- Alors l’empereur lâcha les chevaux noirs, c’est à dire les grenadiers à cheval, commandés par le maréchal Bessières.

h- Ils passèrent à côté de nous comme l’éclair et fondirent sur l’ennemi.

i- Pendant un quart d’heure, ce fut une mêlée incroyable et ce quart d’heure nous parut un siècle. Nous ne pouvions rien distinguer dans la fumée et la poussière.

j- Nous avions peur de voir nos camarades sabrés à leur tour. Nous avancions lentement derrière eux. S’ils eussent été battus, c’était notre tour.

k- Mais la fumée et la poussière ne tardèrent pas à disparaître. De la garde russe, on ne voyait plus rien.

l- Les uns étaient couchés sur le champ de bataille. Les autres avaient disparu par je ne sais quelle issue.

m- Nos cavaliers revinrent, triomphants, se placer derrière l’empereur.

3-      La fin de la bataille.

a- Nous étions là, aux premières loges, regardant à nos pieds la défaite de l’armée russe et battant des mains de toutes nos forces.

b- Au milieu de ces circonstances solennelles, nous trouvâmes moyen de rire comme des enfants.

c- Un lièvre, qui se sauvait tout affolé de peur, arriva droit à nous.

d- Mon capitaine Renard, l’apercevant, s’élance pour le sabrer au passage, mais le lièvre fait un crochet.

e- Le capitaine persiste à le poursuivre, et le pauvre animal n’a que le temps de se réfugier, comme un lapin, dans un trou au milieu des broussailles.

f- Nous, qui assistions à cette chasse, nous criions tous à qui mieux mieux : « Le renard n’attrapera pas le lièvre! », « Le renard n’attrapera pas le lièvre! ».

g- Et, en effet, il ne put l’attraper. Aussi on se moqua de lui, et l’on rit d’autant plus que le capitaine était estimé et chéri de tous ses soldats.

h- Cependant, la bataille était finie. 

 

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Mardi 24 mai 2005

13.0 Ordre de bataille

 

 

l’Armée du Nord

 

Empereur Napoléon

 

Gauche Aile

Maréchal Ney

 

Garde Impériale

Général de Division Drouot

 

Division de Grenadiers

Général de Division Friant

Général de Division Roguet

1er (Garde Ancien) Grenadiers Régiment

Général de Brigade Petit

1er Bn./1er Grenadiers

2e Bn./1er Grenadiers

 

2e (Garde Ancien) Grenadiers Régiment

Général de Brigade Christiani

1er Bn./2e Grenadiers

2e Bn./2e Grenadiers

 

3e (Garde Moyen) Grenadiers Régiment

Général de Brigade Morvan

1er Bn./3e Grenadiers

2e Bn./3e Grenadiers

 

4e (Garde Moyen) Grenadiers Régiment

Général de Brigade Harlet

1er Bn./4e Grenadiers

 

Artillerie de Division

5e Co. G.A. d’Artillerie de Pied

6e Co. Aux.d’Artillerie de Pied

 

 

Division de Chasseurs

Général de Division Morand

 

Général de Division Michel

1er (Garde Ancien) Chasseurs Régiment

Général de Brigade Cambronne

1er Bn./1er Chasseurs

2e Bn./1er Chasseurs

 

2e (Garde Ancien) Chasseurs Régiment

Général de Brigade Pelet-Clozeau

1er Bn./2e Chasseurs

2e Bn./2e Chasseurs

 

3e (Garde Moyen) Chasseurs Régiment

Colonel Mallet

1er Bn./3e Chasseurs

2e Bn./3e Chasseurs

 

4e (Garde Moyen) Chasseurs Régiment

Général de Brigade Henrion

1er Bn./4e Chasseurs

2e Bn./4e Chasseurs

 

Artillerie de Division

6e Co. G.A. d’Artillerie de Pied

6e Co. Aux.d’Artillerie de Pied

 

 

Garde Jeune Division

Général de Division Duhesme

 

Général de Division Barrois

1er (Garde Jeune) Brigade

Général de Brigade Chartrand

1er Bn./1er Tirailleurs

2e Bn./1er Tirailleurs

1er Bn./1er Voltiegurs

2e Bn./1er Voltiegurs

 

2e (Garde Jeune) Brigade

Général de Brigade Guye

1er Bn./3e Tirailleurs

2e Bn./3e Tirailleurs

1er Bn./3e Voltiegurs

2e Bn./3e Voltiegurs

 

Artillerie de Division

7e Co. Aux.d’Artillerie de Pied

 

8e Co. Aux.d’Artillerie de Pied

 

Garde Impériale la Division Légère de Cavalerie

Général de Division Desnouëttes

 

 

1er Brigade

Général de Division Lallemand

G.A. Chasseurs à cheval

 

2e Brigade

Général de Division Colbert-Chabanais

Garde Lanciers

 

Artillerie de Division

1er Co. G.A.. d’Artillerie de Cheval

2e Co. G.A. d’Artillerie de Cheval

 

 

Garde Impériale la Division Lourde de Cavalerie

Général de Division Guyot

 

 

1er Brigade

Général de Brigade Jamin

G.A. Grenadiers à cheval

 

2e Brigade

l’Impératrice’ Dragons

 

3e Brigade

Capitaine Dyonnet

l’Élite Gendarmes

 

Artillerie de Division

3e Co. G.A. d’Artillerie de Cheval

4e Co. G.A. d’Artillerie de Cheval

 

 

Garde Impériale d’Artillerie Réserve

1er Co. G.A. d’Artillerie de Pied

2e Co. G.A. d’Artillerie de Pied

3e Co. G.A. d’Artillerie de Pied

 

4e Co. G.A. d’Artillerie de Pied

 

I Corps d’Armée

Général de Division d’Erlon

 

 

1er Division d’Infanterie

Général de Brigade Quiot

 

1er Brigade

1er Bn./54e Ligne

2e Bn./54e Ligne

1er Bn./55e Ligne

2e Bn./55e Ligne

 

 

2e Brigade

Général de Brigade Bourgeois

1er Bn./28e Ligne

2e Bn./28e Ligne

1er Bn./105e Ligne

2e Bn./105e Ligne

 

Artillerie de Division

20e Co., 6e d’Artillerie de Pied

 

 

2e Division d’Infanterie

Général de Division Donzelot

 

 

1er Brigade

Général de Brigade Schmitz

1er Bn./13e Légère

2e Bn./13e Légère

3e Bn./13e Légère

1er Bn./17e Ligne

2e Bn./17e Ligne

 

2e Brigade

Général de Brigade Aulard

1er Bn./19e Ligne

2e Bn./19e Ligne

1er Bn./51er Ligne

2e Bn./51er Ligne

 

Artillerie de Division

10e Co., 6e d’Artillerie de Pied

 

 

 

3e Division d’Infanterie

Général de Division Marcognet

 

 

1er Brigade

Général de Brigade Noguès

1er Bn./21er Ligne

2e Bn./21er Ligne

1er Bn./46e Ligne

2e Bn./46e Ligne

 

2e Brigade

Général de Brigade Grenier

1er Bn./25e Ligne

2e Bn./25e Ligne

1er Bn./45e Ligne

2e Bn./45e Ligne

 

Artillerie de Division

19e Co., 6e d’Artillerie de Pied

 

 

4e Division d’Infanterie

Général de Division Durutte

 

1er Brigade

Général de Brigade Pégot

1er Bn./8e Ligne

2e Bn./8e Ligne

1er Bn./29e Ligne

2e Bn./29e Ligne

 

2e Brigade

Général de Brigade Brue

1er Bn./85e Ligne

2e Bn./85e Ligne

1er Bn./95e Ligne

2e Bn./95e Ligne

 

Artillerie de Division

9e Co., 6e d’Artillerie de Pied

 

 

1er Division de Cavalerie

Général de Division Jacquinot

 

1er Brigade

Général de Brigade Bruno

7e Hussars

3e Chasseurs à cheval

 

2e Brigade

Général de Brigade Gobrecht

3e Lanciers Légère

4e Lanciers Légère

 

Artillerie de Division

2e Co., 1er d’Artillerie de Cheval

 

 

I Réserve de Corps d’Artillerie

11e Co., 6e d’Artillerie de Pied

 

 

II Corps d’Armée

Général de Division Reille

 

 

5e Division d’Infanterie

Général de Division Bachelu

 

1er Brigade

Général de Brigade Husson

1er Bn./3e Ligne

2e Bn./3e Ligne

1er Bn./61er Ligne

2e Bn./61er Ligne

 

2e Brigade

Général de Brigade Campi

1er Bn./72e Ligne

2e Bn./72e Ligne

1er Bn./108e Ligne

2e Bn./108e Ligne

3e Bn./108e Ligne

 

Artillerie de Division

18e Co. 6e d’Artillerie de Pied

 

 

 

6e Division d’Infanterie

Général de Division Bonaparte

 

 

1er Brigade

Général de Brigade Bauduin

1er Bn./1er Légère

2e Bn./1er Légère

3e Bn./1er Légère

1er Bn./2e Légère

2e Bn./2e Légère

3e Bn./2e Légère

4e Bn./2e Légère

 

2e Brigade

Général de Brigade Soye

1er Bn./1er Ligne

2e Bn./1er Ligne

3e Bn./1er Ligne

1er Bn./2e Ligne

2e Bn./2e Ligne

 

3e Bn./2e Ligne

Artillerie de Division

2e Co. 2e d’Artillerie de Pied

 

 

7e Division d’Infanterie (ne présenter pas)

Général de Division Girard

 

 

1er Brigade

Général de Brigade Devilliers

1er Bn./11e Légère

2e Bn./11e Légère

1er Bn./82e Ligne

2e Bn./82e Ligne

 

2e Brigade

Général de Brigade Piat

1er Bn./12e Légère

2e Bn./12e Légère

3e Bn./12e Légère

1er Bn./4e Ligne

2e Bn./4e Ligne

 

Artillerie de Division

3e Co. 2e d’Artillerie de Pied

 

 

 

9e Division d’Infanterie

Général de Division Foy

 

 

1er Brigade

Général de Brigade Gauthier

1er Bn./92e Ligne

2e Bn./92e Ligne

1er Bn./93e Ligne

2e Bn./93e Ligne

3e Bn./93e Ligne

 

2e Brigade

Général de Brigade Jamin

1er Bn./100e Ligne

2e Bn./100e Ligne

3e Bn./100e Ligne

1er Bn./4e Légère

2e Bn./4e Légère

3e Bn./4e Légère

 

 

Artillerie de Division

1er Co. 6e d’Artillerie de Pied

 

 

2e Division de Cavalerie

Général de Division Piré

 

 

1er Brigade

Général de Brigade Huber

1er Chasseurs à cheval

6e Chasseurs à cheval

 

2e Brigade

Général de Brigade Wathiez

5e Lanciers Légère

6e Lanciers Légère

 

Artillerie de Division

2e Co. 4e d’Artillerie de Cheval

 

 

II Réserve de Corps d’Artillerie

7e Co. 2e. d’Artillerie de Pied

 

 

VI Corps d’Armée

Général de Division Mouton

 

 

19e Division d’Infanterie

Général de Division Simmer

 

1er Brigade

Général de Brigade Bellair

1er Bn./5e Ligne

2e Bn./5e Ligne

1er Bn./11e Ligne

2e Bn./11e Ligne

3e Bn./11e Ligne

 

2e Brigade

Général de Brigade Thevenet

1er Bn./27e Ligne

2e Bn./27e Ligne

1er Bn./84e Ligne

2e Bn./84e Ligne

 

Artillerie de Division

1er Co. 8e d’Artillerie de Pied

 

 

 

20e Division d’Infanterie

Général de Division Jeanin

 

 

1er Brigade

Général de Brigade Bony

1er Bn./5e Légère

2e Bn./5e Légère

1er Bn./10e Ligne

2e Bn./10e Ligne

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Mardi 24 mai 2005

CONSEQUENCES DE LA VIE AMOUREUSE DE L’EMPEREUR

NAPOLEON 1er SUR LA NATION FRANCAISE

 

 

 

« Les Etats sont perdus quand les femmes gouvernent les affaires publiques. » (Napoléon)


 

  

AVANT-PROPOS

 

 

 

N

apoléon a-t-il subi, des femmes qu’il a aimées, des directions qui ont eues des conséquences sur sa politique ? Les femmes ont-elles eu une influence sur ses idées et, par la suite, sur ses actes ?

D’influence directe, il ne semble point, pour les maîtresses, pas même pour la femme

« Aucune liaison, assure Jean Tulard (de l’Institut), et elle furent nombreuses, n’eut la moindre incidence sur la vie même de Napoléon ».

Mais les impressions reçues des unes et des autres, les conversations tenues avec elles, les circonstances occasionnelles qui accompagnaient telle ou telle liaison, aient amené son esprit à concevoir certaines idées nouvelles, à modifier certaines idées acquises, cela ne saurait être discuté.


 

 

I JOSEPHINE

 

 

 

 

« Allons, il faut y renoncer : tout ici est prolifique, excepté Madame. »

 (Napoléon en public à propos de Joséphine)

 

 

 

 

S

i fort aimée qu’elle ait été Joséphine ne serait point sans doute au premier rang parmi celles qu’on peut retrouver à l’origine de certaines résolutions politiques. Si l’on a supposé que c’est elle qui l’aiguille, qui, en lui procurant un entourage à demi noble, l’amène par moment à sacrifier l’esprit de la Révolution aux traditions de l’ancien régime, on se trompe ; c’est bien lui qui le veut et c’est bien lui qui recherche les aristocrates. Joséphine recrute pour lui, mais c’est par son ordre ; Elle distribue des grâces, mais c’est qu’il s’imagine qu’elles en seront mieux reçues, qu’elles produiront meilleur effet. Il a le parti pris d’accorder à Joséphine les radiations d’émigrés, les restitutions de biens, et toutes ces faveurs avec lesquelles il croit obliger à la reconnaissance, au moins à la neutralité. A moins de surprise, il ne se laisse implorer que pour des faveurs qu’il est décidé à accorder.

 

     Mais l’influence de Joséphine a toutefois jouée sur la vie de la femme française du Consulat et de l’Empire. Napoléon a considéré les défauts de Joséphine comme une généralité et s’en est inspiré pour réaliser le Code civil Français (code Napoléon à partir de 1807).

Le souvenir des dettes qu’il avait du honoré après son retour d’Egypte pour régler l’achat de Malmaison et les intérêts dû au retard de paiement car Joséphine avait fait cette acquisition sans lui en souffler un mot. L’achat de cette propriété consacrera pour longtemps l’incapacité Juridique de la femme à gérer et à prendre des décisions financières sans la tutelle de son mari.

 

     De même les doutes de Napoléon sur la capacité de Joséphine à avoir des enfants vont l’inciter à exiger de la commission chargée de rédiger le code civil la loi sur le droit des époux à divorcer car il pense dès le Consulat, à instaurer sa propre lignée.

 

(Voir en annexe le résumé du code civil sur les lois des époux)


II DESIREE-EUGENIE CLARY

 

 

 

« Si Bernadotte a été maréchal de France, prince de Pontecorvo et roi, c’est son mariage qui en est la cause » (Napoléon)

 

 

L

e souvenir de l’amour qu’il avait inspiré à Eugènie fut pour Napoléon comme un remord, il s’était insensiblement laissé conduire à un projet d’ambition avec Joséphine, et sans y penser, il avait brisé le cœur de la jeune fille. Il semble que toute sa vie il ait pensé à racheter, à se faire pardonner cet abandon.

 

     Pour cette raison Napoléon pardonnera les nombreuses défection du Mari d’Eugènie. « Si Bernadotte a été maréchal de France, prince de Pontecorvo et roi, c’est son mariage qui en est la cause, a dit Napoléon… Ses écarts pendant l’Empire lui ont toujours été pardonnés à cause de ce mariage. »

Et quels écarts ! Dès les premiers jours, le 18 Brumaire, Bernadotte prononce son opposition. Il n’en est pas moins appelé le lendemain à siéger au Conseil d’Etat, puis nommé général en chef de l’Armée de l’Ouest. Là, non seulement il fait de l’opposition, mais ouvertement il conspire contre le Premier Consul, il prétend soulever son armée. Quelle punition ? Aucune. Bonaparte seulement, pour l’éloigner, veut l’envoyer ministre plénipotentiaire aux Etats-Unis. Bernadotte ne refuse pas de partir, mais joue une comédie qui réussit au mieux et s’arrange pour que les frégates qui lui sont destinées ne soient jamais prêtes. L’an d’après c’est l’affaire de Moreau, et, si Bernadotte échappe encore, c’est que Bonaparte le veut bien, c’est qu’il pense toujours à Eugènie, qu’il a charge d’elle.

 

     Vient l’Empire : pour Eugènie, il fait Bernadotte maréchal d’Empire,

grand-aigle et chef de la huitième cohorte de la légion d’honneur, président du collège électoral de Vaucluse ; pour elle, il lui donne un revenu de

300 000 francs et 200 000 francs d’argent comptant, et la principauté souveraine de Pontecorvo ; pour elle, il pardonne après Auerstaedt, il pardonne après Wagram ; il pardonne après deux faute, militaires, qui sans doute n’étaient point que des fautes, après une conspiration flagrante ou Bernadotte, Fouché, Talleyrand mettent en jeu, avec les royalistes, les mêmes ressorts auxquels on devra, en 1814, le retour de Louis XVIII.

 


     Bernadotte est élu prince héréditaire de Suède grâce à la neutralité bienveillante de Napoléon. Quatre mois plus tard, Bernadotte s’est mis d’accord avec la Russie contre Napoléon ; moins d’un an après, tout indique entre la France et la Suède la rupture prochaine.

 

     Quand la guerre éclate, l’Empereur écrit à Désirée qui est resté à Paris qu’il n’est pas convenable qu’elle se trouve en France en ce moment. Mais Désirée reste. Elle continue à recevoir ses amis, à tenir son salon. Elle va aux eaux avec sa sœur, revient à Auteuil, rentre à Paris comme si rien ne se passait.

 

     Napoléon laisse donc pendant tout son règne un de ces plus grand ennemi tranquille et même le protège quand il commet des fautes pour protéger Eugènie. Cette attitude aura à la fin comme conséquence de placer un pays qui cherchait une alliance avec la France (la Suède), en ennemie du peuple Français.

 

 

(Voir en annexe la Biographie de Bernadotte)

 

 


 

III MARIE WALEWSKA

 

« Oh ! venez ! venez ! Tous vos désirs seront remplis. Votre patrie me sera plus chère quand vous aurez pitié de mon pauvre cœur. » (Napoléon)


 

 

T

oute la politique de Napoléon à l’égard de la Pologne ne se trouve-t-elle point éclairée d’un jour nouveau, si l’on regarde quelle maîtresse il a, en 1807, en 1808 et en 1809 ?

 

     Napoléon en reformant la Pologne ne peut s’attirer que les foudres des trois pays qui se sont partagés celle-ci. La Russie, la Prusse et l’Autriche vont trouver avec se remembrement la volonté de reformer leur alliance après la longue série de défaites militaires qu’ils ont connu (Austerlitz, Iéna, Auerstedt, Friedland, Wagram.). Napoléon l’ignore ? Non, mais il croit que ces puissances vont accepter petit à petit cette état de fait après leurs défaites.

 

     Marie a-t-elle favorisé la création de ce pays. Il semble que non. C’était bien entendu le but que ces amis Polonais lui avaient fixé, mais il ne semble pas que Napoléon ait subi une influence de sa part. Napoléon pensait avant tout aux intérêts de la France, en amputant La Prusse et L’Autriche il affaiblissait ces deux pays et en créant le Duché de Varsovie il avait un état satellite de la France qui ferait tout pour soutenir l’empire français afin de retrouver sa grandeur passée (La Pologne fût d’ailleurs jusqu'à la fin des campagnes napoléoniennes et pendant les heures les plus sombres [campagne d’Allemagne de 1813, bataille des Nation ‘Leipzig’]l’alliée la plus fidèle de la France).

 

     La simple présence de Marie Walewska rappelle toujours cependant à Napoléon les promesses non tenues envers la Pologne. Mais les intérêts français restent prioritaire comme peut le montrer ces mots qu’il prononça à Marie Walewska ; « Tu sais bien, que j’aime ta nation, que mon intention, mes vues politiques, tout me porte à désirer son entier rétablissement. Je veux bien seconder ses efforts, soutenir ses droits : tout ce qui dépendra de moi sans altérer mes devoirs et l’intérêt de la France, je le ferai sans nul doute ; mais songe que de trop grandes distances nous séparent : ce que je puis établir aujourd’hui peut être détruit demain. Mes premiers devoirs sont pour la France, je ne puis faire couler le sang français pour une cause étrangère à ses intérêts et armer mon peuple pour courir à votre secours chaque fois qu’il sera nécessaire. »

 

     Le rôle de Marie Walewska semble donc peu important d’un point de vue politique, par contre sa grossesse va montrer avec certitude à Napoléon qu’il peux avoir des enfants et de ce fait celui ci va prendre la décision de se séparer de Joséphine pour trouver une femme qui lui apportera un enfant mais surtout une reconnaissance de sa dynastie par les autres pays européens.


 


 

IV MARIE-LOUISE


 

 

 

S

i une femme est la cause de la chute de Napoléon, Marie-Louise pourrait bien être celle la. Même si elle n’a jamais pris parti contre Napoléon ou comploté contre lui, sa présence le rassure et il est moins sur ces gardes. Par elle, il entre dans la famille d’Autriche ; il considère le lien ainsi formé comme aussi étroit que celui qui l’attache de naissance à sa propre famille.

 

     En 1813, aux heures les plus périlleuses pour son empire, il le partage avec sa femme. Il établit solennellement Marie-Louise Régente de L’Empire.

Sans doute, l’abandon est plus apparent que réel ; sans doute nulle décision grave ne doit être prise sans qu’il intervienne. Les décrets sont rendus, au nom de l’Empereur, par l’Impératrice. Les conscrits de l’année funeste, ce sont ses conscrits à elle : les Marie-Louise, comme le peuple les appelle.

 

     Du haut en bas de l’échelle gouvernementale, les faiblesses se manifestent, les défections se préparent, les trahisons s’accomplissent. Il n’est plus là. Son nom même a disparu. Ce nom de Marie-Louise, on ne le craint point. Il ne dit rien au peuple, il ne signifie rien.


Mais Napoléon n’en veut point démordre : il s’applaudit de ce qu’il a établi.

Sa femme en sait, à elle seule plus que Cambacérèse, plus que tous les Bonaparte réunis. Plus la catastrophe est proche, plus le péril est imminent, plus il s’attache à cette pensée que elle, elle seule, sauvera tout.

 

     Marie-Louise donc, non par son influence directe, mais par la place qu’il lui accorde en ses combinaisons, par le prestige dont son esprit l’entoure, se trouve exercer sur sa politique, à la fois au-dehors et au dedans, une action sans précédent.


CONCLUSION

 

 

 

 

 

N

apoléon n’a pas été influencé par la femme pour ces orientations politiques.

 

     Mais n’est-ce point parce qu’il a gardé un fidèle et tendre souvenir de son premier amour, n’est-ce point parce qu’il a été familial et conjugal, que sa chute a été si terrible et si profonde ?

 

Il avoua à Sainte-Hélène n’avoir jamais aimé d’amour, « sauf peut-être Joséphine, un peu, et encore parce que j’avais vingt-sept ans ». Aurait-il oublié Marie Walewska à cause de son second mariage ? Au moment de la mort, il ne pensait qu’à sa Créole. Et pourtant les biographes de l’Empereur s’accordent à dire que la liaison avec Marie Walewaska constitue un cas à part parmi ses amours, et certains en sont jusqu’à soutenir que la belle Polonaise aurait été la seule femme valable que Napoléon ait aimé, à sa manière, inconstante, égoïste et prodigue.

 

Si la femme n’avait jouer aucun rôle dans sa vie, Napoléon cesserait d’être ce qu’il est, l’exemplaire le plus surprenant du génie masculin. Il serait un individu sans sexe, à part, exceptionnel, et qui n’intéresserait plus l’humanité


 

 

 


 

 

 

 

 

 

 


Code civil

 

Ma vraie gloire n’est pas d’avoir gagné soixante batailles. Ce qui vivra éternellement, c’est mon Code civil, dira Napoléon à Sainte-Hélène. C’est en grande partie vrai. L’œuvre maîtresse de Napoléon établit les fondations de la société sur trois piliers, la liberté individuelle, la propriété et la famille.

 

 

Dès son arrivée au pouvoir, Bonaparte comprend la nécessité de restaurer la société sur des bases d’ordre et de discipline. La grande crise révolutionnaire a jeté à bas quantité de principes.

Sous la Convention, un Comité de législation avait ébauché un projet de code. En vain. La période qui suit Thermidor est marquée par un terrible relâchement des mœurs. Tout est donc à reprendre d’une poigne ferme afin de donner effet au vœu impératif de la constitution de 1791 : «Il sera fait un Code de lois civiles communes à tout le royaume».

En août 1800, le Premier Consul, impatient d’aboutir, en informe Cambacérès, alors second Consul, et nomme une commission préparatoire. En font partie trois éminents jurisconsultes : Tronchet, Portalis et Bigot de Préamaneu qui, assistés du secrétaire général, Maleville, sont chargés de rédiger une série de projets de loi. Leurs textes sont discutés en Conseil d’Etat au cours de longs et laborieux débats. Généralement présidés par Cambacérès, ils sont talonnés par le Premier Consul lui-même, qui paraît souvent au Conseil (sur 190 séances, il en préside 57). On assiste alors à un spectacle saisissant : un profane, Bonaparte, qui étonne de très grands techniciens du Droit par la pertinence de ses observations et l’acuité de son jugement. Lui seul a ce don d’introduire un souffle nouveau dans une matière disparate et vieillie et de «trouver sous la paille des mots le grain des choses» (J.J. Chevallier).

De 1801 à 1804, trente-six lois sont adoptées. Le 21 mars 1804, elles sont réunies en 2 281 articles sous le titre de Code civil des Français qui prend, en 1807, le nom de Code Napoléon. Les législateurs ont puisé leur inspiration à la fois dans le droit romain, dans les anciennes coutumes de France, dans les ordonnances royales et dans les lois formulées par les grandes assemblées de la Révolution.

Que contient ce Code ? Bien qu’ayant abrogé beaucoup de lois de la période révolutionnaire, le Code conserve pourtant la plupart des grandes conquêtes de 1789 concernant la liberté individuelle : égalité entre tous les citoyens, laïcité de l’Etat, liberté de conscience et liberté de travail. L’être humain libre, au moins dans ses initiatives privées, y est perçu comme le fondement de l’édifice social et juridique. Cette conception, c’est l’héritage de la pensée des droits naturels du XVIIIème siècle. En revanche, n’apparait nulle part la notion de liberté d’association  qui  favoriserait la création  de groupes sociaux, politiques ou religieux, «de sorte que l’individu affranchi par la Révolution se trouve en dernière analyse seul en face de l’Etat armé de sa force coercitive» (André Latreille).

On retrouve aussi dans le Code civil l’esprit de conservation sociale à travers l’affirmation du droit de propriété, «droit fondamental sur lequel reposent toutes les institutions sociales» explique Portalis. Rien d’étonnant, donc, à ce que le Code recense longuement tout ce qui détermine l’acquisition et la disposition d’un bien : l’usage, l’usufruit, les servitudes... L’homme dispose à son gré des biens acquis par le travail ou reçus par héritage, mais il n’en est plus maitre après sa mort : le droit d’aînesse disparaît et le partage équitable entre les enfants devient la règle.

Le Code Napoléon est individualiste. Il s’attache pourtant à reconnaître la famille comme la cellule fondamentale de la société. Il met l’accent sur l’autorité conférée à l’homme : la puissance paternelle et la puissance maritale.

·        La puissance paternelle d’abord, qui maintient sous sa tutelle les enfants jusqu’à leur majorité. Pour se marier, les bans douavent être publiés, à deux reprises, à huit jours d’intervalle afin que les parents puissent user d’un droit d’opposition.

·        La puissance maritale ensuite, qui consacre pour longtemps l’incapacité de la femme mariée : celle-ci doit habiter avec son époux et il lui est refusé de faire, sans son autorisation, tout acte juridique ou transaction financière. La femme, dit Bonaparte, est la propriété de son mari comme l’arbre à fruits est celle du jardinier. Les Françaises vont payer pendant plus d’un siècle l’insouciance de l’Impératrice : il est évident que Napoléon n’a pas oublié les dettes qu’a faites en son nom et en son absence sa femme Joséphine, pour l’achat de la Malmaison.

Autre inégalité dans le couple : le divorce. La femme l’obtient si son mari cohabite avec une concubine, l’homme sur simple preuve d’adultère. Pour ce dernier motif, la femme peut encourir une peine de prison, le mari une simple amende. C’est Bonaparte lui-même qui a insisté pour que soit incluse la faculté du divorce : ses collaborateurs ont bien compris que la Raison d’Etat lui déconseille de demeurer lié à une femme qui ne peut lui donner de descendant.

Il n’empêche, l’introduction du divorce, qui s’accompagne de celle du mariage civil, marque le nouveau Code d’une empreinte laïque qui fait frémir ultramontains et catholiques de stricte observance.

C’est surtout après 1880 que le Code civil a connu de nombreuses modifications, afin d’intégrer l’évolution de la société et des mœurs (égalité entre l’homme et la femme notamment). Mais, fait remarquable, sa structure demeure intacte.  Par son contenu, sa clarté et la fermeté de son style, le Code Napoléon a acquis un rayonnement mondial. Pour preuve, l’influence qu’il a exercé à l’étranger : il est encore largement en vigueur en Belgique et au Luxembourg et il marque profondément le droit civil de nombreux pays dont l’Allemagne, la Suisse et l’Italie. 


Jean Baptiste Jules Bernadotte , Maréchal (1804), roi de Suède et de Norvège (1818-1844).

(1763 - 1844)

 

Le seul cas de réussite indépendante dans l’entourage proche de l’Empereur. Bernadotte, que l’on surnommait Sergent Belle-Jambe, est l’unique maréchal qui traverse la Révolution et l’Empire pour finir sur un trône !

 

par Alexandra Dalbin

Ce fils d’avocat s’enrôle dans l’armée royale en 1780. C’est la Révolution et la guerre avec l’Autriche qui lui permettent de devenir officier. Kléber le nomme général de brigade. En 1797, Bernadotte quitte l’Armée du Rhin pour apporter son soutien à Bonaparte en Italie.

Après la paix de Campoformio, Bonaparte lui donne un commandement subalterne. Le Directoire lui confie une brève mission d’ambassadeur à Vienne puis le nomme ministre de la Guerre de juillet à septembre 1799. Bernadotte réorganise l’armée, alors mal en point, mais les Directeurs finissent par l’écarter.

Son antipathie pour Bonaparte devient manifeste. Il refuse de s’engager franchement dans le coup d’Etat du 18-Brumaire, ce qui lui vaut une réputation de néo-jacobin. Devenu commandant de l’Armée de l’Ouest, son nom est mêlé à la conspiration des «pots de beurre» (dans lesquels circulaient des billets anti-bonapartistes). De plus, il épouse Désirée Clary, autrefois fiancée à Bonaparte, maintenant belle-sœur de J<

Par QUERE - Publié dans : NAPOLEON
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Mardi 24 mai 2005

Qu'il fût responsable d'une province sénatoriale ou impériale, un gouverneur sous Octave disposait finalement d'une plus grande autorité pour répondre de ses actions. Les gouverneurs se remplissaient toujours les poches et abusaient toujours les locaux, mais s'ils en faisaient trop, ils pouvaient dire adieu à leur tête et étaient peu disposés à cela. Le gain de confiance et de l'ordre dans les provinces, combiné à la construction des routes d'Octave et à l'élimination de la corruption, du banditisme et de la piraterie, stimulait le commerce et le développement. La terre provinciale était souvent offerte aux vétérans en retraite, ce qui multipliait le nombre des Romains loyaux dans les provinces, aidait le développement de la civilisation et augmentait le niveau de vie dans ces régions. De nouveaux centres urbains s'établirent et un sentiment de prospérité et d'optimisme gagnait tout l'Empire.

 

C'était la plus grande contribution d'Auguste à l'Empire Romain : il a fait de son Principat, un gouvernement dirigé par un seul homme, un système bien plus efficace pour les masses que ne l'était la République. En faisant les réformes nécessaires et en ayant vécu suffisamment longtemps pour en tirer les fruits, il s'était assuré que le Principat continuerait après sa mort. Son règne dura 56 ans; au moment de son décès, peu se souvenait encore de la République. Les méfaits d'un gouvernement autocratique étaient à peine évidents. Peu de gens à Rome se souciaient du fait qu'il n'y a avait plus de protections constitutionnelles contre les abus de pouvoir du Princeps; ou qu'une "offense à la dignité de l'Empereur" était devenu un crime punissable de mort.

 

Auguste était un homme suffisamment intelligent pour résister à la tentation de devenir un tyran. Quand le Princeps était un homme sage, l'Empire se développait. Malheureusement, l'Empire n'a pas toujours été en de si bonnes mains comme les événements qui vont suivre le prouvent.

 

Chapitre IV: Les Julio-Claudiens

 

 Le long règne d'Auguste a permis à ses réformes de prendre racine à travers l'Empire, mais il lui présentait un problème d'un autre genre : il a survécu à tous ses héritiers. Son seul enfant encore en vie était sa fille, Julia. Auguste la maria à son héritier prévu, son neveu Marcellus. Marcellus mourut de façon inattendue, avant même de pouvoir être père, et Julia se maria de nouveau, cette fois, à Marcus Agrippa. Ce mariage fut plus heureux, et donna naissance à cinq enfants, dont deux garçons à l'avenir prometteur, Gaius et Lucius. Mais les deux garçons moururent avant Auguste, Lucius de maladie et Gaius quelques années plus tard lors d'une bataille.

 

N'ayant pas de meilleur choix, Auguste présenta son beau-fils Tibère, le fils que sa seconde femme Lyvia avait eu avec un premier mari. Il aurait pu tomber sur pire certes, mais le règne de Tibère en tant qu'Empereur ne fut pas très réussi. C'était indubitablement le meilleur parmi des mauvais. Malheureusement, c'était son seul mérite.

Un acte difficile à suivre

La Vipère de Tibère

Empereur par accident

Damné dans les mémoires

 

UN ACTE DIFFICILE A SUIVRE

 

Tibère était un homme intelligent et un excellent soldat, mais il ne convenait pas du tout au rôle que lui avait assigné Auguste. Afin d'en faire un hériter potentiel, Auguste lui ordonna de divorcer de sa première femme, qu'il aimait tendrement, pour contracter une union désastreuse avec la fille d'Auguste, Julia. Julia, malheureuse de ce mariage, exprima son sentiment par une longue série d'aventures qu'elle ne prenait même pas la peine de cacher. Selon la loi romaine, Tibère aurait pu obtenir légitimement le divorce, mais Augustus restait aveugle devant les agissements de sa fille, et la dénoncer à l'Empereur eut été une tentative dangereuse. Tibère régla la situation en s'exilant volontairement sur Rhodes, laissant Julia à elle-même à Rome.

 

A Rhodes, le général qui avait montré une attention remarquable à l'égard de ses soldats, devint en un homme en colère, aigri et replié sur soi-même qui ne se préoccupait plus de personne ni de rien à part sa propre personne et ses plaisirs. Bien qu'il s'était exiler volontairement, il ne pouvait pas retourner à Rome tant qu'Auguste ne lui en avait pas donné la permission, et Auguste semblait peu enclin à le faire. Une série de désastres personnels frappa ensuite Auguste. D'abord, sa femme Lyvia qui détenait des preuves concernant les affaires adultères de Julia, les présenta à l'Empereur; selon la loi romaine, Julia aurait dû être exécutée, mais au lieu de cela, Auguste l'exila à vie sur une petite île méditerranéenne. Le fils de Julia, Lucius mourut ensuite, laissant Gaius comme seul successeur possible au trône impérial. Auguste, voyant que le nombre de ses héritiers diminuait, rappela Tibère de Rhodes.

 

Quand Gaius mourut au combat, Tibère devenait le successeur le plus légitime d'Auguste. Agé et malade, Auguste adopta Tibère et le désigna comme héritier. Mais il n'avait jamais aimé Tibère et celui-ci le haïssait. Quand Auguste rendit enfin l'âme en 14 ap. J.-C., Tibère tenta de convaincre le Sénat de ne pas donner le statut de dieu au défunt Empereur. Il échoua et Auguste eut sa place aux côtés de Julius Caesar dans le panthéon des dieux de l'état de Rome.

Il ne faisait aucun doute que Tibère aurait été bien plus heureux en tant que simple général romain, restant avec sa première femme adorée, au lieu d'être poussé sur le siège impérial. A première vue, il gouverna avec succès; ses nouvelles lois étaient morales, justes et clairvoyantes, et pendant tout son règne, il se préoccupa beaucoup de la sécurité économique de l'Empire. Dès le début cependant, un certain nombre d'accusations de trahisons, de procès, et de confiscations de propriétés tendaient vers une escalade qui ne présageaient rien de bon pour l'avenir. Sans protection légale contre les caprices de l'Empereur, les notables de Rome pouvaient seulement baisser la tête, croiser leurs doigts et espérer passer au travers des mailles du filet.

 

On ne sait pas si Tibère était paranoïaque ou non, ou si les gens ne l'aimaient vraiment pas. Au moment où il succéda à Auguste, il devint un homme renfrogné, aigri et égoïste, incapable du moindre charisme. Auguste avait apaisé le Sénat en lui demandant conseil et en les traitant avec respect même quand il disposait de plus de pouvoirs que lui, mais Tibère dédaignait le Sénat et ne s'en cacha même pas. Le sentiment était partagé. Dans de telles circonstances, la paranoïa de Tibère était partiellement compréhensible. Ce qui l'était également, c'est qu'un sénateur accusé de trahison avait besoin d'un complot sérieux.

 

En 23 ap. J.-C., l'unique fils et héritier de Tibère, Drusus, mourut dans de mystérieuses circonstances, et Tibère devint encore plus aigri. En 26 ap. J.-C., il s'installa sur l'île de Capri, dont il fit sa retraite personnelle. Il laissa ses fonctions de gouvernement à un capitaine de la Garde Prétorienne en qui il avait confiance, Sejanus. L'abandon de Tibère offensa le Sénat, et les relations entre le Sénat et l'Empereur se détériorèrent. A Capri, la colère et la paranoïa de Tibère semblent avoir gagné en intensité; sa résidence privée devenait le site d'actes bizarres et pervers de tortures et de dépravation.

 

Sejanus ambitionnait apparemment d'accéder au trône impérial. En 31 ap. J.-C., Tibère apprit que Séjanus avait une liaison avec la femme de Drusus, et que les deux avait conspiré pour empoisonner Drusus. Tibère envoya une lettre au Sénat, qui commençait par faire l'éloge de Séjanus, et qui finissait par la demande de son exécution immédiate. Le Sénat s'y conforma. Mais cet acte de trahison aigrissait encore plus Tibère contre Rome. Sans héritier, Tibère décida de se venger de Rome grâce à son successeur.

 

Le choix de Tibère se porta sur son petit neveu, le jeune Gaius Germanicus. Le père de Germanicus avait été un célèbre général, et le garçon lui-même avait grandi parmi les soldats et était populaire parmi ceux-ci. Ses imperfections étaient cependant évidentes et Tibère lui-même les avait remarquées :"j'ai élevé une vipère dans le sein de Rome "avait-il l'habitude de dire. Le temps lui donnerait raison. Gaius Germanicus est tristement célèbre par un surnom que lui avaient donné les soldat quand il était enfant : Caligula, ce qui signifie "Petite Botte", à cause des bottes minuscules qu'il portait.

 

LA VIPERE DE TIBERE

 

 Les événements liés à la succession de Caligula donne le ton pour le règne qui suivit. En 37 ap. J.-C., Tibère tomba malade et tomba dans le coma. Les physiciens (médecins) était appelés à Capri, où ils déclarèrent que l'Empereur ne survivrait pas à la nuit. A Rome, l'ascension de Caligula était annoncée, les Légions le saluèrent, et la cité le proclama comme son nouveau chef. Mais Tibère se réveilla, s'assit, et réclama quelque chose à manger. Le capitaine de la Garde Prétorienne prit alors les draps et étouffa Tibère avec.

 

Le règne de Caligula fait partie des plus controversés parmi les historiens. Il ne fait aucun doute que c'était une mauvais règne mais dont l'ampleur et les raisons restent encore mystérieuses. Les historiens de la Rome antique vouaient une haine virulente envers Caligula, ce qu'il a probablement mérité, mais la plupart des histoires qu'on a raconté à propos de son règne étaient fausses, comme celle qui dit qu'il avait fait consul son cheval par exemple. Ils n'avaient pas vraiment besoin de le faire -- le règne de Caligula montre assez d'insanités sans embellissement pour convaincre que l'homme n'aurait jamais du être nommé Empereur.

 

L'accession de Caligula a d'abord créé l'allégresse à Rome; Tibère n'était pas aimé, et Caligula était populaire -- pour l'instant. Le nouvel Empereur dépensa le trésor impérial que Tibère avait sauvegardé et protégé en prodiguant fêtes, jeux et autres manifestations populaires. Vers le septième mois de son règne néanmoins, il fut frappé d'une soudaine et sévère maladie qui faillit le tuer. Quand il retrouva ses esprits, il avait changé, et en pire. Il a pu subir des traumatismes au cerveau et devenir psychotique. Il devint probablement épileptique. Quelle qu'en soit la cause, la vipère de Tibère était devenue venimeuse.

 

Les procès de trahison devinrent fréquents et arbitraires. Les châtiments atteignaient une cruauté sans précédent. Les menaces d'accusation de trahison étaient utilisés pour extorquer de l'argent de la part des Romains riches pour subvenir aux habitudes dépensières de Caligula. Ces caprices devenaient de plus en plus fous et inutiles ; une fois par exemple, il décréta qu'un pont de navires devait être construit au-dessus de la baie de Naples. Caligula coucha avec ses soeurs et proclama l'une d'entre elles déesse après sa mort. Il dirigea vainement son armée sur la Gaule, et créa des troubles aux frontières de Rome juste pour s'amuser.

 

Le niveau de folie et de vice de Caligula est contestable. Comme nous l'avons déjà dit, certaines des actions les plus folles étaient inventées par ses ennemis. D'autres ont pu avoir été effectuées comme des rituels magiques. Par exemple, il dirigea ses troupes sur la shore de la Manche, puis leur ordonna de ramasser des coquillages et de les rapporter à Rome, où il déclara qu'il avait conquis la mer. Il demanda également à ses hommes de mettre des perruques blondes et de parader dans Rome en proclamant qu'il avait conquis la Gaule. Ces actions ont pu être dues à la maladie, ou tout simplement à un respect de rituels censés exaucer les voeux de conquête de la Bretagne et de la Gaule. La vérité est perdue au fil des temps.

 

Quelles qu'en soient les raisons, l'horrible règne de Caligula donna à Rome le goût de ce qu'un gouvernement autocratique pouvait donner sous un mauvais gouverneur. En janvier de l'an 41, les Romains en eurent assez; une émeute menée par les Gardes Prétoriennes et plusieurs sénateurs assassinèrent Caligula, puis sa femme et ses enfants. La vipère était écrasée.

 

EMPEREUR PAR ACCIDENT

 

 

 Le règne de Caligula a été si désastreux que le Sénat fit une tentative pour restaurer la République après l'assassinat de l'Empereur fou. (Il ne fut évidemment pas déifié). La Garde Prétorienne préféra le Principat et à l'époque, leurs volontés avaient plus de poids que celles du Sénat. Mais qui allait prendre la place ? Choisir quelqu'un de la lignée de Caligula était hors de question, même si les soldats voulaient un Empereur avec l'héritage de Julius Caesar et d'Auguste. La tradition dit que la Garde Prétorienne patrouillait dans le palais impérial pour chercher la personne et trouva par hasard l'oncle de Caligula, Claudius, caché derrière un rideau. Caligula avait fait exécuté la plupart de ses proches lors de procès pour trahison, et c'était une chance que Claudius avait réussi à l'éviter en prétextant être simplet. Les soldats traînèrent Claudius, effrayé et protestant, de sa cachette pour le proclamer Empereur.

 

Le règne de Claudius est quelque peu difficile à analyser. Les historiens antiques ne l'aimaient pas, et leur travaux tendent à être tournés contre l'empereur par accident. D'autres preuves historiques plus objectives montrent une peinture plus positive de son règne. En tout cas, ce qui était sûr, c'est qu'il présentait une énorme amélioration sur son prédécesseur.

Claude était né dans une famille avec de nombreux liens impériaux et des noms célèbres. Son père, Néron Claudius Drusus, était le frère de Tibère et un général populaire plein de succès. Claudius lui-même était timide, studieux, et physiquement peu impressionnant; la famille impériale le considérait plus comme un embarras. En dépit de sa réputation de simple d'esprit, c'était en fait un homme intelligent, élève de Livy, et auteur d'une dizaines d'ouvrages sur l'histoire de Rome et d'Etruria (ainsi que quelques livres sur les jeux de dés, son passe-temps favori). Sa nomination fut une surprise pour tout le monde, à commencer par lui. A tout considérer, les soldats auraient pu faire un pire choix que le calme et l'intelligent Claudius.

 

Le Sénat ne fut pas particulièrement content de voir Claudius devenir Empereur. Il y eut une tentative avortée de restaurer la République et des rébellions mineures. Un certain nombre de tentatives d'assassinats fut menée contre Claudius au cours de sa première année de règne. Mais Claudius avait le soutien de la Légion et restait ferme voire sans pitié à l'égard des résistances; le Sénat abandonna rapidement et l'accepta bien qu'il ne l'avait jamais aimé. Claudius avait de nombreux amis parmi la classes des hommes libres, et leur réserva des postes dans le service civil, une action que le Sénat trouvait affligeamment "populaire".

 

Claude traita efficacement sinon brillamment les affaires extérieures de l'Empire. Comme il n'était pas soldat lui-même, il laissa aux autres le soin de se battre à sa place. Malgré tout, il voulait étendre la sphère d'influence de Rome, et fit de grands progrès dans cette direction : il ajouta les provinces de Caesariensis and Tingitana en Afrique du Nord, créa la province de Lycie en Asie Mineure, et annexa Thrace. Du point de vue des historiens occidentaux, son acquisition la plus marquante fut la province de Bretagne où il créa les colonies de Camulodonum (Colchester) et de Londinium (Londres). Il ne se laissa pas cependant dépasser par son expansionnisme, évitant de façon judicieuse les guerres contre les tribus germaniques ou les Parthes.

 

L'administration civile de Claudius était aussi efficace et modérée que l'était sa politique extérieure. Bien qu'il ait montré quelques caprices envers certains individus, il améliora grandement le système de la justice, ouvra les droits de la citoyenneté à d'autres groupes, et était tolérant à l'égard des coutumes et religions non romaines. Il répara la cité et construisit de nouvelles infrastructures publiques, étendit le réseau routier à travers l'Empire, réorganisa l'approvisionnement en grain de l'Empire, modernisa le port de Ostie et fonda de nombreuses colonies romaines.

 

Bien que ses affaires publiques eurent été bien menées, Claudius poursuivait la tradition Julio-Claudienne d'avoir une vie privée tumultueuse. Il se maria quatre fois. Il fit exécuté sa troisième femme pour adultère, puis amenda les lois du mariage romain pour pouvoir épouser sa propre nièce, Agrippine la Jeune, arrière-petite-fille de Auguste. C'était certainement une idée d'Agrippine et non celle de l'Empereur; la quatrième femme de Claudius était une femme d'une ambition démesurée. Elle convainquit bientôt Claudius de déshériter Britannicus, le fils qu'il avait eu d'un précédent mariage, en faveur de son propre fils à elle, Lucius Domitius Ahenobarbus. Une fois cela accompli, Agrippine s'occupa du sort de Claudius en lui donnant des champignons empoisonnés. Il mourut en 54 ap. J.-C. après treize ans de règne.

 

Les historiens de la Rome Antique avaient tendance à discréditer Claudius en en faisant un homme faible à la merci de ses épouses et de ses conseillers d'hommes libres de basse naissance. Evidemment, les historiens romains étaient des citoyens de haut rang et leur opinion sur Claudius ne pouvaient qu'être influencée par son manque de respect envers les privilèges des classes supérieures. Les historiens suivants voyaient en Claudius sous un meilleur jour. Bien qu'il ne fut pas l'un des chefs les plus brillants de Rome, il était le seul Empereur de la lignée Julio-Claudienne à se rapprocher de la compétence d'Auguste. Après sa mort, le Sénat approuva officiellement son règne en le déifiant.

 

DAMNE DANS LES MEMOIRES

 

 La seule grande erreur de Claudius a été de permettre à Agrippine de choisir un successeur pour lui. Le fils d'Agrippine, dont le nom fut changé en Néron Claudius Caesar Augustus Germanicus, n'avait pas encore 17 ans quand sa mère arrangea son accession au pouvoir. Agrippine comptait diriger à travers son fils, mais les conseillers de Néron, Burrus et Sénèque, prirent l'Empereur sous leur contrôle, déclenchant la rage d'Agrippine. En 55 ap. J.-C., le fils de Claudius Britannicus fut empoisonné; certains historiens pensent que Agrippine était la responsable, mais d'autres disent qu'Agrippine, furieuse de la rébellion de son fils, commença à conspirer avec Britannicus pour reprendre la place de Néron, forçant Néron à commander l'assassinat de Britannicus. L'année suivante, on obligea Agrippine à prendre sa retraite pour l'empêcher de causer plus de problème.

 

Pendant les cinq premières années de son règne, Néron se montra remarquablement gentil et généreux. Ses conseillers l'encourageaient à s'occuper de son propre plaisir, pour leur laisser mener les affaires de l'Empire, ce qui ne pouvait que satisfaire le jeune Empereur. Il fit voter des lois interdisant les tueries de gladiateurs, et institua un concours de poésie et des jeux athlétiques. Il réduisit également les taxes et permit aux esclaves de se plaindre contre les propriétaires injustes. Sa générosité était à la fois publique et privée; tout en envoyant de l'aide aux villes victimes des désastres naturels, il pardonna les écrivains de vers satiriques qui auraient normalement été exécutés par les Empereurs précédents. En résumé, Néron était un irresponsable et un naïf mais restait un jeune homme inoffensif.

 

Le changement eut lieu en 59 ap. J.-C., quand Néron atteignit l'âge de 21 ans. Sa mère Agrippine était devenue folle de rage et le menaça; Néron la fit assassiner, son premier meurtre officiel. Peu après, il tomba sous l'influence d'une femme nommée Poppaea Sabina, la jeune épouse d'un sénateur, qui devint sa maîtresse. Poppaea supplanta Burrus et Sénèque à la place de conseiller chef de Néron, et elle convainquit Néron de faire assassiner sa femme Octavia (qui se trouvait être la fille de Claudius) pour se marier avec elle, ce qu'il fit en 65 ap. J.-C.

 

A ce moment-là, il devenait évident à Néron qu'il pouvait faire ce qu'il désirait et que personne ne pourrait le contredire. Ce qu'il voulait, c'était d'être acteur et musicien, pas Empereur; il ne montra d'ailleurs aucun intérêt ni talent pour les affaires de l'état. Néron commença à jouer dans des pièces, prenant les rôles qui l'intéressait, et voyagea également dans tout l'Empire pour participer à des concours musicaux (qu'il remportait chaque fois bien entendu) Il fut également impliqué dans un certain nombre de cultes étrangers bizarres. Ce comportement laissait le Sénat et la classe moyenne conservatrice atterrée -- c'était un sérieux affront à la dignité et au décorum demandé à un dirigeant du grand Empire. L'armée aussi, était scandalisée de voir qu'un descendant du vénéré César agissait de cette façon.

 

En 64 ap. J.-C., un énorme incendie ravagea Rome. Des rumeurs prétendirent que Néron lui-même l'avait fait pour pouvoir reconstruire la ville à son goût. La rumeur était fausse, car Néron se trouvait à des kilomètres de là, dans sa villa pendant l'incendie (chantant sur la chute de Troie tout en regardant les flammes à distance, selon la légende). Pour détourner les conversations, Néron accusa une secte religieuse chrétienne peu populaire, devenant ainsi le premier Empereur Romain à persécuter les Chrétiens et acquérant ainsi la réputation d'Antéchrist.

 

Quand l'incendie fut éteint, Néron ordonna la construction d'une nouvelle demeure, gigantesque, le Palais d'Or. A la fin des travaux, elle couvrirait une surface équivalent à un tiers de Rome. Pour la financer, Néron réclama des taxes de plus en plus élevées à Rome et aux provinces, créant de sérieux problèmes économiques dans la population. Avec un manque total du sens du commandement, cette oppression engendra de sérieuses émeutes dans l'Empire; la Bretagne se révolta, ainsi que la Judée et la Gaule, et les Parthes envahirent les terres romaines à l'est.

 

En 65 ap. J.-C., les conspirations contre Néron commencèrent à se former. L'Empereur était protégé pendant un temps grâce aux avertissements de la part des esclaves des conspirateurs, qui se souvenaient toujours des droits qu'ils leur avait conférés. Mais cela ne dura pas. Incapable de disposer de moyens plus subtiles, les Romains se révoltèrent en 68 ap. J.-C. Les Légions en Gaule et en Espagne proclamèrent leur commandant Empereur. Même la Garde Prétorienne répudiait Néron. Le Sénat, lors d'une réunion extraordinaire, déclara que la vie de Néron était déchue, et décréta qu'il devrait être flagellé à mort suspendu sur un croix. Néron s'enfuit de Rome et mit fin à la lignée des Empereurs Julio-Claudiens en  se tranchant la gorge. Le Sénat, loin de déifier Néron, le déclara "Damnatio Memoriae"-- damné dans les mémoires -- et effaça toute trace de son règne dans les écrits.

 

Chapitre V: Les Empereurs Flaviens

 

 La mort de Néron laissa les soldats de l'Empire sans descendant de César à acclamer comme Empereur. La confusion et la guerre civile étaient inévitables. L'an 69 ap. J.-C. est connue dans l'histoire comme "l'année des quatre empereurs "car le siège impérial changea de mains avec les saisons.

 

Les premiers prétendants furent Julius Vindex, gouverneur de Gallia Lugdunensis et commandant de ses armées, et Sulpicius Galba, alors gouverneur de Hispania Tarraconensis. Le voisin de Vindex, le gouverneur Verginius Rufus de la Haute Germanie, envoya ses troupes traverser le Rhin et se ruer sur Vindex, où les soldats de Rufus le forcèrent à saisir le Principat. Mais Rufus résista et donna son soutien à Galba. Le Sénat, impatient d'arrêter le conflit, reconnut Galba comme Empereur. Les activités de Néron avaient vidé le trésor et Galba ne pouvait pas restaurer la stabilité économique assez vite pour plaire à la population; cela, combiné à son grand âge de 73 ans, le rendit impopulaire. Après seulement trois mois, il dut assassiné par la Garde Prétorienne sur les ordres secrets du Sénateur Marcus Salvius Otho.

 

Les prétoriens acclamèrent alors Otho comme Empereur, mais les armées provinciales de la Haute et de la Basse Germanie avaient d'autres idées et proclamèrent leur commandant, Aulus Vitellius Germanicus. L'armée de Vitellius se dirigea sur Rome et vainquit les troupes de Otho. Ce dernier se suicida, et le Sénat acclama Vitellius -- il n'avait pas d'autres choix étant donné que l'armée de celui-ci occupait la ville. A l'est néanmoins, l'autre moitié de l'armée romaine avait choisi un autre empereur : leur commandant, Titus Flavius Vespasanius, qui s'était occupé de la révolte juive en Judée.

 

Une nouvelle dynastie commence

Les fils de Vespasien

 

UNE NOUVELLE DYNASTIE COMMENCE

 

 Au lieu de diriger ses troupes sur Rome, Vespasien décida d'attaquer la ville à son endroit le plus sensible : son estomac. Presque tout l'approvisionnement en grain de Rome venait d'outre-mer, et notamment la fertile vallée du Nil en Egypte. Vespasien se dirigea alors vers l'Egypte et la prit d'assaut, laissant Rome sous la menace d'une famine imminente. Les troupes de part et d'autres de l'Empire se déclarèrent alors en faveur de Vespasien. Même Vitellius voulait céder, mais ses propres troupes ne le lui permettaient pas. Vespasien resta en Egypte et envoya son bras droit, Antonius Primus, avec une armée prendre Rome et disposer de Vitellius, ce qu'il fit en décembre de l'an 69 ap. J.-C. Vespasien fut déclaré Empereur in absentia, et retourna dans la ville en 70 ap. J.-C.

 

Si Rome avait été malchanceuse, Vespasien aurait pu devenir un despote militaire sans pitié. Au contraire, la ville se retrouva avec un dirigeant doté des meilleures qualités romaines : il était honnête, efficace, travailleur et doué militairement. A la fin de son règne de dix ans, il avait acquis le titre de "Second Fondateur du Principat", en prouvant que le gouvernement d'Auguste pouvait réussir dans un descendant d'Auguste à sa tête. (En fait, le Principat était en de meilleures mains s'il ne s'agissait pas justement d'un descendant d'Auguste). Comme Vespasien ne voulait pas déprécier la noble lignée qu'il remplaçait, il devint le premier Empereur à adopter le nom de César comme titre de respect, au lieu de l'intégrer à son propre nom.

 

Vespasien était le premier Princeps qui n'était pas issu d'une vieille famille romaine. Il était originaire des bas pays de l'Italie, et son père était un equite, non un patricien. Vespasien ne devait son admission au Sénat qu'à ses propres mérites. Le désordre dans l'Empire nécessitait un homme ferme, patient et subtile plutôt qu'un homme brillant, et Vespasien détenait ces trois qualités.

Sa première tâche fut de restaurer le contrôle romain sur les provinces perdues par les politiques de Néron. Il vainquit les Gaulois, et son fils, Titus Vespasianus acheva le travail de son père en Judée en détruisant Jérusalem. Les rebelles celtes et pictes en Bretagne étaient pacifiés, du moins temporairement. Se préoccupant d'abord des urgences, Vespasien résout le profond problème en plaçant des gouverneurs provinciaux qui partageaient ses propres valeurs d'honnêteté et d'efficacité. Bien qu'il ait augmenté les taxes pour éponger les énormes dettes contractées par Néron, il utilisa intelligemment l'argent pour restaurer la solvabilité de l'Empire, et investir dans des travaux publics comme le Colisée. Il établit également des salaires pour les professeurs d'éloquence romains et grecs.

 

Vespasien s'entendait bien avec le Sénat même s'il ne lui accordait aucun pouvoir. Il traita ce corps auguste avec respect et courtoisie, bien qu'il ne lui tolérait aucune erreur. Il aida également à diversifier la représentation, en promouvant de nombreux aristocrates provinciaux aux sièges sénatoriaux. Qu'il serait déifié après son règne ne faisait aucun doute, bien que Vespasien lui-même semblait peu enclins aux honneurs; sur son lit de mort, il dit "Bon sang, je me sens devenir un dieu".

 

LES FILS DE VESPASIEN

 

 Un des accomplissements les plus notables de Vespasien fut de convaincre l'armée romaine d'accepter une autre lignée que celle de Julius Caesar, à leur tête. Vespasien était déterminé à fonder une dynastie, disant "Mes fils me succéderont ou personne ne le fera". En fait, ses deux fils lui succédèrent.

 

L'aîné des fils de Vespasien, et son héritier, Titus, fut l'un des Empereurs les plus adorés et les plus malchanceux de l'histoire de Rome. Son père le forma soigneusement pour en faire son héritier, et partagea même le Principat avec lui pendant ses dernières années. Mais Titus mourut d'une fièvre à peine deux ans après son accession, à l'époque de l'éruption du Vésuve qui détruisit les villes de Pompéï et Herculanum, et d'un gigantesque incendie à Rome. S'il avait vécu plus longtemps, il aurait pu se faire des ennemis; mais il mourut au tout début de son règne, et fut instantanément déifié.

 

Vespasien ne s'était jamais préoccupé de préparer son second fils, Domitien, à la fonction d'Empereur. En fait, Titus et lui semblent toujours avoir voulu écarté Domitien du pouvoir et de l'influence de Rome. Il est possible que Vespasien préférait tout simplement Titus qu'il ne supportait aucune compétition pour le règne de son fils aîné, ou pensait-il que son fils cadet n'était pas fait pour être Empereur. Quelles qu'en soient les raisons, le père de Domitien ne l'avait jamais considéré comme son successeur -- Domitien devint naturellement horriblement jaloux de son propre pouvoir quand il acquit le siège impérial.

 

Domitien régnait de façon autocratique dès le début. Il dédaigna le Sénat, l'ignorant la plupart du temps, et l'humiliant quand il daignait remarquer son existence. Les Légions, au contraire, recueillaient ses faveurs et son suffrage. C'est sans doute leur soutien qui lui a permis  de rester aussi longtemps au pourvoir.

En 86 ap. J.-C., cinq ans après son ascension, il décida de ne pas attendre la décision posthume du Sénat et se proclama lui-même dieu vivant. En persécutant le Sénat et les citoyens de Rome de procès et d'exécutions pour trahison, Domitien avait fini par tenir toute la classe supérieure dans un règne de terreur. Publiquement, Domitien décréta que les Romains devaient respecter un code moral strict et élevé, et que tout manquement serait sévèrement punis. Cela donnait une excuse supplémentaire à Domitien pour exercer son pouvoir suprême; dans sa vie privée, il faisait comme il l'entendait, allant même jusqu'à prendre pour maîtresse l'un des ses nièces.

 

Mais la tyrannie de Domitien concernait strictement la cille de Rome même. Il choisissait des gouverneurs compétents pour les provinces, qui avaient trop peu de Domitien pour risquer de commettre des mauvais pas. Sur le plan militaire, Domitien montra peu d'intérêt en acquérant de nouvelles terres pour Rome; son activité en cette matière s'est limitée à contenir une rébellion en Afrique, étendre la province de Bretagne vers l'Ecosse, et luttant avec les problèmes récurrents à Dacia. Chez lui, le seul accomplissement positif de Domitien fut de promouvoir un plan de reconstruction et d'embellissement de Rome. Il n'avait cependant aucun talent de gestionnaire et déclencha des problèmes économiques en finançant ses projets de construction.

 

Les dernières années du Principat de Domitien étaient remplies d'incessants procès de trahisons et d'exécutions qui décimèrent sérieusement le corps du sénat. Finalement, le capitaine de la Garde Prétorienne (avec l'aide de la femme de Domitien), s'arrangea pour assassiner le tyran. Le Sénat -- du moins ce qu'il en restait -- avoua sa propre haine en déclarant le règne de Domitien Damnatio Memoriae.

 

Chapitre VI: Les Empereurs Antonins

 

 Les Empereurs Antonins

 

Fort heureusement, la chute de la dynastie Flavienne n'a pas généré le même chaos que celui qui avait suivi celle des Julio-Claudiens. L'éviction de Domitien semblait avoir été bien coordonnée, le sénat ainsi que la Garde Prétorienne ayant élu un nouvel Empereur avant même que le corps de ce dernier ne se soit refroidi. Le nouvel homme fort de Rome ainsi élu était un vieux sénateur du nom de Marcus Cocceius Nerva. Son premier geste fut de suspendre les lois sur la trahison créées par son prédécesseur et de rappeler tous les exilés politiques. Son accession au trône marque l'aube de ce que l'on a appelé la dynastie Antonine, bien qu'il ne s'agisse en réalité pas d'une authentique dynastie, l'Empereur l'ayant initié n'étant entré en fonction qu'au milieu d'une période donnée, et non à son début.

 

En dépit de la brièveté de son règne, Nerva eut le temps d'accomplir deux choses des plus importantes. D'une part, il put éviter d'être renversé suffisamment longtemps pour que la société romaine se remette de l'assassinat de Domitien, évitant par là même une probable guerre civile. D'autre part, au lieu de tenter d'établir sa propre dynastie comme bon nombre de ses prédécesseurs, Nerva choisit comme successeur le meilleur Empereur potentiel, ce qui permit l'émergence de l'Age d'Or de l'Empire Romain.

 

Au grand dam des historiens, il ne reste que peu de traces dudit Age d'or. La plupart des témoignages qu'il nous reste des premiers Empereurs provient de l'ouvrage de Suetonius, "Les vies des Césars", fascinant livre s'achevant au terme du règne de Domitien. Seuls quelques fragments d'information sur la période lui succédant subsistent encore.

 

L'Empereur modèle

Gardien des frontières

Tranquillatas et Concordia

L'Empereur philosophe

Le dernier des Antonins

 

L'EMPEREUR MODELE

 

 Sous Nerva, le seul risque de coup d'état provenait en réalité des Légions, qui n'appréciaient guère l'idée d'être gouvernées par un sénateur sans aucune expérience militaire. Cependant, le choix de Nerva concernant son successeur eut tôt fait de calmer les esprits. Marcus Ulpius Traianus, car c'était de lui qu'il s'agissait, plus connu sous le nom de Trajan, était en effet un général aussi célèbre que respecté. Nerva en fit même son propre fils, fait unique à une époque où l'on choisissait toujours un héritier parmi sa famille, fut-elle directe ou par alliance. Trois mois après l'adoption, Nerva décéda de mort naturelle, ce qui n'est pas moins rare pour un César. Bien que n'ayant servi que deux trop courtes années, il fut sans contestation aucune déifié par le sénat.

 

Trajan fut le premier Empereur de Rome à, non seulement ne pas avoir la nationalité romaine, mais de surcroît à n'être pas même Italien, étant né dans une famille de l'aristocratie espagnole ! En outre, il possédait des vertus aussi rares chez les Césars que l'affabilité, la modestie et l'humilité. Bien qu'étant clairement un autocrate, il n'était affligé d'aucun des vices de Domitien, et régna en despote éclairé adoré par son peuple. Sans que jamais son autorité ne soit mise en doute, il traita le sénat avec courtoisie et respect, et se lia même d'amitié avec bon nombre de ses membres. Du reste, lui aussi avait répété le serment de Nerva de ne jamais faire assassiner de membre du sénat lors de son intronisation. C'est ainsi qu'il parvint à gagner de tous le respect, mais également l'amour, une tâche sans aucun doute bien plus ardue.

 

Apprécié à Rome, le nouveau César consacra beaucoup d'argent à l'amélioration des conditions de vie dans lesdites provinces, notamment par la construction de nombreuses routes. Enfin, Trajan se montra impitoyable avec les gouverneurs coupables d'abus de pouvoir envers leurs sujet, n'hésitant pas à les traduire lui-même en justice. Pour ce qui est des affaires étrangères, il abandonna la politique d'Auguste visant à limiter l'expansion de l'Empire et créa quelques nouvelles provinces, telles que l'Arabie, l'Assyrie et l'Arménie. Il conquit également Dacia la retorse, dont les mines d'or constituèrent pour lui une manne des moins négligeables. Sous le règne de Trajan, l'Empire Romain atteint son expansion géographique la plus importante.

 

Il fut l'initiateur de nombreuses constructions à Rome et dans les provinces, réorganisa les finances impériales et mis en place des subventions destinées à venir en aide aux orphelins. Il effectuait de plus régulièrement des donations aux oeuvres de charité et organisait de grands festivals pour le bonheur de son peuple, dont l'un dura plus de cent jours ! En 114 ap. J.-C., le Sénat lui décerna le titre d'"Optimus"("Le Meilleur"), l'un des rares honneur qu'il ait accepté qu'on lui accorde. Bien qu'ayant publiquement à de nombreuses reprises exprimé son désaccord avec la politique de déification des Empereurs, il fut bien évidemment sacré Dieu à sa mort, ce qui l'aurait sans doute plongé dans l'embarras le plus profond s'il avait été là pour l'entendre.

 

GARDIEN DES FRONTIERES

 

 Tandis qu'il préparait une nouvelle campagne militaire en Mésopotamie, Trajan tomba très malade et fut pris de violentes fièvres. Sur son lit de mort, il adopta Publius Aelius Hadrianus - un membre lointain de sa famille, ami de longue date - pour fils et en fit son héritier. S'il était comme son prédécesseur général et Espagnol, ne partageait cependant pas ses convictions concernant l'expansion de l'Empire, et revint aux théories d'Auguste selon lesquelles il fallait le conserver dans des frontières défendables. L'un de ses premiers geste fut de se retirer des conquêtes de l'est, abandonnant l'Assyrie et restaurant pour l'Arménie le statut d'état allié de Rome, et non de province. Si sa retraite d'Assyrie causa le mécontentement de bien des généraux Romains, elle n'en était pas moins une décision des plus sages; cette nouvelle province n'avait en effet jamais totalement été conquise, juste envahie, et la rébellion se préparait déjà. Par ailleurs, il fit en Angleterre et en Allemagne construire d'imposantes murailles pour se prémunir des invasions de barbares.

 

Hadrien était un Empereur à la fois talentueux et libéral dont les aptitudes étaient égales dans les aspects militaires, administratifs et politiques de sa position. Il fut fortement influencé par la pensée grecque, et il pensait que "le Souverain existe pour l'Etat et non l'Etat pour le Souverain". Ses origines provinciales l'amenèrent à considérer l'Italie et Rome comme les composantes d'une entité plus vaste, et il offrit des sièges de sénateurs à de nombreux provinciaux. Le changement administratif le plus sérieux opéré par Hadrien fut l'abolition de l'obligation pour les Equites de servir dans l'armée avant de pouvoir mener une carrière civile. Bien que tout ait bien fonctionné pendant un temps, ce fut le début de la séparation entre les branches militaire et civile du gouvernement, ce qui aurait de lourdes conséquences au cours des années suivantes.

 

A l'instar de Nerva et de Trajan, Hadrien fit lui aussi le serment de ne pas exercer de répression féroce envers les membres du Sénat, et respecta tout autant cette institution. Pourtant, le Sénat ne lui rendit jamais tout à fait l'affection et la confiance qu'il plaçait en lui. Il lui manquait le charisme d'un Trajan, sa politique étrangère semblait aux tribuns frileuse et bien peu glorieuse, et il accordait trop d'attention aux provinces au détriment de Rome.

En 115 ap. J.-C., Hadrien fut frappé par une maladie débilitante incurable. Son règne devint alors bien plus tyrannique qu'auparavant, et il se mit à se chercher un successeur avec ferveur. Il n'avait aucun enfant ou allié proche pouvant remplir cet office; il avait toujours eu une attitude distante, ce qui est du reste l'une des raisons pour lesquelles il n'avait jamais été apprécié du Sénat. Après avoir considéré puis écarté diverses solutions, il fixa son choix sur Titus Aurelius Antoninus, un sénateur âgé de plus de cinquante ans, et l'adopta afin d'en faire son héritier. Mais inquiet de ce que son poulain soit lui-même proche de la mort, il lui fit à son tour adopter deux jeunes garçons de son choix, Marcus Aurelius Antoninus (Marc-Aurèle), seize ans, et Lucius Verus, de neuf ans son cadet. Peu après ces événements, Hadrien passa de vie à trépas.

 

TRANQUILLATAS ET CONCORDIA

 

Hadrien n'avait aucune raison de se faire du souci pour la santé de son héritier, puisque le nouveau César régna lui aussi durant plus de vingt ans, et fut selon quelques sources "l'Empereur le plus aimé de tous". Les pièces frappées sous Antoine portaient gravés les mots "Tranquillitatas" et "Concordia", littéralement "tranquillité" et "paix".

La première action entreprise au début de son règne fut d'exercer une pression considérable sur le sénat afin de le contraindre à déifier Hadrien. Comme nous l'avons vu plus haut, ce dernier n'a en effet jamais été très populaire, en dépit de ses compétences, mais les discours enflammés d'Antoine finirent par avoir raison des scrupules du Sénat, qui précéda également le nom d'Antoine du préfixe "Pius", en hommage à son père adoptif. A l'instar des deux précédents césars, Antoine était un provincial, né de père Gaulois et de mère Espagnole.

 

Les témoignages du règne d'Antoine sont hélas aujourd'hui très rares, mais le peu qu'il nous reste est unanimement positif. Le nouveau Princeps parvint à réaliser un tour de force dont rêvent bien des politiciens contemporains : celui de baisser les impôts tout en augmentant les dépenses publiques. Il mit également en oeuvre une réforme du code civil romain visant à rétablir l'impartialité de la justice et l'équité des citoyens devant la loi. Enfin, s'il dut bien défendre en quelques occasions des frontières de l'Empire menacées, et repousser quelques raids de barbares, il eut le mérite de ne déclarer aucune guerre durant son règne.

 

Afin d'assurer sa succession, Antoine accéda aux souhaits passés d'Hadrien et maria sa fille à Marc-Aurèle, l'un des enfants qui lui avaient été ordonné d'adopter, et en fit son héritier. A sa mort, en 161 ap. J.-C., il fut longtemps pleuré et regretté dans tout l'Empire, et promptement déifié. Enfin, en guise d'ultime hommage, toute la lignée des Empereurs de l'Age d'Or furent dotée de son nom : les Antonins.

 

L'EMPEREUR PHILOSOPHE

 

 Marc-Aurèle fut un César tout à fait dans la lignée d'Antoine : calme, tranquille et pacifiste. Mais s'il avait hérité de la personnalité de son prédécesseur, il lui manqua en revanche sa bonne fortune.

 

Marc-Aurèle aurait sans doute été bien plus heureux comme philosophe ou érudit que comme Empereur. Ses nombreux écrits qui sont parvenus jusqu'à nous à travers les siècles révèlent un homme d'âme noble, réfléchi et consciencieux, bien qu'assez pessimiste, ce qui est aisément compréhensible, étant donné les événement ayant émaillé son règne. Il n'appréciait guère la tâche que lui avait décerné Antoine, mais avait le sens du devoir et tint son rang du mieux qu'il put.

Bien que Marc-Aurèle se soit acquitté de sa tâche avec les honneurs, son désintérêt profond pour la fonction d'Empereur l'a probablement amené à faire en quelques occasions de graves erreurs de jugement. Dans sa volonté de respecter scrupuleusement les volontés d'Hadrien, il nomma dès son entrée en fonction son frère adoptif Lucius Verus co-Empereur. Si ce dernier était un être arrogant et stupide, il n'était heureusement cependant pas très ambitieux, et se contenta sans peine de vivre de fêtes et d'orgies tandis que son frère s'occupait de gouverner. Cependant, ce partage du pouvoir créa un précédent malheureux qui augurait de la future division de l'Empire.

 

Très vite, Marc-Aurèle connut des problèmes bien plus graves que la présence d'un frère totalement irresponsable à ses côtés. L'agitation régnait sur beaucoup de frontières de l'Empire, et par un curieux paradoxe, le très pacifique Marc-Aurèle fut contraint de passer plus de temps en campagne, à la tête de ses troupes, que n'importe quel César l'ayant précédé. Les Parthes l'envahirent à l'est, tandis que la Gaule se révoltait ainsi que la Mauritanie, de plus, une rébellion vit le jour dans le Delta du Nil ! Pire encore, les tribus germaniques de la région du Danube s'allièrent et écrasèrent les Légions romaines, puis progressèrent à travers Noricum et Pannonia jusqu'à l'Adriatique. L'empereur fut forcé de vendre des biens impériaux afin de réunir les fonds nécessaires à la levée d'armées pour lutter sur tous ces fronts, et d'enrôler gladiateurs et esclaves dans ses troupes pour pallier à la déficience d'hommes valides. Il parvint tout de même à faire battre en retraite les tribus germaniques, mais au prix de lourdes pertes. Pour finir, les soldats de retour de la campagne les opposant aux Parthes ramenèrent avec eux une épidémie aussi contagieuse que dévastatrice, qui ravagea Rome et plusieurs autres cités de l'Empire ! Quelques historiens avancent cette épidémie comme étant l'une des raisons majeure du déclin de Rome.

 

En 177 ap. J.-C., une fausse rumeur se propagea dans Rome, attestant que Marc-Aurèle avait été tué lors d'une bataille. Un général romain en profita pour essayer de renverser le gouvernement afin de se faire sacrer empereur à son tour. Bien que cette tentative de coup d'état ait échoué, elle amena Marc-Aurèle à commettre sa seconde erreur : il nomma son fils Lucius Aelius Aurelius Commodus, âgé de seize ans à peine, co-empereur. Lorsque trois ans plus tard, il décéda cette fois pour de vrai lors d'une campagne, il fut déifié et Commode proclamé empereur.

LE DERNIER DES ANTONINS

 

 Marc-Aurèle, qui avait géré l'Empire avec sagesse tout au long de son règne, commit cependant une énorme bourde en abandonnant la tradition voulant qu'un César choisisse son successeur en fonction de ses compétences, et non par les liens du sang. Commode ne voulait pas du titre d'Empereur, et n'était certes pas qualifié pour cette lourde tâche. Le sens du devoir ne comptait pas au nombre de ses qualités, et il ne tenta même pas d'assumer sa charge au mieux. Il était une fois de plus la preuve vivante que les jeunes hommes immatures ne devaient à aucun prix accéder au poste de César.

 

Commode était passionné par le sport, et voulait devenir un super athlète. Il commença donc à organiser et sponsoriser de nombreuses compétitions sportives auxquelles il participait (et qu'il remportait systématiquement). Il alla même jusqu'à descendre dans les arènes pour y combattre en tant que gladiateur, comme n'importe quel esclave. Bien qu'il se prenne pour la réincarnation d'Hercule, Commode était à la fois lâche et cruel. Il traitait le Sénat avec mépris, multipliant les indicateurs dans leur entourage et les procès pour haute trahison. Quant à la Garde Prétorienne, il ne cessa au contraire de la couvrir de pots de vin pour s'assurer sa fidélité.

 

Heureusement pour lui, Commode avait la chance de disposer de généraux compétents pour assurer la sécurité le long des frontières, alors que lui-même n'accordait aucune attention à la préservation de l'Empire. Mais il créa un grand ressentiment parmi son peuple en levant des taxes toujours plus lourdes afin de payer les multiples tournois sportifs qu'il organisait. Grisé par son propre pouvoir, il suivit les traces du dernier grand tyran romain et s'auto proclama Dieu vivant. Peut-être, à l'instar de Domitien, réalisait-il que ses chances de déification posthume étaient plus que minces, et que la seule adoration qu'il obtiendrait jamais devrait être obtenue de force, de son vivant.

 

Le règne de Commode s'acheva du reste de la même façon que celui de Domitien : par la trahison de ses proches. Le capitaine de la Garde Prétorienne et la maîtresse favorite du César s'allièrent et achetèrent son sparring-partner pour qu'il l'étrangle durant un entraînement à la lutte. Le Sénat ne perdit bien évidemment pas de temps à déclarer le règne de Commode Damnatio Memoriae.

 

Chapitre VII: Le Long Déclin

 

 La mort de Commode en 192 ap. J.-C. marqua le début d'une année fertile en empereurs et en assassinats, bon nombre de généraux tentant par le biais de la guerre civile de s'approprier le pouvoir. Mais cette fois, il n'y aurait hélas pas de Vespasien pour sortir Rome de l'ornière. C'est Septime Sévère qui obtint le sacre en 193 ap. J.-C. Il pensait que le pouvoir à Rome ne reposait que sur l'appui des armées, et se montra très généreux avec ses Légions, tout en ignorant Sénat et traditions de gouvernement romaines.

 

Septime Sévère fonda une dynastie des plus catastrophiques, les Empereurs Severins, qui se montra totalement incapable de rétablir ne serait ce qu'un semblant d'ordre au sein de l'Empire. Tout au long des cinquante années que durèrent leur règne, ils accrurent toujours davantage le pouvoir des Légions au détriment de celui du gouvernement civil, ce qui les mena tout droit à une conclusion des plus prévisibles : en 235 ap. J.-C., Septime Sévère Alexandre, dernier de la lignée, fut assassiné par ses propres troupes lorsqu'il ne paya pas un pot de vin promis au préalable. Durant le demi siècle suivant, le pouvoir fut détenu par quinze Césars différents. Le seul d'entre eux ayant démontré une quelconque aptitude pour l'exercice du pouvoir fut Aurélien, (270 à 275) et apporta une paix fragile à l'Empire avant d'être exécuté par quelques uns de ses propres officiers. Aurélien fut le premier empereur à se réclamer de gouverner par la volonté de Dieu (dans son cas, le soleil invaincu); ainsi, son règne est souvent considéré comme étant la période ou le Principat (dignité impériale) devint le "Dominat", en référence au titre d'Aurélien de Dominus et Deus (maître et Dieu).

 

L'ordre fut brièvement restauré avec l'ascension de Dioclétien en 284, mais cette restauration nécessita une complète révision du gouvernement. Pour ce faire, Dioclétien mit en place une toute nouvelle structure appelée tétrarchie. Au sommet de la pyramide de ce nouveau système se trouvaient deux co-Empereurs, les "Augustes", ainsi que deux vice-Empereurs bien plus jeunes, appelés "Césars". C'est également durant cette période qu'il apporta une autre innovation de taille, rendue nécessaire par le déclin des naissances et la pénurie d'hommes au sein de l'Empire. Dioclétien édicta une loi selon laquelle les Romains étaient dans l'obligation d'embrasser la même profession que leurs pères, les fils de soldats demeurant soldats, les fils de fermiers, fermiers. De plus, les les déplacements des paysans étaient limités aux terres qu'ils labouraient, ils ne pouvaient pas se rendre ailleurs sans la permission de l'Empereur. Dans ces lois, on discerne clairement les prémices du système féodal.

 

La tétrarchie de Dioclétien ne lui survécut cependant pas, ce qui ne fut une surprise pour personne, et vingt ans de chaos absolu lui succédèrent. En 324 ap. J.-C., l'Empereur Constantine parvint au pouvoir,  et opérait deux changements de taille dans la société romaine. D'une part, Constantine fut le premier empereur à se convertir au catholicisme, qu'il érigea au rang de religion d'état. Par ailleurs, il ordonna la construction d'une "nouvelle Rome" sur le site de l'antique cité de Byzance, qui devint après sa christianisation Constantinople, et prit tant d'importance qu'elle devint rapidement le centre d'activité le plus important de l'Est de l'Empire. Il envisagea du reste plusieurs religions différentes, dont le Mithraïsme, avant d'arrêter son choix sur le christianisme. Mais même si sa recherche fut guidée par le pragmatisme, il est probable que sa conversion fut sincère, car c'était un homme empreint de spiritualité.

 

La création de Constantinople initia la séparation des moitiés est et ouest de l'Empire. Une grande part de l'administration qui était jusque là conduite à Rome fut délocalisée vers la nouvelle cité. En 364 ap. J.-C., l'Empereur Valentin divisant officiellement l'Empire en deux, s'adjugeant la partie ouest tandis qu'il confiait l'est à son frère Valens.  Ceci accéléra le processus de déclin amorcé avec la tétrarchie chère à Constantine, car aucuns des quatre co-dirigeants n'avait voulu de Rome comme base principale. Au début du Ve siècle, la dégénérescence de Rome était si avancée qu'Alaric, chef de la tribu germanique des Wisigoths, parvint à envahir et à mettre à sac l'ex-glorieuse cité sans rencontrer de résistance majeure. Alaric, récemment converti au Christianisme, pilla les temples païens mais laissa les églises intactes.

 

En 406 ap. J.-C. débutèrent, en provenance d'Asie, les grandes invasions des Huns, avec à leur tête Attila. Devant la férocité des envahisseurs, beaucoup de tribus s'enfuirent vers l'est ou l'ouest. Coincés entre les Mongols et les Romains, les Germains adoptèrent la politique du moindre mal et déferlèrent conséquemment vers Rome. L'Empereur fut forcé de rappeler les troupes stationnées dans les provinces pour qu'elles participent à la défense des zones centrales de l'Empire, abandonnant la Bretagne aux Pictes et aux Celtes, qui firent très vite à leur tour l'objet d'une invasion des Angles, Saxons et Jutes. L'Espagne devint alors indépendante, et les Vandales mirent la main sur l'Afrique du Nord. Vers 450 ap. J.-C., l'Empire Romain avait pratiquement disparu, la compétition étant engagée entre les différentes tribus germaniques pour savoir qui récolterait la plus grande part du butin. Le vainqueur de cette épreuve fut Odocaer, leader d'une armée de mercenaires germaniques, qui entra dans Rome, renversa son tout dernier "César" (Romulus Augustulus), s'assit sur le trône et se proclama Roi d'Italie. Bien que la partie Orientale de l'Empire ait survécu sous le nom d'Empire Byzantin, avec Constantinople pour capitale, rie

Par QUERE - Publié dans : histoirefr
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Dimanche 22 mai 2005

 

 

       WATERLOO

1.0 Aperçu de la Campagne

 

LE RETOUR DE NAPOLEON

Après une aventure désastreuse en Russie en 1812 et une guerre d’usure durant les années 1813-1814, apoléon fut contraint d’abdiquer en avril 1814. Il fût exilé à l’île d’Elbe avec une garde personnelle de 1000 hommes. Pendant ce temps, la coalition contre la France ne survécut pas à la fin de la guerre. Au Congrès de Vienne, les alliés commençèrent à se quereller et à se disputer. Des états mineurs étaient échangés ou vendus comme de la vulgaire petite monnaie dans la réorganisation de l’Europe. Le principal instigateur de ces problèmes était Talleyrand, Prince de Benevente (l’adversaire politique de Napoléon). Il voulait que les Alliés expatrient Napoléon le plus loin possible de l’Europe : les Açores, ou mieux encore dans les Caraîbes et Sainte-Hélène. Les troubles en France laissèrent à Napoléon une toute petite opportunité de revenir.

 

Napoléon débarqua dans le Sud de la France le 1er mars 1815, et entama sa marche avec derrière lui sa Garde Impériale composée de 1000 hommes. A Nice, il récupéra d’autres partisans; vers Grenoble, les partisans se transformèrent en un véritable flot et aux alentours de Lyon, ce flot se changea en un torrent de soutien populaire. Chaque armée envoyée pour le capturer rejoignait cette foule de partisans. Napoléon arriva à Paris le 20 mars.Le 25 mars, les alliés mirent de côté leurs différends et déclarèrent la guerre à Napoléon (et non pas à la France) et engagèrent 600 000 hommes pour le faire prisonnier et le chasser d’Europe une bonne fois pour toute. Les positions de Napoléon n’étaient cependant pas sûres d’un point de vue politique ou militaire. Une révolte avait lieu en Vendée, et la Chambre des députés demeurait prudente et peu convaincue que la France entière soutenait le retour de Napoléon. Après les rejets de ses offres de paix mi-avril , Napoléon disposait de toutes les justifications dont il avait besoin pour déclarer sa guerre.

 

 

UNE VICTOIRE RAPIDE

 

Napoléon avait besoin d’une victoire rapide pour assurer politiquement sa position et espérer diviser les alliés et détruire la coallition. Avec cinq armées mobilisées contre lui, Napoléon devait agir vite. Au 20 mai, seules les armées de Blücher et de Wellington étaient déployées près de la France. Napoléon décida de lancer son attaque contre Wellington et Blücher, de les empêcher de se réunir et de les vaincre à tour de rôle. Il espérait ainsi mettre fin à la guerre.

 

Napoléon rassembla rapidement 120 000 hommes et les fit traverser secrètement mais rapidement la Sombre durant la nuit du 15 juin. Welligton et Blücher furent pris par surprise, avec leurs forces dispersées dans toute la campagne. L’Armée du Nord était divisée en deux ailes, le Maréchal Ney commandant l’aile gauche, constituée du Ier et du IIème Corps ainsi que de quelques détachements de la cavalerie de la Garde, et Grouchy commandant l’aile droite, composée du IIIème Corps et du Corps de Cavalerie. Napoléon contrôlait pour sa part le VIème Corps ainsi que sa redoutable Garde Impériale, laissée à la traîne de chacune des deux ailes afin qu’elle puisse se rendre là où l’on aurait besoin d’elle.

 

Napoléon ordonna à Ney de se porter en avant de l’armée anglo-alliée et de prendre possession de Quatre-Bras, puis de pivoter vers la gauche et frapper les prussiens par l’arrière. Pendant ce temps, Grouchy et Napoléon ouvriraient le feu sur les prussiens à Ligny. Mais Ney retarda son attaque, et lorsqu’il se décida finalement à attaquer pour de bon, l’armée anglo-alliée avait été suffisamment renforcée à Quatre-Bras pour stopper les français.

A Ligny, les Prussiens tinrent plusieurs heures, mais ne purent résister lorsque Napoléon lâcha la Garde. Parce que Ney n’avait pas réussi à prendre rapidement Quatre-Bras, les Prussiens purent s’échapper dans la nuit. Accompagnés de l’armée anglo-alliée, ils battirent en retraite , mais ils avaient avant essuyé de lourdes pertes.

 

Grouchy était chargé de poursuivre les prussiens et de les empêcher de faire le lien avec l’armée de Wellington, pendant que Napoléon (avec l’aile gauche) pourchassait l’armée anglo-alliée afin de la détruire. Cette nuit, un orage fit perdre à Grouchy la trace des Prussiens, et quand il finit par les retrouver, il était trop tard. Ils avaient changé de direction et allaient maintenant vers Wavre. Depuis Wavre, ils n’auraient pas de problèmes pour rejoindre l’armée anglo-alliée, si Wellington ne se faisait pas battre à Waterloo.

 

2.0 Aperçu de la bataille

 

L’armée du Nord avait été harassée par les pluies, les mauvaises routes et les marches forcées. Dans des circonstances ordinaires, il eut été judicieux de lui accorder un peu de repos, et par la suite de déloger Wellington en manoeuvrant. Mais d’autres armées étaient sur le point d’envahir la France, et Napoléon et ses hommes auraient vite été appelés ailleurs. De plus, Blücher devait arriver sous peu avec des renforts et essayer une fois de plus d’effectuer sa jonstion avec l’armée anglo-alliée. Il était donc nécessaire de s’occuper des anglais le plus tôt possible.

4.0 Remarques sur les forces armées

L’armée anglo-alliée occupait un plateau au Sud du Mont Saint Jean. Le versant Sud du plateau pareil à un mur de château, offrait à la fois de bons champs de tir et un bon aperçu des opérations de l’armée française. Le flanc droit anglais s’étendait jusque derrière Braine-l’Alleud, et un corps détaché néerlandais, fort de 15000 hommes, était déployé jusqu’à Halle afin de couvrir la route allant de Mons à Bruxelles. La position anglaise possédait de gros avantages du point de vue défensif, avec les villages de Braine-l’Alleud et de Merbe-Braine et les structures fortifiées de Hougoumont, La Haye-Sainte, La Haye et Frichemont jouant le rôle de bastions avancés qui soutenaient et protégeaient la ligne entière. A Hougoumont, loin devant la principale ligne défensive, la Garde anglaise appuyée par les troupes Hanovriennes et de Nassau creusaient des orifices de tir dans les murs du château et du jardin, protégeaient l’enceinte du parc, et transformaient cet endroit en une véritable forteresse. Derrière l’armée anglo-alliée s’étendait la forêt de Soignies, qui, comme le croyait Napoléon, bloquerait une éventuelle retraite anglaise. Wellington savait que non puisqu’elle n’était composée que de peu de sous-bois. L’armée anglo-alliée comptait quelques 74 000 hommes et environ 160 canons, alors que l’armée prussienne ne réunissait que 52 000 hommes et 126 canons.

 

 

 

 

Puisque Wellington avait décidé d’attendre la bataille, Napoléon dut déterminer un plan d’attaque. Manoeuvrer par la gauche pour encercler le flanc droit de l’armée anglo-alliée pourrait couper leur retraite de ce côté-ci de la forêt, mais séparerait les français de leur centre d’opérations et pousserait Wellington en direction de Blücher. Cette aile était aussi solidement ancrée par Hougoumont, Braine-l’Alleud et Merbe-Braine. Attaquer le flanc gauche anglais était donc préférable vu qu’il maintenait un lien direct sur une ligne intérieure avec le Maréchal Grouchy, qui était plus loin sur la droite. Mais comme dans cette direction, le sol n’était pas favorable, Napoléon décida d’utiliser le Ier Corps d’Erlon, qui s’étendait vers l’Est à partir de La Belle Alliance, à la fois pour frapper le flanc gauche et percer le centre de la ligne anglo-alliée. Le Maréchal Ney devait conduire trois des divisions du Corps à l’Est de La Haye-Sainte, la quatrième division de Durutte devant attaquer l’ennemi par la gauche à Papelotte. Le IIème Corps de Reille était positionné à l’Ouest de La Belle-Alliance, la division du Prince Jérôme étant, quant à elle envoyée pour attaquer la ferme-château de Hougoumont. Le Comte Lobau, avec le VIème Corps et une cavalerie massive restaient en réserve pour soutenir l’attaque de Ney. Finalement, 24 bataillons de la Garde Impériale ainsi que les cuirassiers du Duc de Valmy formaient la réserve centrale, prête à attaquer à point nommé et au moment décisif. Au total, les forces de Napoléon comptaient approximativement 75 000 hommes et quelques 254 canons.

 

Napoléon voulait lancer l’attaque tôt le matin, mais la boue résultant des averses des nuits passées empêcha certains de ses hommes d’atteindre leur position à temps. Le problème était tout particulièrement grave concernant les batteries d’artillerie françaises, dont les armes étaient impossible à manoeuvrer sur le sol mou. Vers 11h30, l’attaque fut finalement lancée sur Hougoumont, par un assaut de diversion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4.0 Remarques sur les forces armées

 

 

5.0 Notes françaises

 

La grande majorité des troupes de l’armée française était composée de volontaires hautement dévoués à l’Empereur. Les hommes de ligne étaient presque tous Français, et la plupart avaient d’ailleurs déjà combattu lors des campagnes précédentes. Les soldats pensaient combattre pour protéger leur pays contre les invasions étrangères, et étaient pour cette raison très motivés. Etant relativement homogène dans sa composition comparée à ses ennemis, dotée d’un bon encadrement et de constituée de troupes de qualité, cette armée était probablement l’une des meilleures que Napoléon ait jamais commandées.

 

6.0 Notes de l’armée alliée anglaise

 

L’armée anglo-alliée était une armée constituée de troupes anglaises, allemandes, de Brunswick, de Hanovre, de Nassau, et de Belges et Néerlandais. Les troupes britanniques, la King’s German Legion (légion allemande du roi, seule des alliés à parler l’anglais) et les troupes de Nassau étaient les plus fiables. Bien qu’entraînées, beaucoup des troupes anglaises n’avaient jamais combattu. Les troupes de Brunswick étaient jeunes et inexpérimentées, bien que très motivées ; elles se montrèrent d’une qualité presque aussi élevée que n’importe quelle unité présente ce jour-là. Les troupes de Hanovre étaient composées d’appelés, et la qualité s’en ressentait. Wellington les dispersa dans son armée pour limiter les désertions. Les Belges-néerlandais représentaient 30% de l’armée de Wellington et étaient ceux qui l’inquiétait le plus. Les Belges étaient proches des Français dans l’idéologie et la tactique, tandis que les Néerlandais étaient des appelés de qualité médiocre et peu motivés. L’encadrement belge-néerlandais était pour le moins douteux, et le résultat, c’est qu’il étaient encore moins efficace que prévu.

 

 

 

 

 

7.0 Notes prussiennes

 

 

L’armée prussienne était loin d’être homogène. Plus de la moitié de ses troupes était des « Landwehr »,  appelés entraînés à la hâte et peu armés qui manquaient de discipline, d’expérience et, dans bien des cas, de loyauté envers la Prusse. Les régiments prussiens d’engagés, bien qu’entraînés et bien équipés, représentaient une minorité au sein de leur propre armée. Pire encore, trop peu de commandants prussiens disposaient d’une expérience, les obligeant à commander des formations importantes mais défaillantes d’infanterie de qualité moyenne. Tout ceci faisait des Corps d’infanterie prussienns des massues dans lesquelles le nombre devait remplacer un bon commandement et de bonnes tactiques.  

La cavalerie ressemblait pour beaucoup à l’infanterie, mais dans l’ensemble, elle était plus loyale et d’avantage motivée. Et alors que le corps de cavalerie était plus important que ces homologues français et anglais, il était moins important que les énormes corps d’infanterie prussiens. L’artillerie prussienne, pour sa part, était importante et bien équipée, mais la plupart de ses servants manquait d’expérience et de formation (bien que tout considéré, elle ait été plus efficace qu’on ne l’espérait).

 

8.0 Ordre chronologique

 

18 juin 1815

3h30  Wellington reçoit confirmation de la part de Blücher que ce dernier viendra à son

aide au Mont Saint Jean.

3h48  Le IV ème corps prussien lève le camp près de Wavre.

9h00  L’armée anglo-alliée achève son déploiement au Mont Saint Jean.

11h30 Reille commence son assaut sur Hougoumont

 

Un bombardement de 24 canons du centre allié commence

11h15 Grouchy entend la canonnade mais décide de ne pas faire marche vers le bruit des

canons.

12h00 Lobau déploie ses hommes pour assurer la protection du flanc droit français

13h00 88 canons français bombarde maintenant le centre allié et le cadence de tir passe à

 

deux-trois boulets par minute.

13h30 Le Ier Corps d’Erlon, avec l’aide des Cuirassiers deTravers et de Dubois,

commence son assaut sur le centre allié.

13h45 Kempt contre-charge, stoppant l’assaut. Picton est tué.

14h00 Travers et Dubois attaquent Kempt et Pack, et les repoussent.

 

Uxbridge contre-attaque avec deux brigades appartenant à la cavalerie lourde et

tente de repousser les Français.

Une partie de l’artillerie française est débordée, mais une contre-charge de la

cavalerie française inflige de lourdes pertes à la cavalerie anglaise.

16h00 Le IV Corps prussien émerge du Bois de Paris.

Lobau avance et stoppe l’avancée prussienne.

16h00 Ney lance une charge de cavalerie sur le centre droit allié anglais, qui bientôt se

transforme en une attaque massive de cavalerie.

17h00 Le reste de la cavalerie française reçoit l’ordre de charger.

Le IIème Corps prussien arrive et avance sur la gauche du IVème Corps.

17h30 Reille envoie l’infanterie pour soutenir la faible attaque de la cavalerie française sur

le centre anglo-allié.

De chaque côté, on enregistre de lourdes pertes.

Lobau lutte désespérément pour défendre Plancenoit.

 

18h00 Ney organise sa troisième attaque sur le centre allié anglais.

La Jeune Garde est envoyée pour soutenir la défense de Plancenoit menée par Lobau.

18h30 L’assaut de Ney lui permet de prendre La-Haye-Sainte, et de menacer le centre

anglo-allié.

18h45 Le Ier Corps prussien arrive sur le flanc gauche allié anglais, permettant à

Wellington combler sa ligne.

19h00 Chasse reçoit l’ordre de combler les trous de la ligne anglo-alliée.

Wellington engage les Brunswickers, ses dernières réserves.

19h30 Assaut de la Garde sur le centre droit de l’armée anglo-alliée.

20h15 L’attaque de la Garde est repoussée.

 

Le Ier Corps prussien attaque                            .

 

21h00 Les Prussiens reprennent Plancenoit.

 

La Garde Impériale résiste pour la dernière fois.

21h30 Les Prussiens prennent Rossomme.

Napoléon quitte le champs de bataille après la désintégration de son armée.

 

9.0 Description des armes

 

 

Lance

         Dès le milieu du 17ème siècle, la lance, l’une des plus vieilles armes de la Cavalerie, disparaît. des guerres de l’Europe de l’Ouest. En Europe de l’Est, c’était principalement une arme polonaise, qui fit son retour progressivement vers l’ouest. Durant la période Napoléonienne, la plupart des grandes puissances avaient formé des régiments de lanciers, souvent composés de troupes d’origines polonaises et habillés dans des uniformes de style polonais, bien que ce ne soit jamais de grosses unités. Seules la France et la Russie formèrent des unités importantes de lanciers après 1811, car l’utilisation de la lance est un art délicat, et qu’il faut bénéficier de circonstances exceptionnelles pour qu’elle soit véritablement efficace.

 

         La lance était efficace contre la cavalerie ennemie seulement si l’ennemi ne pouvait pas contourner la charge. Si c’était le cas, dès que l’adversaire s’approchait à portée de sabre, le lancier était quasiment incapable de se défendre. Contre l’infanterie, la lance était par contre une arme vraiment redoutable. Les unités de lancier pouvaient attaquer les infanteries même au carré si le temps était mauvais, et pouvait pulvériser l’adversaire en restant hors de portée des bayonettes. Les lanciers étaient également très efficaces contre les artilleurs, qui pouvaient être touchés même allongés ou cachés sous leurs canons ou leurs avant-trains (qui leur offrait normalement une certaine protection contre les autres types de cavalerie).

Mousquet à canon lisse

         Le fantassin et son mousquet étaient les éléments fondamentaux des guerres napoléoniennes. Le mousquet était une arme à canon lisse avec allumage par un système de silex. C’etait essentiellement un tube en fer attaché à un morceau de bois. Se chargeant par le canon, les charges et projectiles devaient être introduits par la bouche. Situé sur le côté droit au dessus de la détente, un trou permettait à l’étincelle de pénétrer dans le tube et d’allumer la poudre. Cette étincelle était produite par le choc du silex sur un morceau d’acier que l’on appelait souvent la « platine ». Le projectile était une balle ronde en plomb pesant environ 30 g. La plupart des mousquets tiraient une cartouche préparée à l’avance qui consistait en un tube de papier graissé contenant la charge et la balle.

 

          Charger le mousquet nécessitait de la discipline et de la pratique. Le fantassin devait prendre une cartouche de son sac et en mordre le bout pour en détacher l’extrémité.  Il tenait alors le mousquet horizontalement et tirait en arrière le chien d’un demi-cran, en position de sécurité. (Ainsi, la gâchette n’aurait pas d’effet sur le chien, évitant un accident de tir). Il poussait alors la platine vers l’avant du fusil pour ouvrir le bassinet, y versait un peu de poudre et rabaissait la platine pour refermer le bassinet. Il plaçait ensuite le mousquet à la verticale, la crosse posée sur le sol, versait la poudre restante dans la bouche, et faisait alors tomber la balle derrière la poudre. Il ôtait ensuite la baguette de son logement (situé en dessous du canon), la retournait et bourrait le papier de la cartouche dans le canon pour bloquer la balle et la poudre. La baguette était alors remise dans son logement et le mousquet mis en position de tir. Ce n’est qu’à ce moment-là que le fantassin tirait complètement le chien en position et était prêt à tirer. La cadence de tir habituelle d’un mousquet était d’environ 3 balles par minute, et les troupes d’infanterie les mieux entraînées arrivaient à tirer quatre balles par minute.

 

          Pour tirer, le fantassin pointait simplement son mousquet dans la direction générale de l’ennemi et pressait la détente. (La poudre noire faisait de toute façon tant de fumée qu’après un tir ou deux, le fantassin ne pouvait probablement plus voir l’ennemi). En appuyant sur la détente, on libérait la gâchette qui poussait le chien et son silex contre la platine. Cela ouvrait également le bassinet, permettant aux étincelles d’allumer la poudre et la flamme passait par le trou dans le canon pour allumer la poudre, qui explosait bruyamment et libérait un nuage de fumée. La balle partait en imprimant au mousquet un recul vicieux.

 

          Le mousquet n’était pas une arme précise. A 100 mètres, une volée tirée par une unité en Ligne touchait sa cible environ 15% du temps ; à 200 mètres, environ 3 à 4% du temps. Et ce dans de bonnes conditions. Les pourcentages étaient encore plus réduit quand le stress, la fumée, la fatigue et les incidents de tir s’en mêlaient.

          Pendant les guerres Napoléoniennes, deux types de mousquets devinrent célèbres : ceux utilisés par la France et ceux utilisés par les Britanniques. Le mousquet français - le Charleville du nom de l’une des manufactures d’armes qui le fabriquait - était une bonne arme, mais ses performances étaient limitées par la mauvaise qualité de la poudre utilisée par les Français, qui tendait à salir le canon. (Il fallait le nettoyer environ tous les cinquante tirs.) Plus de deux millions de Charleville furent construits pendant cette période. Le mousquet britannique - le « Brown Bess » - était généralement une arme de bonne qualité, et un très grand nombre fût vendu aux alliés des Britanniques au fil des guerres. 1 604 000 mousquets britanniques furent fabriqués pendant cette période. 113 000 furent envoyés en Prusse et 60 000 en Russie, où ils étaient tellement prisés qu’ils furent donnés aux meilleurs soldats en récompense.

 

 

Fusil

         Durant les guerres napoléoniennes, les fusils à canon rayé n’étaient donné qu’aux plus doués des tireurs d’élite, et seul un très faible pourcentage des fantassin en était équipés. Le fusil rayé fonctionnait sur le même principe que le mousquet à canon lisse, mais son canon était gravé à l’intérieur de rayures. Ce rainurage fait tourner la balle sur elle-même, améliorant ainsi la précision de l’arme. Un fusil rayé dans les bonnes mains devenait une arme vraiment meurtrière. Il n’était pas rare de voir des fantassins tirer sur des batteries d’artillerie à 200 ou 300 mètres de distance, ou d’abattre des commandants avant même qu’ils aient commencés à aller de l’avant avec leurs troupes.

 

         Le mousquet à canon rayé était principalement une arme allemande dont le concept était tiré des fusils de chasse civils. D’où le concept des Jäger (chasseurs) allemands et des tactiques qu’ils employaient. La majorité des armées allemandes étaient dotées de formations de Jäger armés de mousquets à canon rayé. Les Britanniques commencèrent à utiliser des formations équipées de fusils rayés après avoir vu les dégâts que les mercenaires allemands leur avait fait subir lors de la guerre d’indépendance. Ils créèrent deux formations armées de fusils : le 95th Rifles (principalement des Anglais) et le 5th Battalion of the 60th Regiment of Foot (principalement des Allemands). Ces formations existaient à part entière, mais étaient généralement dispersées parmi les autres unités lors des combats. La Russie équipa ses compagnies de Jäger de fusils rayés, mais aucune formation de taille importante.

 

         Un des aspect intéressant du fusil à canon rayé est qu’il était souvent plus court. Cela permettait au tireur de charger et de tirer alors qu’il était allongé ou à genoux, et donc d’être en formation en tirailleur. La tactique des tirailleurs consiste à envoyer en avant des unités (généralement des compagnies) en ordre dispersé, qui utilise le couvert disponible, et qui se rapprochent à portée de tir des unités ennemies pour leur faire subir des pertes par un feu précis et dévastateur. Non seulement cela harasse l’ennemi et le rend plus fragile, mais cela permet de protéger les lignes principales derrière un écran de tirailleurs.

 

         Les plus célèbres des mousquets rayés qui furent utilisés durant la période Napoléonienne furent les fusils britannique «Baker», dont plus de 30 000 furent construits.

 

Sabre

         La principale arme de la Cavalerie durant la période napoléonienne était le sabre. Il existait une grande variété de modèles basés sur deux théories principales concernant son emploi. Certains pensaient que le coup le plus efficace était le coup de taille (par le côté), quand le coupant de l’arme était utilisé. Les autres pensaient que la poussée était plus efficace avec le coup d’estoc, lorsque la pointe de la lame traversait la victime.

 

         Le meilleur dessin d’un arme d’estoc est une lame fine et droite, tandis que les lames courbes (sabres) sont les plus efficaces pour les coups de taille. La plupart des cavaliers lourds étaient dotés d’une épée à lame droite plus épaisse que les armes d’estoc normalement utilisées. Cette épée permettait de frapper l’ennemi de taille autant que d’estoc. Les cavaliers légers par contre étaient généralement équipés d’épées à lames courbes (sabres), et utilisaient principalement des coups de taille mieux adaptés pour cette arme. L’utilisation d’une lame courbe était plus traditionnel qu’efficace, et la plupart des experts pensent que frapper d’estoc est la meilleure façon d’attaquer pour la cavalerie.

 

 

Artillerie

               Durant les guerres napoléoniennes, chaque nation avait son propre modèle d’artillerie, mais les dessins et les utilisations étaient essentiellement les mêmes. Il existait deux principaux modèles : le canon dont la longueur du tube mesurait en général douze fois le diamètre du boulet; et l’obusier, à canon plus court (et donc moins véloce) qui tirait de façon plus indirecte que le canon. L’artillerie était généralement classifiée en type selon le poids des boulets (le 9 livres par exemple), bien que les obusiers britanniques ait été classifiés en fonction de leur diamètre (obusier de 5,5 pouces). Toutes les pièces d’artillerie utilisées à l’époque était à âme lisse et à chargement par la bouche.

 

Les canons variaient en taille du 3 livres au 32 livres. Généralement, les canons les plus lourds utilisés sur le champs de bataille étaient des 12 livres, avec parfois des 18 et des 24 livres qui n’étaient utilisés que pour les sièges. Les canons et les obusiers étaient généralement regroupés en batteries de 4 à 8 pièces. La plupart était composée d’un mélange de différents canons qui leur permettait de servir tout au long de la bataille. Une batterie typique contenait 6 canons et 2 obusiers. A Waterloo, la plupart des nations avaient standardisé leurs batteries, ce qui permet de les classifier dans quatre groupes:

A = Batterie de 12 livres, avec:

[six canons de 12 et deux obusiers de 10 livres] ou

[six canons de 12 et deux obusiers de 6 pouces ]

B = Batterie de 6 ou 9 livres, avec:

[six canons de 6 etdeux obusiers de 5,2 pouces] ou

[six canons de 6 et deux obusiers de 7 livres] ou

[cinq canons de 9 et un obusier de 5,5 pouces]

C = [cinq canons de 9 et un obusier de 5,5 pouces]:

[6 obusiers de 5,5 pouces] ou

[six obusiers de 7 pouces]

D = Batterie d’artillerie à cheval avec:

[quatre canons de 6 et deux obusiers de 5,5 pouces] ou

[cinq canons de 6 et un obusier de 5,5 pouces]

 

Programme d’arrivée

 

Date                                                          Nommer

13h15 18/06/1815  prussiens              Colonel von Schwerin, ...

13h45 18/06/1815  prussiens              Général de Cavalerie Prince William, ...

13h45 18/06/1815  prussiens              Général de Division von Losthin, ...

14h00 18/06/1815  prussiens              Batterie de 6 livres #14, ...

14h15 18/06/1815  prussiens              Maréchal Blücher, ...

 

14h30 18/06/1815  prussiens              1er Bataillon / 1er Silesian Lw. Regt., ...

15h00 18/06/1815  prussiens              Lieutenant Colonel von Watzdorff, ...

15h30 18/06/1815  prussiens              Général de Division von Hake, ...

15h45 18/06/1815  prussiens              1st Sq./2nd Silesian Lw. Cav. Regt., ...

16h00 18/06/1815  prussiens              1st Pomm. Lw. Cav. Regt., ...

 

16h00 18/06/1815  prussiens              Général de Division von Jürgass, ...

16h15 18/06/1815  prussiens              10ème Régiment de Hussards...

16h30 18/06/1815  prussiens              Colonel von Funck, ...

16h45 18/06/1815  prussiens              3ème Bataillon / 1st Pomm. Lw. Regt...

16h45 18/06/1815  prussiens              Général de Division von Pirch I, ...

 

17h00 18/06/1815  prussiens              1er Bataillon / 25ème Régiment d’Infanterie., ...

17h00 18/06/1815  prussiens     Général de Division von Zieten II, ...

17h15 18/06/1815  prussiens              1st Sq./Elbe Lw. Cav. Regt., ...

17h15 18/06/1815  prussiens     4ème Régiment de Hussards, ...

17h30 18/06/1815  prussiens              Général de Division von Bose, ...

 

17h30 18/06/1815  prussiens     Général de Division von Steinmetz, ...

17h45 18/06/1815  prussiens              1er bataillon / 23ème Régiment d’Infanterie, ...

17h45 18/06/1815  prussiens     1er bataillon / 24ème Régiment d’Infanterie,...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par QUERE - Publié dans : NAPOLEON
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